Le Blog d’Homère…

Ah, si Homère était là…

L’Entre-deux-guerres en Alsace (5)

Le texte est ainsi l’occasion pour la frange gauche du parti de tenter de conforter sa place dans l’UPR, et de radicaliser la politique de ce parti. Le rôle de Gromer est prépondérant ici : car le but en 1926 est plus d’insister sur les particularismes alsaciens que sur l’aspect religieux, qui pourtant fait l’unité de l’UPR  Ainsi, le 7 mars 1926, devant la Fedelta de Haguenau, Gromer déclare qu’on ne pouvait sacrifier sans cesse les revendications autonomistes sous prétexte de maintenir l’unité entre catholiques français et alsaciens.

C’est pour cela que dans ses diverses correspondances, il va mettre en avant l’idée de se séparer des actuels dirigeants du parti, voire de soustraire ce dernier à l’influence des parlementaires. Michel Walter est, bien entendu, visé ici. Car, après les sanctions des fonctionnaires signataires du Heimatbund, et devant le fait que certains dirigeants du parti, tels Walter, E. Muller ou encore Oberkirch, refusent d’intervenir en faveur des sanctionnés tant que ces derniers n’ont pas retiré leurs signatures lors d’une réunion du comité directeur le 26 juin 1926, la position de Gromer se radicalise peu à peu vis à vis de celui-ci.  La section cantonale de Wissembourg va se fendre d’une résolution qui verra le jour après un violent réquisitoire (et qui en reprend certains termes) de Gromer contre les dirigeants du parti, puisqu’il déclare qu’il faut absolument écarter les parlementaires de la direction du parti. La résolution proteste « avec la plus vive énergie » contre les sanctions, se désolidarisant de plus en plus de l’aile droite qui elle approuve toujours les sanctions. Mais cependant, l’abbé Gromer va se retirer du Heimatbund en octobre. Dans une lettre du 30.09.1926[1], Gromer posait pourtant plusieurs conditions à son retrait : par exemple que le comité directeur condamne avec la plus grande énergie l’indiscipline de l’aile droite, que le parti insiste plus sur le programme de 1925, que Walter le soutienne pour son élection au comité directeur, ou encore que le parti n’exige pas le retrait des signataires du Heimatbund qui ne sont pas élus. En dernier lieu il réclame à maintes reprises que la question des sanctions soit posée à la tribune de la Chambre des députés avant de se déclarer prêt en octobre à retirer sa signature du Heimatbund, mais seulement si les sanctions à l’encontre des différents fonctionnaires signataires sont annulées, sans quoi, il est prêt à remettre sa démission de Conseil Général si Walter le souhaite, voire de se retirer de l’UPR. Mais Walter ayant tout intérêt à trouver un terrain d’entente avec Gromer, un accord satisfaisant sera trouvé. En effet, Gromer et Walter se rapprocheront dès 1927, lorsque le premier accède au comité directeur le 28 août ; et il y accède grâce au soutien de Walter ; il sera ainsi le seul représentant de l’extrême gauche au comité.

Pourtant ce rapprochement sera compromis par l’affaire de Haguenau, puisque M. Walter était lui partisan d’une abstention de l’UPR aux élections. Et ainsi, lors d’une réunion au comité directeur qui a lieu le 10 avril 1928, il y aura un échange très vif entre Walter et Gromer ; ce dernier reprochant nous le verrons à Walter son attitude équivoque lors des élections municipales de Haguenau.


[1] 6519/59  Correspondance politique entre Michel Walter et Gromer. 1926-1934

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19 juillet 2008 - Posté par Homere | Histoire, Politique | , , , , | Pas encore de commentaires

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