Le Sotê ou le lutin belge…
Nous débutons ici toute une série d’histoires ou de “fiches” sur les créatures merveilleuses qui peuple l’univers onirique de nos campagnes, de nos vies.
Plutôt que de se limiter aux autres elfes, nains, voire Hobbits, je vais essayer de vous plonger dans les légendes, souvent incongrues, parfois troublantes, de nos “grands mères” et de l’imaginaire populaire.
Nous débutons ici par cette merveilleuse créature qu’est le Sotê. D’une taille d’environ 35 centimètres, il a un aspect très caustique: corpulent, rougeaud, un nez trèèèès prononcé port fièrement par une énorme tête chenue et rigolarde, vissée dans des épaules voûtées. Il porte également une longue barbe qui a laissé son nom à la clématite des haies, surnommée « barbe à Sotê ». Il s’habille des vieux vêtements laissés par les hommes, qu’il ravaude et enjolive ! De fait, il habitait à proximité des hommes ; on a pu constater l’existence de confortables chambrettes, aménagée au fond de cavernes proches de certains hameaux de Wallonie.
Il vivait ainsi à proximité des hommes ; non pas qu’il participait aux grands travaux qui rythment les campagnes, il était bien trop fainéant pour cela ! Non, lui préférait assister les ménagères aux cuisines ? Un grand tablier ceint autour du ventre, il s’agitait, son nez patateux frissonnant, les joues rougies par ses efforts, au-dessus des marmites et des casseroles, hachant les oignons, ciselant les bonnes herbes, piquant dans les plats, touillant les ragoûts, s’empiffrant de tout ce qui pouvait lui tomber sous la main.
Gai, il faisait chanter les cuisinières, tout en les… lutinant (qu’attendre d’autre d’un lutin…), surveillant également la cuisson des tartes, volailles, viandes… Il participait également à la vaisselle, la lessive, au repassage, à la couture… Le lutin idéal, en quelque sorte. Mais son « atout » caché est très certainement le talent qu’il mettait à conter des histoires fabuleuses, et c’est ainsi qu’il abreuvait la compagnie d’histoires d’amour romanesques et de chevalerie, faisant battre les cœurs simples de récits passionnels, d’enlèvements de duels, de serments trahis, de philtres d’amour… et autres fantasmagories !
Fin danseur malgré sa petite taille et sa forte corpulence, il était de toutes les fêtes, cortèges et son effigie grotesque anime aujourd’hui encore certains carnavals wallons.
La légende raconte que ce sont les Sotês qui vinrent annoncer aux paysans la venue de Charlemagne, et que l’empereur, amusé par ces créatures et par leurs cabrioles et autres acrobaties, voulait absolument engager une des créatures pour en faire des bouffons guerriers et acrobates. Mais ceux-ci refusèrent, prétextant un « sédentarisme chronique » et légendaire…
Pourquoi parler au passé de ces créatures ? Parce qu’elles ont disparues… Ou plutôt… se sont cachées : de fait, les deux dernières guerres mondiales, la folie des hommes, les ont à jamais ( ?) convaincues de regagner la quiétude des mondes secrets et souterrains : de fait, ils ont peu à peu été remplacés dans le cœur des « ménagères » par la radio d’abord, puis la télévision : marquant en cela le passage d’une société de rêve à celui d’une société d’absurdités.
Voir « le Grand Fabulaire du petit peuple » publié dans Spirou par Pierre Dubois et René Hausman : un livre a été tiré, presque introuvable, mais en cherchant bien…
3 commentaires »
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C’est parfois ampoulé…
Pas mal…
Bonjour Homère,
très sympa ce petit sotê lutineur, et pratique surtout, rien à voir avec sotê d’agneau ?
pour le grand fabulaire, on peut en trouver sur le net, et il devrait etre réédité (bientôt ?)aux éditions luzabelle, voir ce lien :
http://peuple-feerique.com/2008/09/24/rene-hausman-et-les-editions-luzabelle/
Ah, enfin, surtout avec les sympathiques illustrations…