En janvier 1928, une pétition adressée au préfet, signée par onze chefs d’entreprise et mille ouvriers, demande au Président du conseil de dissoudre le Conseil municipal, accusés à nouveau d’être soumis à l’influence de deux fonctionnaires (Gromer et Keppi) signataires du Heimatbund. Cette pétition est signée par onze chefs d’entreprise et 1000 ouvriers[1]
La volonté du gouvernement de dissoudre le conseil municipal sera vivement critiquée par l’Unterländer[2], qui la juge anticonstitutionnelle, vu que si l’opposition démissionne, donc les 12 membres, les 13 membres restant assureraient toujours le bon fonctionnement de la municipalité ; une dissolution ne pouvant que nuire à l’image de marque du gouvernement en Alsace.
Il semble que le gouvernement ait hésité avant de prendre cette décision de dissolution. En effet un certain nombre de tractations ont eu lieu, et tournait surtout autour de l’abbé Gromer ; Poincaré, par exemple va demander sa démission du poste de conseiller général comme condition pour ne pas dissoudre le conseil municipal. Gromer laissera cette question de sa démission en suspens, tout en déclarant être prêt à se retirer de toute fonction politique… Il est assez intéressant de constater que l’abbé Gromer a pris tellement d’envergure que l’on a mis en balance son éviction de la scène politique avec la dissolution du conseil municipal. Car, si les postes politiques qu’il occupe sont importants, ils ne sont pas de premier ordre. C’est surtout que l’on exagère en fait l’influence qu’il peut avoir ; car si celle ci est importante, c’est surtout du au fait que les maladresses commises par les différents gouvernements exaspèrent les esprits. De plus, comment comprendre un tel acharnement sur cette personnalité précise, ainsi que les tractations menées pour que Walter ne soutiennent pas les membres de l’UPR durant cette crise ?
En fait, Gromer ne pense pas possible que la dissolution ait lieu, du moins dans un premier temps : pour lui, une telle décision serait faire le jeu des communistes : « la dissolution ne pourrait être qu’utile au développement du communisme en Alsace » dira t’il, jouant par ailleurs double jeu, puisqu’il sera l’instigateur d’une alliance entre l’UPR et les communistes. C’est toutefois une période assez dure pour lui, puisque, comme il le reconnaîtra lui-même, alors qu’il s’attendait à ce qu’on le soutienne, que l’UPR intervienne pour lui, aucune voix ne se fera entendre, que cela soit à l’UPR, mais aussi de la part de ses amis, pour lui apporter assistance. Il se défendra comme il le pourra durant cette période, ne cessant de déclarer qu’il agit par idéalisme surtout, pour ne pas voir son travail détruit par la « Loge et les juifs ». Il refusera ainsi de se démettre de ses fonctions, tant qu’il ne recevra pas les garanties nécessaires sur l’attitude du gouvernement.