Les élections cantonales de 1934

  1. a. Les tractations et le premier tour

Elles ont une valeur symbolique profonde. En effet, tous les mandats qui sont soumis à un renouvellement sont ceux des conseillers généraux élus en 1928, en pleine crise autonomiste. Mais ces élections de1934, nous l’avons constaté, se déroulent dans une atmosphère bien différente et les Heimatrechtler[1] élus lors des dernières cantonales sont en grande difficulté. Car les partis groupés dans le Volksfront se sont à nouveau séparés, et la préparation de ces élections se fait dans des conditions extrêmement difficiles[2].

De prime abord, rappelons que la Landespartei de Roos et Schall et le parti progressiste Fortschrittspartei  ne font plus campagne commune depuis le départ de Dahlet de l’ELZ. De plus, lors de son congrès du 25 février 1934, la Fortschrittspartei constate que « la communauté de travail » privilégiée avec la Landespartei a été décevante et qu’elle n’existe plus dans les faits[3]. Pour François Dreyfus, « La Landespartei faisait dans le Bas-Rhin quasiment figure de filiale du national-socialisme »[4]. Cependant, on ne saurait avoir un avis  aussi tranché, car à l’intérieur du parti autonomiste Heil et Hauss s’opposent à Roos et Schall, auxquels, justement, ils reprochent une attitude équivoque à l’égard d’Hitler et de la doctrine nazie. Dans l’UPR, un nouveau retournement de Michel Walter renverse la tendance : le courant hostile au Volksfront devient majoritaire. L’abbé Gromer, qui s’attendait à cette « trahison » de Walter, prend alors les devants, et provoque une réunion de conciliation[5] avec les autonomistes, dont le but est de maintenir la « communauté de travail » et de répartir, comme lors des dernières élections, les candidatures. Ce sera un échec, dû en partie à l’attitude peu amène de certains dirigeants de l’UPR, mais surtout à l’attitude intransigeante de Schall, qui revendique les cantons de Brumath et de Soultz-sous-Forêts pour son parti[6]. Gromer va pourtant tout tenter pour préserver le Volksfront, et c’est ce qui le conduit à écrire un article dans Die Heimat[7] où il développe sa position. Pour lui, il n’est pas possible d’abandonner le Volksfront sans risquer de laisser de côté les particularismes de l’Alsace, car il n’y a pas, selon lui, de politique de rechange possible. Mais il reconnaît cependant que la situation politique et internationale appelle à faire des ajustements : le Volksfront doit s’assouplir, ne plus être aussi virulent que par le passé, et il n’exclut pas des alliances ponctuelles avec l’APNA, voire les démocrates, mais se refuse, évidemment, à toute négociation avec les socialistes.

Ceci dit, la Landespartei ne veut pourtant pas couper les ponts totalement avec l’UPR, et lors de son Congrès en avril 1934, elle dégage plusieurs propositions qu’elle compte faire aux participants du Volksfront, mais son but réel est de placer celui-ci sous sa direction. Elle fait principalement la proposition suivante : elle désire la constitution d’une communauté de lutte autonomiste, avec création de deux comités, l’un étant chargé de préparer les actions communes et d’aplanir les difficultés entre les partis, l’autre de la propagande par le biais de la presse. Pour elle, la meilleure solution, et la plus équitable, serait que chaque parti présente ses propres candidats au premier tour du scrutin, et qu’ensuite le candidat le mieux placé pour vaincre bénéficie du désistement  des autres partis au second tour. Toutes les circonscriptions sont concernées. Pourtant, il n’en reste pas moins que cette offre émane surtout de Schall, et que,  à l’intérieur même de son parti, des voix discordantes se font entendre : Heil, Hauss et Koessler y sont par exemple opposés : ils reprochent à Schall de vouloir passer par-dessus les autres dirigeants des partis pour récupérer les troupes autonomistes et les placer sous la direction exclusive de la Landerpartei[8].

Dans le but de répondre à cette proposition, le Comité directeur de l’UPR se réunit le 11 juin. Il y a à nouveau débat, même si tous s’opposent à l’idée de Schall. Walter Meck et Seltz sont partisans d’un refus net et de la définition d’une nouvelle tactique électorale. Ils désirent enfin couper les ponts avec les autonomistes, et jugent le moment opportuns. Rossé, Keppi et Schies sont simplement d’accord pour répondre par la négative. La réponse suivante a été rédigée par Walter, Rossé, Brogly et Kaestlé. A noter que l’abbé Gromer suit tout cela de très près, et lui et Keppi se sont entretenus longuement à propos de cette réunion[9].

« L’UPR est par essence un parti de Weltanschauung, dont le programme politique, social, économique et régional a pour base les principes chrétiens, et qui considère la défense des intérêts religieux de notre peuple comme la suprême tâche et le suprême devoir, comme le premier droit de la Heimat. Ce caractère fondamental du parti, qui s’exprime dans tout son programme, fait qu’il lui est difficile d’établir un programme minimum commun avec d’autres partis. L’expérience des années passées a démontré que tout engagement sur un programme commun avec d’autres partis a entravé l’action de l’UPR. Cela n’empêche cependant pas le parti de marcher avec d’autres partis, cas par cas, pour des buts bien précis, ou de collaborer avec eux en étroite communauté de travail dans certains corps constitués, comme il l’a fait avec les autres partis qui défendent les droits de la Heimat, dans les conseils municipaux de Strasbourg et de Colmar, ainsi qu’au Conseil général du Bas-Rhin. Fidèle à son programme l’UPR défendra aussi à l’avenir les revendications alsaciennes sur les droits de la Heimat, et continuera comme par le passé à saluer la collaboration avec tout parti qui veut défendre avec elle les droits et revendications de notre peuple alsacien en liaison avec la politique générale de la France »[10].

On retient de ce texte l’insistance sur la priorité à donner à la défense des intérêts religieux, ainsi que l’ouverture vers les démocrates et l’APNA dans la dernière phrase « qui est une allusion à la crise politique en France et au danger extérieur »[11].

L’UPR du Bas-Rhin décide donc de présenter des candidats partout où le sortant est UPR et dans ceux « qui par leur structure politique font partie du domaine de l’UPR ». Il est également décidé que le parti défendra les conseillers sortants de la communauté de travail dans les autres cantons[12]. Pourtant, la Landespartei est mécontente du manque de soutien de la part de l’UPR, et la situation électorale devient un réellement confuse : le cas de Seltz par exemple illustre bien notre propos: dans ce canton, Hauss déclare qu’il renonce à se présenter, vu que l’abbé Gromer avance le nom de son ami Camille Meyer, rédacteur à l’Echo de Wissembourg comme représentant de l’UPR. Mais le parti décide d’investir le candidat  UPR sortant, Bisch, que Gromer finira par soutenir (il se rend ainsi à Seltz, dans le but de soutenir Bisch). Hauss revient alors sur sa décision, et décide d’être candidat, mais l’UPR maintient la candidature de Bisch, contre M. Hauss. En représailles, Schall se présente contre Walter à Bischwiller et débute alors une campagne dans l’ELZ contre Walter, qu’il accuse de ne pas respecter ses engagements, et l’UPR. Michel Walter répond avec virulence dans l’Elsässer en condamnant l’attitude plus qu’ambiguë de la Landespartei à l’égard du nazisme. Il va même plus loin quand il affirme que Schall et l’ELZ sont une « déformation de l’autonomisme » et que « le peuple alsacien ne veut rien savoir de la dictature et du fascisme, il ne veut rien savoir de l’hitlérisme » et que par conséquent la Landespartei se trompe lourdement en admirant l’Allemagne nazie[13].

Le programme de l’UPR, d’ailleurs, pour cette campagne, est assez simple : le parti met en avant son double refus : refus du communisme et de la « dictature de Moscou » et refus du fascisme d’Hitler. Pour le parti, il faut tout mettre en œuvre pour défendre la démocratie, tout en lui apportant les transformations nécessaires et un « renouveau spirituel et moral »[14]. Mais dans ces conditions, que reste-t-il du Volksfront ? Pas grand-chose en réalité. Pourtant les actions de Gromer, Zemb et Rossé amènent le parti à soutenir plusieurs autonomistes tels le communiste Hueber à Strasbourg-Sud ou encore Heil, qui a d’ailleurs été exclu  de la Landespartei, à Soultz-sous-Forêts et des candidats progressistes à Saverne, Drulingen, La Petite-Pierre et Brumath.

Il y a également des accords passés avec l’APNA, qui sont souvent réalisés dans les cantons où l’on craint une victoire des socialistes ou du PCF. L’APNA, par ailleurs, agit de même et présente un candidat contre Walter à Bischwiller (le poids des socialistes dans la ville y étant faible) mais soutient le candidat UPR à Seltz contre l’autonomiste Hauss. A l’opposé, communistes et socialistes amorcent un rapprochement, difficile parfois, car les communistes alsaciens n’ont pas abandonné leurs revendications autonomistes, et, pour F. Dreyfus, l’ « on tend à revenir à la situation de 1920, avec une gauche socialo-communiste, un bloc national regroupant UPR APNA radicaux et démocrates, et enfin, totalement isolé, les autonomistes de la Landespartei [15]». Il faut toutefois nuancer ces propos, car la rupture avec la Landespartei n’est pas encore tout à fait acquise.

A l’issue du premier tour, les progressistes de Dahlet maintiennent leurs positions dans le nord du Bas-Rhin, à Drulingen et la Petit-Pierre. De la même façon, Heil, conseiller sortant autonomiste et proche de Gromer, est réélu dès le premier tour. A Seltz, par contre, Hauss est battu par le candidat UPR Bisch, grâce aux votes des nationaux. De plus, les candidats de la Landespartei sont en difficulté un peu partout, ainsi Schall arrive loin derrière Walter dans le canton de Bischwiller. Camille Dahlet lui-même est en ballottage défavorable. Ainsi dans ces cantons où les autonomistes avaient jusqu’alors réalisé de bons scores, ils sont à présent en passe de perdre leurs sièges.

Dans le sud du département par contre, la situation est plus simple, puisqu’à Molsheim le conseiller sortant APNA, soutenu par l’UPR, est réélu, tandis que l’UPR remporte les cantons de Rosheim, Benfeld et Erstein. A Strasbourg, le seul canton où il y a véritable lutte est celui où le maire communiste Hueber se présente, et malgré le soutien de l’UPR, il est en difficulté.

Dans le Haut-Rhin, où l’accent a été mis à l’UPR sur la lutte contre les socialo-communistes, l’absence de parti autonomiste rend les choses plus claires. Ainsi, dès le premier tour, douze cantons sont pourvus, et l’on note les bons résultats de l’UPR qui remporte sept sièges sur les douze cantons, l’APNA en ayant deux, les indépendants deux et les radicaux un. Le canton le plus disputé est celui de Colmar, où Rossé se voit opposer quatre candidats, un APNA, un socialiste, un communiste orthodoxe et un radical. Les adversaires de Rossé réunissent ensemble près de 5600 voix, tandis que Rossé n’en a que 4000.

Le scrutin du second tour ne présente donc d’intérêt réel pour nous que dans quatre circonscriptions du Bas-Rhin (Bischwiller, Bouxwiller, Brumath et Strasbourg-Sud) et dans le Haut-Rhin, Colmar.

  1. b. L’abbé Gromer réélu à Haguenau

Il convient toutefois que, arrivés à ce point de notre étude, nous nous arrêtions un instant pour analyser la situation à Haguenau, où l’abbé Gromer se présente une fois encore.

A Haguenau, la circulaire Guy La Chambre n’a provoqué que peu de réactions. L’Unterländer n’en parle que lorsque l’UPR prépare la manifestation de protestation de septembre à Strasbourg. Rien n’est organisé d’ailleurs dans la ville de Haguenau, contrairement à 1924. Cette absence de réaction est à l’image du peu de portée de cet acte administratif, puisque les conséquences à Haguenau sont peu importantes : il n’y aura que 5 élèves de plus dispensés de cours de religion[16] !

La ville semble apaisée, et les élections cantonales de 1934, pour lesquelles le candidat de l’UPR est bien entendu Gromer, se déroulent dans un climat de calme relatif. L’abbé Gromer, toujours favorable au Volksfront, doit pourtant montrer que son influence sur le canton n’est pas entamée par les attaques dont il est l’objet de la part de certains membres du comité directeur de l’UPR.

Aucune alliance entre les partis nationaux ne se conclut pour s’opposer à la candidature de Gromer, et celui-ci mène une campagne paisible, au cours de laquelle il évoque, peut être plus qu’ailleurs, les problèmes alsaciens et l’avenir de la région. Mais, chose nouvelle, il intègre beaucoup plus qu’auparavant les questions de politique intérieure, comme la crise de février 1934. Il évoque également les difficultés internationales du moment, et met en garde contre Hitler et le nazisme.

Ses adversaires sont au nombre de deux. L’un, Richert, est présenté par l’Unterländer comme un candidat des Neueste Nachrichten et il semblerait également que l’APNA le soutienne. L’autre, Hasenfratz, est conseiller municipal de la ville et se présente avec le soutien des socialistes et des radicaux. Ils s’en prennent régulièrement au rôle de Gromer dans le Volksfront, et à son attitude de conciliation avec les autonomistes[17].

Pourtant Gromer, comme en 1928, est élu dès le premier tour avec 67 % des voix (Cf. tableau suivant). Mais c’est tout de même une baisse non négligeable de 8 % par rapport à 1928 (où il avait obtenu 75% des suffrages).

Electeurs Inscrits Suffrages exprimés Suffrages valables Abbé Gromer Richert Hasenfratz
7505 5544 5353 3617 681 1055

Faut-il voir dans cette baisse une légère sanction due à l’implication de Gromer dans le Volksfront[18] ? Rappelons rapidement les résultats de 1928 :

Inscrits Votes exprimés Votes valables Gromer Kleinklaus (UPR-APNA)
6923 4129 4030 3041 989

La comparaison de ces deux tableaux ne permet pas de le penser. De fait, l’abbé Gromer augmente son nombre de suffrage entre les deux élections. Mais la différence statistique s’effectue par la candidature, cette fois-ci, du socialiste Hasenfratz, qui réunit très certainement un bon nombre d’abstentionnistes de 1928. Ce dernier obtient un bon score, compte tenu qu’il se présente dans un canton bien tenu par l’UPR, et il y a fort à parier que son succès est dû au contexte politique intérieur. On constate cependant qu’il n’y a pas à proprement parler de réaction contre le Volksfront, son promoteur le plus important, Gromer, restant très aimé de la population.

De fait, à Haguenau, la vie municipale est de plus en plus agitée par les polémiques d’un journal dont l’audience ne cesse d’augmenter, les Neueste Nachrichten, journal qui se fait le porte-parole d’une opposition qui n’entend plus subir l’hégémonie de la section locale de l’UPR. Cette dernière réagit vivement en créant une section locale des jeunesses UPR, qui multiplie les actions, sous la férule de l’abbé Gromer. Les partis nationaux semblent pourtant, à cet instant, et peu avant les municipales, assez mal en point : le candidat soutenu par Désiré Brumbt, Richert, n’arrive qu’à réunir péniblement 680 voix. Quant à élire un maire socialiste, cela semble illusoire : la majorité de la population, profondément catholique, s’y refuse.


[1] Die Heimat de février 1934.

[2] Cf. BAECHLER, op. cit. p 461 et sqq.

[3] Neue Zukunft, 3 mars 1934.

[4] DREYFUS, op. cit. p. 216.

[5] 6502/5 e  Carte de Camille Dahlet à Gromer : accord pour une entrevue. 1934.     – 1 carte.

[6] 6502/5 a  Lettres de Heil à Gromer : élections. 1934.

-          2 lettres.

Celle qui nous intéresse date du 19 avril 1934, où Heil apprend à Gromer que le conseiller sortant de Brumath, Koessler, membre de la Landespartei, a décidé de ne pas se représenter.

[7] Die Heimat, mars 1934.

[8] ELZ. Du 19 mai 1934 et E.K. du 23 mai 1934. Voir également le fonds Gromer [8] 6502/5 a  Lettres de Heil à Gromer : élections. 1934. Lettre du 19 avril 1934.

[9] Cf. ADBR AL 98, p674 n° 79. Voir également BAECHLER, op. cit., qui tire les mêmes conclusions que nous.

[10] Die Heimat de juin 1934, p. 168.

[11] BAECHLER, op. cit., p. 462.

[12] Elsässer, du 10 septembre 1934.

[13] Elsässer du 2 octobre 1934.

[14] Elsässer du 29 septembre 1934.

[15] DREYFUS, op. cit., p. 217.

[16] Die Heimat, janvier 1934.

[17] Unterländer n° 232/ 1934.

[18] MUTSCHELE, op. cit., p. 98.

FELIZ CUMPLEAÑOS !

Publié dans:  on 30 août 2009 at 5:42 Commentaires (1)

Le vrai salaire d’un militaire

Après les salaires des enseignants, même si les données commencent à dater, voici les salaires de militaires, repris sur le très intéressant blog “Secret Défense” de libération, tenu par M.Jean-Dominique Merchet.

Le Bilan social 2008 de la Défense  permet de chiffrer les rémunérations mensuelles des militaires et personnels civils titulaires en chiffres nets. Le tout étant consultable sur http://www.defense.gouv.fr/sga/content/download/155607/1344954/file/bs2008_chap3.pdf

En moyenne, cela donne ceci:

Général/Amiral : 7504 euros

Colonel/Capitaine de vaisseau : 5975 euros

Lieutenant-colonel/Capitaine de frégate : 4594 euros

Commandant/Capitaine de corvette : 3898 euros

Capitaine/Lieutenant de vaisseau : 3338 euros

Lieutenant/Enseigne de vaisseau de 1ere classe : 2718 euros

Sous-lieutenant/Enseigne de vaisseau de 2ème classe : 1940 euros

Major : 2848 euros

Adjudant-chef/Maître principal : 2656 euros

Adjudant/Premier maître : 2458 euros

Sergent-chef/Maître : 2009 euros

Gendarme : 2008 euros

Sergent/Second maître : 1580 euros

Caporal-chef/Quartier maître de 1ere classe : 1576 euros

Caporal/Quartier maître de 2ème classe : 1404 euros

Soldat/Matelot breveté : 1395 euros

Maintenant, vu qu’il s’agit de moyennes, des variations peuvent sans doute se rencontrer: j’ai dans mes souvenirs quelques amis partant à l’étranger qui gagnaient bien plus que ce qui est affiché ici.

Les polémiques entre autonomistes

Pourtant, chaque incident sera l’occasion de remettre en cause les accords passés. Ainsi, lorsque le 7 janvier 1933, l’ELZ publie un article qui critique l’attitude atone des députés alsaciens, leur reprochant de ne pas défendre assez énergiquement le Volkstum, une violente polémique avec l’Elsässer s’engage alors, ce qui aggrave la césure entre les deux partis. De fait, l’Elsässer publie, les 10 et 12 janvier, deux articles très virulents et très critiques à l’égard des autonomistes, ce qui conduit la Fortschrittspartei et la Landespartei à protester dans lettre[1] adressée au président de l’UPR, dans laquelle les deux partis se demandent si « l’UPR souhaite la dissolution de la communauté de travail ». Ce débat rebondit lorsque, le 22 janvier, l’ELZ publie un article du docteur Brumder, militant autonomiste, intitulé « Notre volonté ». L’auteur affirme que les droits de l’Alsace ont été violés par la France, et que la province a le droit, si ce n’est le devoir, d’en référer à la Société des Nations. Il ajoute que les Alsaciens qui font preuve de loyalisme et « de sentiment » français ne sont, à son avis, qu’une minorité manipulée par la propagande française. Il critique à nouveau l’attitude des parlementaires alsaciens : « nos parlementaires n’osent même plus faire valoir à Paris la volonté de notre peuple, ils omettent de le faire afin d’obtenir en échange pour leurs électeurs des avantages matériels secondaires ». L’Elsässer riposte à nouveau, en disant que les députés alsaciens font leur devoir[2] et qu’il est ici question non de bonheur absolu, «  mais de la joie et de la satisfaction du fait que nous sommes débarrassés de la tyrannie germano-prusienne. Les gens qui ne sont pas de notre espèce ne peuvent évidemment comprendre cela, même s’ils ont été naturalisés ; ils n’ont le droit ni la qualification pour participer à la conduite politique de notre peuple. Les Alsaciens s’en chargeront eux-mêmes. Ils n’ont pas besoin de tuteurs ». Ils visent ici le Dr Brumder. Celui-ci réplique qu’il n’est pas naturalisé, et, refusant le débat, affirme seulement qu’il a autant le droit qu’un autre à diriger le peuple alsacien. C’est Joseph Kaestlé, rédacteur en chef de l’Elsässer, qui répond: « le droit de conduire le peuple alsacien, nous le confions à ceux qui ne doutent pas du fait que le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France a été la conséquence logique de la guerre mondiale et la réparation de l’injustice criante de 1871 ». Le ton est ferme, et c’est la première fois que le journal affiche aussi clairement son intention de défendre une politique alsacienne dans le cadre de la France. L’ELZ[3] aura beau souligner qu’en agissant ainsi, l’Elsässer et l’UPR mettent en péril le Heimatfront, le journal ne change rien à son attitude. Mais il faut noter l’absence de réaction de l’Elsässer Kurier qui reste plus conciliant à l’égard de la Landespartei. Ce qui contribue à l’aggravation des tensions au sein de l’UPR.

Cette polémique avec l’ELZ et la volonté de trouver un terrain d’entente avec l’APNA, vont conduire le courant hostile au Volksfront tout faire pour provoquer la rupture. D’ailleurs, le 7 janvier, le Comité directeur de l’UPR est déjà divisé sur l’attitude à adopter à l’égard de l’ELZ. Didio, Seltz, Meck et, plus important Walter, qui devient d’ailleurs une cible privilégiée du journal depuis les législatives, sont pour une réplique énergique, tandis que Gromer, Keppi et Rossé prêchent la modération, et ce dans le but de préserver la « communauté de travail »[4]. Malgré ces dissensions, le 30 janvier 1933, le bureau de la section UPR de Strasbourg se prononce à l’unanimité pour la continuation de la « communauté de travail »[5].

Le 22 mai 1933[6], pourtant, une nouvelle épreuve de force s’engage. Le comité directeur de l’UPR consacre une séance entière à la question de la « communauté de travail » avec les autonomistes et les communistes. Plusieurs problèmes sont soulevés, comme les relations avec l’Etat français et les revendications religieuses et les hésitations sont grandes. Pour Brom, par exemple, s’il est vrai qu’il faut marquer un plus grand attachement vis-à-vis de la France, si le parti adopte l’Etat français, les revendications religieuses sont menacées. Les avis sont très partagés. Lorsque Didio prend la parole, il fait de prime abord un long exposé de la situation politique en Alsace, avant de conclure en déclarant que si « la communauté de travail » avec les autonomistes et les communistes était justifiée en 1929, à présent les choses ont changé. Il exprime plusieurs appréhensions : il regrette tout d’abord l’isolement des Alsaciens, et souligne que les catholiques doivent accomplir leurs devoirs à l’égard de l’Etat, car pour lui le pire danger serait que les catholiques français ne s’éloignent des Alsaciens, s’ils en venaient à croire que la politique de l’UPR est dirigée contre la France. De plus, il craint que l’on assimile l’UPR aux autonomistes, et il termine en mettant en avant le fait que les autonomistes ont radicalisé leurs positions, et que leur politique se révèle trop hostile à l’Etat français et par conséquent, qu’elle est injustifiable. L’UPR se doit donc de changer de tactique à cause de cette attitude extrémiste des partis autonomistes.

Plusieurs autres membres du comité directeur sont également de l’avis d’abandonner le Volksfront. Ainsi Meck, qui met en avant le risque de rebuter une jeunesse catholique qui hésite à s’engager politiquement, parce qu’elle n’est pas en accord avec l’attitude jugée anti française du parti, et qu’elle ne fait pas confiance à l’APNA pour la défense des intérêts religieux. Sa grande peur serait de les voir se détourner vers les ligues. Gromer lui écrira par la suite une lettre, jamais envoyée, qui souligne que les Jeunesse-UPR rencontrent un grand succès et qu’elles sont à même de répondre aux craintes de Meck[7]. Enfin, soulignons l’attitude de Seltz, qui estime qu’il faut dès à présent mettre de côté l’aspect régional et insister sur l’implication de l’UPR dans la nation. A l’opposé, Rossé, Gromer et le curé Jérôme de Molsheim se prononcent pour la continuation de l’actuelle politique. Michel Walter, dont l’avis était attendu, décide… de ne rien décider : il ne prend pas nettement parti. De fait, aucune décision d’importance ne sera prise, mais on ne peut manquer de constater que l’épreuve de force entre les deux tendances tourne, une fois encore, à l’avantage des partisans du Volksfront.

Ceux-ci ne manquent en effet pas d’atouts. On a déjà vu le rôle qu’ont Rossé et Gromer dans les Jeunesses-UPR. Mais il en est un plus important. En fait, depuis la mort d’Haegy en mai 1932, Rossé, qui ne souffre d’aucun « contre pouvoir » au sein de l’UPR du Haut Rhin, a la main mise sur le groupe de presse du département. Et au cours de la réunion, lui et Gromer menacent de créer une édition strasbourgeoise de l’Elsässer Kurier pour imposer leurs idées politiques. Leur permettant ainsi de développer plus librement leur influence sur le Bas-Rhin et de convaincre par ce biais les Alsaciens du bien-fondé de la politique du Volksfront ; de fait, ils ne sont pas satisfaits de l’Elsässer, qu’ils jugent trop mou. Ils constatent ainsi que la ligne éditoriale du journal ne leur est pas favorable, et s’inquiètent de voir que dans le Bas-Rhin, le manque d’un organe de presse qui relaie leurs idées politiques leur fait gravement défaut. La démission de Didio du comité directeur en mai 1933 met en lumière leur succès. Cette démission était par ailleurs prévisible, car il ne s’entendait guère avec Walter : il s’est à plusieurs reprises plaint à Muller des méthodes de direction de celui-ci[8].


[1] 6519/49  Lettre d’accompagnement, signée de Paul Schall, pour la lettre adressée par la Landespartei à l’U.P.R. 1933.

[2] Elsässer, 24 janvier 1933. Voir pour cette question DREYFUS, op. cit., p 199.

[3] ELZ, 29 janvier 1933.

[4] ADBR AL 98, p. 674 n° 79.

[5] 6524/5  Correspondance Populaire. Année 1933.

-          Suite complète.

Cette information est contenue dans  les C.P. du 10 février 1933.

[6] 6518/1DossierdeGromer sur le comité directeur de l’U.P.R.
- 1 chemise.

Voir également BAECHLER, op. cit., p 456 sqq. et les ADBR AL 98, p. 674 n°79. Les Archives de l’UPR permettent d’avoir un bon aperçu également.

[7] 6518/1  Dossier de Gromer sur le comité directeur de l’U.P.R.
- 1 chemise.

Une lettre non datée, probablement de la semaine qui suit, dans laquelle il est très sarcastique.

[8] Cf. lettre de Didio à Muller du 14 mars 1932.

Haguenau, 1932

A Haguenau, la section cantonale de l’UPR a été réorganisée à la fin de l’année 1929[1]. A partir de cet instant, il apparaît que les réunions se font de plus en plus fréquentes, preuve d’un regain d’activité. Gromer et Walter y font ainsi de fréquentes allocutions et se font régulièrement renouveler la confiance, lors de votes sur diverses résolutions prises[2]. Ils travaillent donc très souvent de concert ; Walter prie en effet très souvent Gromer de préparer avec lui les réunions puis de l’accompagner.

Ainsi, le 20 mars 1932, lors de la réunion des délégués de la circonscription, l’abbé Gromer propose Michel Walter comme candidat de l’UPR, et celui-ci est désigné à l’unanimité[3]. On voit bien la différence avec les précédentes élections législatives, où Gromer et Walter s’opposaient ! Walter a pourtant tenu en grande partie ses promesses, et il a à plusieurs reprises soutenu le Volksfront ; dès lors, du fait de cet accord, aucun candidat autonomiste ne se présente dans la circonscription.

La campagne est très intense : de nombreuses réunions sont organisées dans tous les villages de la circonscription, et l’abbé Gromer sera en maintes occasions aux côtés du candidat. Celui-ci y développe plus particulièrement le thème de la défense religieuse et reproche notamment à l’APNA de faire passer l’intérêt national avant l’intérêt religieux : si la critique est connue, elle fait très forte impression dans les petits villages. Il détaille également quels sont les moyens mis en pratique par l’UPR pour défendre la politique du Volksfront ainsi que ses propositions pour sortir le canton des divers problèmes économiques[4], les environs de Haguenau étant particulièrement touchés par la crise du bois et du houblon.

Il y développe également les thèmes de la lutte contre les partis de gauche en leur reprochant, bien entendu, leur anticléricalisme, mais il prend bien soin de développer sa volonté de défendre les revendications sociales des ouvriers.

Michel Walter a cinq concurrents. La candidature de Léon Ginter, déjà candidat aux municipales, sous l’étiquette APNA-démocrates, n’est pas surprenante. L’UPR lui reproche cependant d’avoir joué un rôle important lors de la dissolution de 1928, puisqu’il l’appelait de ses vœux, et le présente à ce titre comme un adversaire de la défense des droits religieux[5]. Les autres candidatures sont celles de Möhn pour le parti communiste, de Hincker pour les socialistes, tous deux déjà présents lors des élections précédentes, de Doriath pour le parti communiste alsacien et enfin Wurch comme candidat indépendant. Il est à noter que l’Elz fait campagne pour Doriath, ce qui soulève le mécontentement de la section UPR de Haguenau, et l’abbé Gromer ne manquera pas de souligner sa désapprobation. Mais cette candidature de Doriath ne peut en aucun cas être comparée à celle de Hauss : le candidat communiste n’a que très peu de soutien dans la ville et il n’est pas aussi connu.

A l’issue du premier tour, Walter possède une solide avance, avec environ 46% des voix. Ginter arrive en seconde position avec près de 20%, ce qui prouve que l’APNA n’est pas en reste dans cette circonscription pourtant bien tenue par l’UPR, même si elle n’est pas en mesure d’inquiéter Walter. Les autres candidats ont en deçà des 15% (SFIO : 13.6%, PC : 12.3%, PCAL : 4.9%, Indépendants : 2.9%)

Aucun candidat ne se désiste pour le second tour, et c’est donc fort logiquement que Walter est élu, avec d’ailleurs 700 voix de plus qu’en 1928. Aussi, malgré une abstention en hausse (2500 votants en moins), Walter, entre les deux tours, améliore son score de 1200 voix, tandis que celui de l’APNA s’effondre. On peut dès lors se demander si Walter n’a pas bénéficié du report des voix de l’APNA, sans avoir pourtant passé d’accord. Il est par ailleurs très intéressant de constater que la présence d’un concurrent catholique national a moins de conséquence que celle d’un concurrent autonomiste d’importance, bénéficiant de soutiens. En 1928, Walter n’avait obtenu que 40 % des suffrages au premier tour et 58 au second, alors qu’en 1932, il obtient respectivement 46 et 63%. Le choix de s’entendre avec les personnalités autonomisantes de la ville, comme Gromer, porte donc ces fruits ; les partis autonomistes n’ont, dans la ville, aucune influence  sans l’aide de ce dernier et de Keppi.

Au total, grâce à sa meilleure implantation, l’UPR a réussi à contenir les assauts des catholiques nationaux. Cependant, il s’affirme de plus en plus comme un parti essentiellement rural. Dans les régions urbaines et industrielles autour de Mulhouse ou Strasbourg, l’UPR n’a qu’une influence très faible. Les bons résultats de l’UPR se rencontrent dans les régions rurales traditionnelles, où une population croyante suit le clergé, et dans les villes faiblement  industrialisées. L’APNA, quant à elle, n’a pas réussi à développer son influence. Les succès qu’elle remporte sont surtout « liés au poids personnel de ses candidats et à leur influence »[6]. Par ailleurs, à la lecture de ces résultats, on se rend compte que l’autonomisme est un phénomène essentiellement bas-rhinois. Dans ce département, les autonomistes font campagne à « visage découvert », et ils présentent cinq candidats sur les neuf circonscriptions: à Saverne (Dahlet), Sélestat (Hauss), Strasbourg-campagne (Roos), Strasbourg I (Schall) et Wissembourg (Heil). Et les résultats montrent qu’ils sont relativement bien implantés dans les arrondissements de Sélestat, Wissembourg et Strasbourg-campagne. Pour M. Dreyfus, l’autonomisme apparaît comme très lié à la pratique de la langue allemande, puisqu’il constate que c’est dans les régions où l’on parle le moins français que les autonomistes ont réalisé leurs meilleurs scores[7]. Mais il constate également que l’influence des autonomistes a été encore plus forte dans les cantons protestants, et ceci très certainement en raison du « poids culturel que représente l’allemand dans ces régions luthériennes ».

Ces élections nous montrent par ailleurs que les Alsaciens ne sont pas prêts, en 1932, à accepter le laïcisme : en effet, les partis anticléricaux ont été mis en échec un peu partout. De plus, en votant majoritairement pour l’UPR, l’Alsace a prouvé son attachement à son statut particulier sur les plans religieux, administratif et linguistique. Mais ce succès du parti catholique met également en lumière le désir de la population de rester dans le cadre de la France. L’autonomisme, le séparatisme, essuient des revers cinglants: le fait que ni Roos, ni Hauss ne soient arrivés à se faire élire marque l’échec de leur politique.


[1] Unterländer, n°223-246-253-271/ 1929

[2] Unterländer n° 223-264/ 1929.

[3] Idem n°68/1932

[4] Idem n° 96-101/ 1932

[5] Idem n°92-95/ 1932

[6] DREYFUS, op. cit., p. 186.

[7] Idem, p. 193.

Les élections européennes

Voici la liste des candidats dans l’Est, avec quelques partis bien drôles tout de même, comme les royalistes… Résultats ce soir à 22 heures (avant sans doute…)

Allez, un effort, votez!

Nouveau parti anticapitaliste
Yvan Zimmermann, Laurence Lyonnais, Nordine Kadri, Muriel Jacques, Dominique Cholez, Stéphanie Brunoy-Tocnay, Daniel Hormaz, Claire Arnoux, Sylvère Labis, Michelle Rollet, Claude Paupert, Sylvia Denizot, Nicolas Merchiez, Aline Thomas, Jean-Paul Labalette, Sophie Le Pennuisic, Denis Canton, Hélène Hebenstreit.

Europe, démocratie, espéranto
Fabien Tschudy, Catherine Kremer, Bruno Schmitt, Simone Duby, Daniel Cano, Anne Masala, Hippolyte Neuville, Claude Noël, Dominique Jacquin, Berthe-Marie Choulet, Laurent Philippe, Simone Kiry, François-Xavier Gilbert, Geneviève Martin, Thomas Cordonnier, Marie Hurstel, Alexandre Weber, Joëlle Cunnac.

Parti socialiste
Catherine Trautmann, Liem Hoang-Ngoc, Aurélie Filippetti, Mustapha Sadni-Jallab, Catherine Boursier, Richard Lioger, Françoise Tenenbaum, Éric Loiselet, Anne-Marie Forcinal, Arnaud Marthey, Natacha Paris, Etienne Pourcher, Nathalie Malmberg, Christophe Leonard, Liliane Rueff, Ghislain Sayer, Corinne Degeorges, Emir Deniz.

Lutte Ouvrière
Claire Rocher, Thomas Rose, Geneviève Lemoine, Mario Rinaldi, Christiane Nimsgern, Roland Robert, Dominique Revoy, Christian Driano, Nathalie Mulot, Daniel Rouillon, Nicole Friess, Pascal Dufraigne, Joëlle Bastien, Julien Wostyn, Jacqueline Lambert, Aimé Sense, Charlotte Cormerais, Pierre Bissey.

Rassemblement initiative citoyenne
Thomas Cuerq, Estelle Balland, Hervé Cleve, Jeannine Porte, Philippe Doncourt, Cécile Cuerq-Cherriere, Bernard Langlade, Christiane Bachaud, Pierre Raffin, Marie-Thérèse Pral, André-Jacques Holbecq, Lucile Nicolotto, Alain Vialatte, Catherine Blanquart, Jean-Michel Bachaud, Ghislaine Mokrane, Michel Larivière, Marie-Claude Cazeres.
Majorité présidentielle, Nouveau centre, Gauche moderne
Joseph Daul, Véronique Mathieu, Arnaud Danjean, Michèle Striffler, Benjamin Develey, Nathalie Colin-Oesterle, Sylvain Marmier, Annabelle Ferry, Guillaume Germain, Malika Gauthie, Patrick Revilloud, Martine Lamelin-Delmotte, Airy Cazin, Else Joseph, Marc Sebeyran, Pascale Krebs, Didier Vallverdu, Laetitia Mouquot.

Europe écologie
Sandrine Bélier, Jacques Muller, Catherine Hervieu, Gérard Botella, Andrée Buchmann, Claude Mercier, Anne Teifreto, Ahmed Remaoun, Valérie Labarre, Thierry Grosjean, Nozhat Mountassir, Hervé Murgier, Eliane Romani, Wilfried Sejeau, Sandrine Watel, Patrick Barbier, Jacqueline Fontaine, Christophe Dumont.

Debout la République
Jean-Pierre Gérard, Elisabeth Laithier, Jérôme Tisserand, Naïla Hennard, Pascal Moriou, Corinne Bobard, De Miranda, Jean-Claude Boetsch, Magalie Michaud, Christian Despres, Jocelyne Alonso, Michel De Lillo, Evelyne Masius, Patrick Moreau, Christelle Hanna, Francis Cuny, Delphine Plasmans, Bernard Breniaux, Monique Taniere.

Front National
Bruno Gollnisch, Sophie Montel, Bruno Subtil, Martine Binder, Thierry Gourlot, Françoise Grolet, Édouard Ferrand, Chantal Samyn, Christian Cotelle, Anne-Marie Dumont, Jean-Luc Manoury, Edith Erre, Christian Launay, Dominique Bilde, Rémy Boursot, Colette Bard, Michel Perrin, Chantal Odile.

De Villiers
Christophe Beaudouin, Delphine Mann, Pierre Pescarolo, Laura Sabatier-Burrier, Guy Boiche, Isabelle Loreaux, Joseph Beaussaron, Marie-Jeanne Bontemps, Jean-Marc Petitpierre, Ghislaine Marie, Bertrand De Villiers, Marguerite Alex, Hervé Hocquet, Jacqueline Andreoli, Bruno Deleuze, Hélène Sabattier, Pascal Raveau, Clotilde Massonnet.

La force de la non-violence
Marie-Laurence Chanut, Didier Gay, Isabelle Montané, Emmanuel Chevrier, Paquita Ortiz, Jean Montané, Claudie Baudoin, Serge Giulieri, Anne Thiebaut, Guillaume Vallet, Claudia Salé, Baptiste Sechet, Isabelle Comte, Bruno, Dumont, Annick Russo, Ricardo Arias, Catherine Franchel, Laurent Desbeaux.

Communistes
Antonio Sanchez, Danièle Drouot, Dimitri Demange, Marie Nikitjew, Gérard Mougenot, Mylène Goubaux, Yves Haillant, Viviane Libes, Bernard Drouot, Francette Mitermitte, Henri Gounaud, Hélène Guicheteau, Alain Maheut, Lysiane Tannier, Jean-Paul Rouillac, Sylvie Vasseur, Olivier Delafraye, Jeannette Guet.

L’Europe, c’est vous
Christian Braga, Nathalie Galea, Jean-Paul Oury, Christine Singer, Alexandre Moreau, Alexandra Matz, Laurent Siatka, Laurence Cade, Thomas Heinis, Stéphanie Escoto, Eric Compagnie, Catherine Graff, Jacques Seurat, Clotilde Gressot, Aurélien Schvartz, Anne-Lorraine Rohm, Jean Balthazard, Delphine Schmaltz.

Newropeans
François Guerin, Claudine Pressi, Robert Cailliau, Kristel Gobillon, Pascal Faucon, Rosa-Maria Leclercq, Hervé Brequel, Emmanuelle Cardalliaguet, Michel Chollot, Céline Aubry, Maik Rast, Marie-Christine Skvorc, Didier Schaefer, Thérèse Chrétien, Nicolas Saettler, Aline Ranke, Brahim Didi, Mélanie Dandeu.

Alliance écologiste indépendante
Antoine Waechter, Françoise Werckmann, Yves Vola, Marie-Thérèse Bougard, Jacques Lançon, Nathalie Chevassu, Ghislain Wysocinski, Nicole Pierre-Essayan, Serge Ballot, Colette Marchal, Guy Lefebvre, Monique Paulin, Maurice Bernardie, Sylvie Goulden, Yves Dhyvert, Madeleine Daubié, François Mayer, Sylvie Bourgey.

Front de gauche
Hélène Franco, Jacky Dubois, Céline Malaise, Roger Tirlicien, Karine Jarry, Jean-Charles Vescovo, Brigitte Blang, Marc Barthel, Monique Choquel, Pierre mathieu, Marie-Pierre Lambert, Vincent Assante, Mireille Brouillet, Michel Racque, Hülliya Turan, Emmanuel Girod, Françoisz Faitot, André Lamy.

Europe décroissance
Catherine Bahl, Vincent Bruyère, Véronique Guislain, Jean-Claude Moog, Fabienne Zver, Julien Gonzalez, Marie-Noël Stephan Hauser, Vincent Olry, Dominique Boisseau, Nicolas Formet, Magali Draussin, Bruno Bissot, Delphine Pardon, Vincent Dumont, Annick Cathelain, Rémi Bertrand, Véronique Naud, Jean-Claude Gerbet.

Modem
Jean-François Kahn, Nathalie Griesbeck, Yann Wehrling, Odile Uhlrich-Mallet, François Deseille, Marie-Jacques Chalumeau, Pascal Landreat, Nathalie Mercier, Jacques Douadi, Danièle Meyer, Raphaël Vuitton, Agnès Chambaret, Christophe Grudler, Céline Gromek-Parker, Jean-Marie Cousin, Isabelle Fairy, Gilles Lorimier, Isabelle Bonnicel.

Une France royale au cœur de l’Europe

Sandrine Pico, Yves Mera, Chantal de Thoury, Pierre Audier, Monique-Elia Alaux, Christophe Biron, Isabelle Du Moulinet, Axel Sainsere, Anne Duche, Gilles Digniel, Sylvie Beck, Serge Devlin, Denise Huat, Gérard De Villele, Caroline Louvet, Xavier De Thoury, Françoise Treguier, Eric Muth.

Le parlement européen restera-t-il à Strasbourg?

Long débat, qui rebondit assez souvent: le parlement européen doit-il rester à Strasbourg?Il faut dire que tout ceci est complexe: le siège officiel est à Strasbourg  et sert aux réunions plénières ; ses commissions, ainsi que certaines séances plénières additionnelles se tiennent à l’Espace Léopold à Bruxelles; son secrétariat général est installé à Luxembourg. Le plus gros du travail communautaire se fait à Bruxelles, et une fois par mois, pour trois jour et demi, les députés vont à Strasbourg.

Le parlement à Strasbourg après avoir été le symbole de la réconciliation, devient peu à peu symbole du gaspillage…: le coût élevé qui résulte de cette localisation (plus de 200 millions d’euros: frais de transport des députés, dossiers, collaborateurs…) pour seulement quelques journées de présence, est-ce la peine?

Article de la Tribune, qui a relancé la discution en France (effet boule de neige, tous les journaux en ont parlé aujourd’hui):

A l’approche des élections européennes du 7 juin, la “guerre du siège” du parlement européen a repris de plus belle. Vieux serpent des mers communautaires, l’abandon de Strasbourg a une nouvelle fois refait surface, alimentant pétitions et crispations. Le mois dernier, les eurodéputés ont adopté un rapport prenant acte du fait que “la pétition sur le siège unique [...] n’a pas encore été entièrement traitée”. Cette pétition pro-Bruxelles sur Internet a obtenu plus de 1,2 million de signatures, contre à peine 4.500 pour une autre pro-Strasbourg. Les députés se sont entendus pour que la question soit abordée “en priorité lors de la prochaine législature”. Il y a deux semaines, le Bundestag allemand a débattu des résolutions visant à supprimer le siège strasbourgeois.

Le symbole du gaspillage

“Hier, Strasbourg était le symbole de la réconciliation franco-allemande. Aujourd’hui, c’est plutôt le symbole du gaspillage, explique l’eurodéputé libéral Alexander Alvaro. Mais demain, si la France faisait une concession, cela deviendrait le symbole du rapprochement entre l’Europe et le peuple.” Ce parlementaire allemand est à la tête d’un groupe d’eurodéputés militant pour un siège unique bruxellois. Fin 2008, il a soumis une déclaration écrite en faveur de Bruxelles à la signature de tous ses collègues. Le texte n’a obtenu le soutien que de 36% de l’hémicycle, alors qu’il faut la majorité pour que l’institution s’en saisisse. Parmi ses plus fidèles appuis : les Néerlandais, les Irlandais, les Britanniques, les Belges ainsi que les députés des pays scandinaves et baltes.

La meilleure défense restant l’attaque, les maires de Strasbourg et de Kehl ont adressé conjointement à la chancelière, Angela Merkel, une lettre expliquant que la présence à Strasbourg du “pouvoir législatif européen à temps plein marquerait la volonté de fonder une Union européenne originale, moderne et polycentrique”.

Isolés au sein de l’Union européenne, les Français se sont longtemps arc-boutés sur les textes officiels qui garantissent la pérennité du statut européen de la capitale alsacienne. Mais ils sont les seuls à appeler le parlement européen “parlement de Strasbourg”. Et leur posture est de moins en moins tenable, étant donné les inconvénients en termes de coûts et d’efficacité qu’engendre une institution européenne écartelée entre deux capitales : même parmi les eurodéputés français les plus réfractaires à toute remise en cause du siège strasbourgeois, certains se disent dorénavant prêts à discuter.

“On pourrait accepter d’en débattre, mais pas avant les européennes”, confie l’un d’eux. L’émergence d’une possible contrepartie de taille pourrait faire bouger les lignes. “Strasbourg pourrait devenir à terme la capitale de l’Europe de la défense”, murmure-t-on en coulisse.

C’est la première fois qu’est présentée une alternative à la hauteur du symbole et du prestige du parlement européen, ainsi que du volume d’affaires qu’il génère à Strasbourg. Aucune des compensations évoquées jusqu’ici, comme le siège de l’Institut technologique européen, une grande université européenne ou, il y a quelques semaines encore, l’idée d’un musée de l’Europe, n’avait semblé faire le poids.

Un flux d’affaires stable

Aux yeux des eurodéputés français, lâcher du lest publiquement sur Strasbourg a longtemps été considéré comme un “suicide politique”.

Mais la perspective d’un troc pour accueillir le siège de l’Europe de la défense change la donne. L’installation d’un véritable quartier général européen offrirait à la ville de Strasbourg un flux d’affaires plus stable que les courtes sessions mensuelles du Parlement. Sans compter que ce “QG” donnerait une impulsion déterminante à la concrétisation de l’Europe de la défense, un projet cher à la France.”

La présence du Parlement à Strasbourg reste vitale économiquement pour la ville, représentant près de 10% de ces revenus. Mais de nombreuses objections ont vu le jour dernièrement: ainsi les Verts avec Daniel-cohn-Bendit, ou encore Michel Rocard, qui pestait contre les strasbourgeois qui n’auraient pas saisi les perches tendues par les administrations européennes. A Strasbourg, on contre-attaque, par le biais du président de la Communauté urbaine, Jacques Bigot, en proposant que Strasbourg devienne le seul siège du parlement…

Il reste toutefois plus probable qu’avec la prochaine présidence européenne de la Suède, dont Cecilia Malmström, ministre des affaires européennes, est à l’instigation de la fameuse pétition dont l’article de la Tribune parle, le vent souffle en faveur de Bruxelles…

Sommet de l’OTAN à Strasbourg: pas de contestation, s’il vous plaît… Décrochez les No to NATO

Lors de la manifestation de jeudi, et de plus en plus dans les rues de Strasbourg, de petits stands des anti-otan mettent en vente des drapeaux “arc-en-ciel” destinés à marquer l’opposition à la tenue du sommet de l’OTAN dans la ville. Ils connaissent d’ailleurs un certain succès.

Ces drapeaux commençaient d’ailleurs à fleurir dans certains coins de la ville, à tel point que la police, selon le Nouvel observateur(en ligne), est intervenue.

“La police a demandé à plusieurs Strasbourgeois de retirer de leurs fenêtres ou balcons le drapeau de la paix aux couleurs arc-en-ciel avec la mention “No to Nato” (Non à l’Otan), à quelques jours du sommet de l’Otan qui se tiendra les 3 et 4 avril prochain, a-t-on appris samedi 21 mars.
“Des policiers sont venus en début de semaine chez moi, en expliquant qu’ils avaient reçu l’ordre de demander aux gens d’enlever ces drapeaux”, a expliqué Christian Grosse, membre du secrétariat de la Fédération du parti communiste du Bas-Rhin. “C’est mon fils qui les a reçus. Ils lui ont dit : ’soit vous le retirez, soit on le retire’”, a-t-il poursuivi, précisant que le jeune homme avait alors obtempéré. “Mais j’ai raccroché le drapeau dès le lendemain”.

Christian Grosse n’est pas un cas isolé: “Nous avons eu connaissance de plusieurs autres personnes qui ont reçu la visite de la police à cause de leur drapeau”, a-t-il souligné. La préfecture se refusait samedi à tout commentaire à ce propos. La coordination anti-Otan de Strasbourg a distribué quelque 400 drapeaux arc-en-ciel semblables à ceux qui avaient fleuri en Europe à l’occasion de la guerre en Irak en 2003, portant les mentions “Pace” (Paix) et “No to Nato”.
“A l’époque de l’Irak, il n’y avait eu aucun problème avec ces drapeaux”, relève Christian Grosse. Mais ces nouvelles mesures s’inscrivent “dans un contexte plus général où les autorités cherchent à mettre des bâtons dans les roues des organisateurs du “contre-sommet” de l’Otan”, a-t-il estimé.

Dans une lettre au préfet, au directeur adjoint de la police nationale ainsi qu’au maire de la ville de Strasbourg Roland Ries (PS) et à son premier adjoint, le PCF a demandé à ce que ces intimidations cessent, a précisé Christian Grosse qui y voit “un problème de démocratie”.

Ben oui, il fallait s’y attendre: qui dit OTAN dit contestation. Maintenant, il y a des choses rigolotes qui se préparent: à certaines heures, les gens du centre (zone rouge) ne pourront pas sortir : comment faire si l’on a un chien qui veut sa promenade? Réponse simple: appelez la police, qui se fera un plaisir de promener votre toutou… Pendant que vous resterez à l’intérieur. :D

C’est quand même dommage, tout cela… Des policiers tous les 5 mètres, et pas une seule occasion pour les habitants de s’intégrer à ce sommet.

Strasbourg, siège du sommet de l’OTAN

Et bien voilà, à l’heure ou la France rentre à nouveau dans l’OTAN, où le pauvre De gaulle se retourne dans sa tombe, Strasbourg accueille les 3 et 4 avril prochain, le  24ème Sommet de l’OTAN.

Soit pas moins de vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement dont le président américain Barack Obama, des délégations comptant jusqu’à un millier de personnes (pour les Américains !!!) et 4.000 journalistes. Le tout avec 40.000 Strasbourgeois badgés, 50.000 barrières et  plus 30.000 manifestants anti-Otan qui sont attendus.

Le centre de Strasbourg, avec la Cathédrale, le Palais des Rohan et le palais de la musique et des congrès … seront fermés pendant plusieurs semaines. En Gros, la dernière semaine, se sera “centre-ville mort” avec seulement riverains et diplomates (et policiers et agents secrets si, si là on peut le dire sans passer pour un comique) qui circuleront. Cela va être un gros ramdam, sachant qu’en plus les anti-OTAN appellent à manifester au même moment.

Mais Strasbourg “capitale du monde” pendant quelques jours? Ville fermée en tout cas!On va quand même essayer de prendre quelques photos…

La Guadeloupe terre d’accueil des esprits rebelles

le penseur

Hé hé on fait moins le malin!

Publié dans:  on 6 février 2009 at 18:39 Commentaires (4)
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