Vidéo des DNA:
Avec l’intervention de M.Alain Beretz président de l’UDS,, contrarié par la tournure des évènements.
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Avec l’intervention de M.Alain Beretz président de l’UDS,, contrarié par la tournure des évènements.
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2000 manifestants (enseignants-chercheurs, personnel de l’université, étudiants…) étaient présents devant la palais universitaire pour protester contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs.
Les manifestants, en majorité des étudiants et des enseignants-chercheurs donc, se sont rassemblés devant le Palais universitaire où se trouvait la ministre en scandant des slogans tels que «Pécresse, la recherche régresse», «Pécresse fac off», «Pécresse démission»…
Sur les marches du Palais universitaires, alors que les manifestants essayaient de rentrer, les quelques policiers en civil ont rapidement été débordés. Des échanges de coups se sont produits avant qu’un peloton de CRS n’intervienne et ne donne la charge utilisant gaz lacrymogènes et matraques pour disperser les manifestants du parvis du palais u. Des jets de chaussures (la chaussure devient un vrai symbole…) et d’oeufs se sont produits contre les vitres du Palais universitaire à ce moment là…
Selon les DNA “A 11h40, le président de l’Université de Strasbourg, qui doit être inaugurée par le ministre ce matin, a été alerté des incidents et s’est précipité à l’entrée du Palais universitaire pour constater les faits. Il a essayé de calmer les esprits et est intervenu auprès des forces de police pour demander des explications.”
La tension semble rester forte, devant l’afflux de policiers. Vu que les forces de l’ordre ont failli être débordée par les manifestants (alors que le succès de la manifestation était prévisible…), le préfet va peut être connaître le même sort que son collègue de Saint-lo…
Oui, … sans commentaire…
Et la tribune parue dans le journal “Le monde” le 30 janvier par MARIE PASCALE D., Chercheuse au CNRS
“J‘ai étudié pendant 10 ans et trouvé un métier que j’aime. Je suis chercheuse en génétique moléculaire, une profession que j’exerce depuis 20 ans. Je connais mon métier, je maîtrise les technologies afférentes, réponds à des appels d’offre, gère mes budgets, forme des étudiants, je donne des conférences, j’apprends tous les jours.
C’est un métier difficile, compétitif, particulièrement pour les femmes, fait de petites joies ou de grandes découvertes, mais aussi d’échecs et de remises en question incessants.
Mon parcours est similaire à celui de beaucoup d’autres. Nous sommes 50 à 100000 chercheurs et enseignants du supérieur diplômés d’un doctorat en France qui travaillons pour des organismes publics (Universités incluses). Les 12 000 chercheurs du CNRS font essentiellement de la recherche fondamentale, couvrant l’essentiel des domaines de la connaissance humaine.
En tant que chef d’équipe, je décide du choix des sujets et de l’orientation des recherches dans mon laboratoire. Mon but est d’élargir le champ des connaissances dans mon domaine de spécialisation. Je le fais en fonction de ce que je sais, et des travaux publiés par d’autres. Je le fais aussi en concertation avec les étudiants ou chercheurs qui viennent renforcer ma puissance de travail. Et je réoriente continuellement mes projets selon les résultats que nous obtenons.
Les crédits pour financer ces recherches sont obtenus en répondant à des appels d’offre, ce dont je m’occupe en mettant en valeur dans mon activité ce qui présente la meilleure adéquation avec les thèmes mis à concours. La sélection de mes projets souligne leur intérêt, leur valeur, mais aussi leur faisabilité et la reconnaissance de mon aptitude à les encadrer. Sans contrats, un labo ne peut fonctionner, les crédits octroyés par le CNRS ou l’Université, via le Ministère de la Recherche, l’Etat donc, sont trop misérables ; la biologie moléculaire est une science onéreuse (moins que la physique cependant).
Notre activité professionnelle est continuellement évaluée au travers de rapports d’activités adressés régulièrement à nos employeurs ou aux organismes contractualisateurs, au travers aussi des diverses formes de communication que nous devons emprunter, articles scientifiques, conférences, participation à des colloques, discussions avec des collègues. Réciproquement, je suis régulièrement amenée à évaluer les travaux de mes collègues, lorsque je siège dans des commissions, participe à des jurys, quand j’expertise des projets, ou que l’on me demande de juger des articles, soumis à publication internationale, dont la proximité avec mes centres d’intérêt me donne le droit de les accepter/refuser selon leur qualité.
Bien que chargée de nombreuses responsabilités au niveau organisation, administration, encadrement, enseignement, direction de l’équipe, j’ai réussi à continuer de « maniper », comme nous disons. Tous les jours, j’extrais des ADN, les analyse, les ré-introduis en bactéries, ou autres organismes, sélectionne les organismes ainsi modifiés, étudie les modifications que confère cette transformation. Ce travail est précédé d’études bibliographiques, de recherches dans des bases de données pour identifier les gènes ou fonctions qui nous intéressent. Et puis quand un résultat intéressant sort, on l’étaye, le confirme, le contrôle, le vérifie, et si c’est solide, on rédige un article (en anglais bien sûr, langue que tout chercheur se doit de pratiquer couramment à l’écrit comme à l’oral). Je documente, analyse les données et les mets en forme. pour le soumettre à publication dans une revue dont l’audience internationale reflète la qualité de ce qu’on a trouvé.
L’accomplissement de chaque étape de ce travail me procure un profond sentiment de satisfaction. Je connais beaucoup de chercheurs, de simples collègues à amis, nous partageons à peu près cette vision de notre profession, ces convictions. C’est notre vie.
Alors quand j’entends ça :
« Mauvais, non performants, archaïques, idéologues, partisans, conservateurs, aveugles, refusant de voir la réalité, immobilistes, ayant des mentalités à changer, installés dans le confort de l’autoévaluation et travaillant dans des structures obsolètes, archaïques
et rigides.” Voici les termes que Nicolas Sarkozy a utilisés dans son discours du 22 janvier 2009, pour dire ce qu’il pense de nous et de nos institutions. Et il a ajouté :
« N’y a-t-il pas urgence à en finir avec une organisation désastreuse. Les organismes de recherche doivent opérer leur transformation en agence de moyens »
J’ai très très mal.”
Un peu plus de 400 étudiants se sont rassemblés, cet après-midi au Palais universitaire de Strasbourg, pour préparer la journée de manifestation du 5 février, ceci dans le but d’éviter tout débordement. En effet, ce jeudi, comme nous l’avions annoncé, la ministre Valérie Pécresse doit se rendre à Strasbourg pour participer au lancement officiel de l’Université de Strasbourg.
Il a été décidé qu’une manifestation serait organisée devant le palais universitaire. Les personnels de l’Université de Strasbourg (UdS) et les étudiants se rassembleront donc à 8h dans le quartier de l’Esplanade sur le parvis de la faculté de droit pour se rendre ensuite devant le Palais universitaire pour “accueillir” la ministre.
A l’intérieur, lors de la cérémonie d’inauguration qui doit débuter à 11h, après une animation qui démarre elle à 10h, une délégation d’enseignants-chercheurs de l’appel de Strasbourg souhaite remettre une pétition de 2.000 signatures à Valérie Pécresse. Pétition qui marque le désaccord contre la masterisation du CAPES et contre le décret réformant les statuts des enseignants chercheurs.
Le Programme de la journée est disponible sur: http://www.unistra.fr/evenements-lancement.pdf/
Dans le même temps, le mouvement de grève continuait à s’étendre. L’UFR d’art a ainsi voté la grève, comme les enseignants de droit, de mathématiques, de lettres, d’informatique, de langues étrangères appliquées et de géographie… ceux d’Histoire ont déjà en grande partie rejoint la contestation.
Deux assemblées générales étudiantes se tiennent ce mercredi ; à 13h, au Patio à l’ancienne université Marc-Bloch, à l’invitation de l’UNEF ; une deuxième assemblée générale se tient mercredi également à 15h, au Palais Universitaire. Ces deux assemblées générales organisées un même jour témoignent des inévitables divisions au sein du mouvement étudiant.
A l’Université et à Strasbourg, beaucoup de monde s’interroge sur la venue du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, jeudi, à la cérémonie d’inauguration de l’Université de Strasbourg. De fait, alors qu’elle est en concurrence avec M. Karoutchi dans les primaires UMP pour les régionales en Île-de-France, une visite ratée à Strasbourg fragiliserait sans doute sa campagne… ( ?)
Dans les services du ministère, à Paris, on indique aujourd’hui en fin d’après-midi que ce voyage aura bien lieu et figurait au programme du ministre, mais la visite ne figure toujours pas dans son agenda en ligne…
Article du Monde:
“Le décret qui réforme le statut des enseignants-chercheurs devait être adressé par le gouvernement au Conseil d’Etat, vendredi 30 janvier. Cet envoi intervient alors que la mobilisation de la communauté universitaire contre ce texte, mais aussi contre les suppressions de postes et la mise en place de nouveaux masters enseignants, pourrait monter d’un cran la semaine prochaine. La coordination nationale des universités a lancé un mot d’ordre de grève générale et reconductible à compter de lundi 2 février.
Sur quoi le décret porte-t-il ?
Ce décret s’inscrit dans une réforme globale de l’université, dont l’un des objectifs est de mieux encadrer les étudiants.
Dans sa première mouture, le texte prévoyait de donner aux présidents d’université la possibilité de “moduler” le “temps de service” des personnels entre enseignement, recherche et tâches administratives.
En outre, il indique que les maîtres de conférence et les professeurs d’université seront évalués régulièrement, tous les quatre ans.
Quels sont les “amendements” apportés par le gouvernement ?
Tout au long de cette semaine, la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse a eu des rencontres avec les représentants des universitaires, notamment les juristes, particulièrement opposés à la réforme. “Je ferai tout ce qu’il est possible pour lever les interrogations et apaiser les doutes”, a-t-elle affirmé, mercredi 28 janvier lors de ses voeux.
Dans le texte adressé au Conseil d’Etat, le gouvernement, afin de chercher à rassurer la communauté universitaire, apporte une précision sur la modulation du service entre enseignement et recherche : un professeur bien évalué ne pourra pas se voir attribuer un service d’enseignement supérieur au service de référence de 128 heures de cours magistraux ou de 192 heures de travaux dirigés annuels.”
Article d’Educ pro .Fr
“
Le 2 février 2009, combien d’enseignants-chercheurs seront en grève après la manifestation nationale du 29 janvier 2009 où 20 000 d’entre eux (selon le décompte du Snesup) ont défilé ? Quelles sont les chances que le mouvement demandant le retrait de la réforme du décret de 1984 prenne ? Comment le « geste » de Valérie Pécresse qui a envoyé le 30 janvier au soir une lettre aux enseignants-chercheurs et le texte du décret modifié sera-t-il pris ?
Semaine d’examens pour certaines universités, début théorique du deuxième semestre pour d’autres… L’entrée dans la grève des enseignants-chercheurs avec le slogan « Le 2 février, l’université s’arrête » comme l’a intitulée la coordination nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche – rejointe par les syndicats comme le Snesup et AutonomeSup – dépendra aussi du contexte local. A Paris 10 par exemple, le début de semestre commençant le 9 janvier, la question de débuter la grève une semaine plus tard se pose.
Rétention, motions…
Toujours est-il que depuis longtemps la communauté universitaire n’avait pas connu un tel mouvement, initié par une grève administrative (rétention de notes…) et une palanquée de motions. Selon le Snesup, 15 conseils d’administration d’universités ont voté des motions contre le décret modifié (Le Mans, Toulouse 3, Paris 3, Paris 4, Caen , Le Havre, Nantes, Angers..). Plus de 70 motions de conseils d’administration dénonceraient la réforme de la formation des enseignants. Devant cette opposition très marquée, quelle attitude adopteront les présidents d’université si la grève de leurs enseignants-chercheurs est massive ? La CPU a, elle, diffusé un nouveau texte de soutien à la réforme du décret. Mais certains présidents se montrent solidaires du mouvement.
L’AG de la coordination nationale focalise l’attention
Beaucoup comptent sur l’assemblée générale de la coordination nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche du 2 février à midi à La Sorbonne pour donner le la une fois les troupes de grévistes estimées dans les établissements. Le Snesup a convoqué un bureau national le 3 février 2009 pour savoir quelle suite donner au mouvement. Elargir les mots d’ordre ? « La mobilisation est très forte dans l’enseignement supérieur et la recherche. Il y a une très vive hostilité de la communauté universitaire vis-à-vis de Sarkozy. Et une très grande unité de revendications que ce soit sur les emplois, le statut et mastérisation », indique Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup pour qui la lettre de la ministre est une provocation. “Sur le fond, le décret reste en l’état”.
Les étudiants dans la danse ?
Plusieurs inconnues devraient être levées en début de semaine et donneront les clés pour savoir si le mouvement peut se poursuivre. Les juristes, en tête de la mobilisation, de façon tout à fait exceptionnelle, sauront-ils rallier sur leurs revendications toutes les disciplines de l’université ? « Les juristes ont pris le mord aux dents mais on est attentif pour qu’ils ne négocient pas dans leur coin après leur rendez-vous avec Valérie Pécresse. Nous, on ne veut pas de modulation de services comme eux », s’inquiète Michèle Cohen-Halimi, enseignante-chercheuse à Paris 10 et élue du Snesup au CA.
Autre interrogation récurrente dans les assemblées générales : les étudiants vont-ils être solidaires du mouvement des enseignants-chercheurs ? Malgré la rétention des notes pratiquée à grande échelle et alors que les enseignants-chercheurs n’avaient pas massivement soutenus leur mouvement contre le CPE ? « Nous allons proposer aux enseignants-chercheurs une date d’action générale, dans les semaines qui viennent », annonce Jean-Baptiste Prevost, président de l’Unef, qui souhaite amplifier la mobilisation. Des revendications plus larges pourraient donner des arguments supplémentaires aux organisations pour convaincre les étudiants de rentrer dans le mouvement. « Les étudiants ont largement de quoi se mobiliser sur la mastérisation, l’allocation des moyens , la professionnalisation… Il ne faut pas se priver de leur soutien», estimait une militante du syndicat lors de l’AG de l’UFR LLphi à Nanterre le 30 janvier 2009. Le Snesup déclare ne pas appeler explicitement les étudiants à soutenir le mouvement. A suivre.”
Ce qui est certain, c’est que, pour exemple, même la faculté de Strasbourg et l’UHA, pourtant traditionnellement conservatrices, sont très largement entrées dans le mouvement.
Ajoutons à cela que la ministre Valérie Pécresse devrait se trouver à Strasbourg lors du lancement de l’Université de Strasbourg (Cf les pubs “elle est Unique”…). Cela risque de donner lieu à quelques mouvements d’humeur.
Article du Monde de ce soir, qui revient aux fondamentaux. A noter la forte mobilisation à prévoir…
La réforme du statut des enseignants-chercheurs. Pour le Snesup, il s’agit d’“empêcher sa dislocation en autant de pseudo-statuts régis localement par des présidents d’université transformés en managers aux pouvoirs étendus. Porter atteinte aux libertés scientifiques, considérer l’enseignement comme une punition (par des services alourdis) est une politique qui ruine l’enseignement supérieur et la recherche”