Les élections législatives de 1932 en Alsace: entre confrontation et confusion

  1. Les résultats des élections

La campagne de l’UPR se fait essentiellement sur le thème de la défense des intérêts du peuple alsacien face à la crise économique et de la défense de la paix[1]. L’APNA, quant à elle, a beau jeu d’insister sur le danger du mouvement hitlérien et, rappelant les tensions qui ont lieu à l’Université par exemple, met en avant la nécessité de clarifier la situation politique en Alsace, en condamnant l’autonomisme et les alliances passées par l’UPR avec autonomistes et communistes[2].  Il convient à présent de revenir sur les résultats du 1er mai.

Ils sont donnés par le tableau suivant[3] :

Circonscription Votants Dém. APNA UPR Radic. SFIO PCF. Auton. PCal
Bas-Rhin
Erstein 16124 3663 7660 2067 1382 1352
Haguenau 16570 3246 7711 2253 2057 811
Molsheim 15351 1770 10861 (élu) 1390 1330
Saverne 21569 7500 679 991 8117 (Progr.) 554
Sélestat 14756 7564 (élu) 545 918 5109 620
Strasbourg I 18877 4296 1307 820 5876 1035 2784 2759
Strasbourg II 12525 1729 3942 710 5522
Strasbourg-Campagne 23110 8033 2652 2790 3540 5379
Wissembourg 11732 2919 4397 2091 224 1712
Haut-Rhin
Altkirch 12772 3970 7579 (élu) 1221
Colmar 21029 2518 8894 3069 3632 1850 750
Guebwiller 17249 3786 5417 4628 745
Mulhouse 23444 7037 4754 442 8159 2937
Mulhouse-campagne 21049 2487 9582 6045 2290
Ribeauvillé 15537 4680 2892 2501 2483 172
Thann 17255 1611 8622 (élu) 2932 1317

Soit les pourcentages suivants : (en % par rapport aux exprimés)

Bas-Rhin

1928              1932              Différence

Haut-Rhin

1928            1932             Différence

Démocrates 16.1 13.4 - 2.7 13.5 10.0 -3.5
APNA 11.8 +11.8 10.2 +10.2
UPR 25.0 21.6 -3.4 40.4 39.4 -1
Radicaux 3.9 1.7 -2.2 3.7 2.9 -0.8
SFIO 18.9 14.9 -4 18.9 24.1 +5.2
PCF 20.1 8.2 -11.9 13.3 7..8 -5.5
PCAL 8.3 +8.3 0.6 +0.6
Autonomistes 7.5 10.1 +2.6 7.5 -7.5
Progressistes 4.0 5.5 +1.5
Divers 4.5 4.4 +0.1 3.3 4.8 +1.5

Ainsi, au premier tour, il n’y a que quatre élus : Meck à Molsheim, Oberkirch qui bat facilement l’autonomiste Hauss à Sélestat, et dans le Haut-Rhin, les deux UPR autonomisants, Stürmel (Altkirch) et Brom à Thann. L’UPR maintient ses positions, malgré la scission de 1928, puisque le parti obtient 21.6% des suffrages exprimés dans le Bas-Rhin, et 39.4% dans le Haut-Rhin, soit une baisse très faible par rapport à 1928. Ce premier tour est toutefois un échec pour l’APNA, qui ne dépasse pas les 12 % dans le Bas-Rhin. On ne peut manquer de remarquer, toutefois, que la part des voix nationales (APNA, Démocrates, radicaux, SFIO) progresse dans les deux départements, plus sensiblement dans le Haut-Rhin (+ 11.1%). La gauche connaît ceci dit un recul sévère, tandis que les autonomistes maintiennent bien leurs positions.

La préparation du second tour s’engage sur ces éléments et des représentants de l’UPR, de l’APNA et des démocrates se rencontrent le 4 mai à Strasbourg, pour définir une politique commune dans le Bas-Rhin, dans le but de s’opposer au Cartel. Plusieurs décisions seront prises : à Strasbourg I, le candidat UPR est retiré au profit des démocrates, alors que l’autonomiste Schall est maintenu pour le second tour. De la même manière, on soutiendra Wolff contre Dahlet à Saverne et l’UPR soutiendra également Frey qui se présente contre Roos. On ne peut manquer de constater que les liens avec le Volksfront se relâche quelque peu. Cependant, à Saverne, malgré l’accord, l’UPR soutient Dahlet jusqu’à la veille du scrutin et ne transmet le mot d’ordre de voter pour le démocrate Wolff qu’au tout dernier moment ; à Haguenau, aussi, l’APNA maintient sa candidature contre Walter, nous y reviendrons. La situation reste donc relativement confuse. Dans le Haut-Rhin, enfin, on voit apparaître une candidature nouvelle à Ribeauvillé, fruit de l’alliance entre l’UPR et l’APNA, qui désirent contrecarrer la candidature de l’industriel Burrus.

Le second tour délivre les résultats suivants :

Circonscription Votants Dém. APNA UPR Radic. SFIO PCF. Auton. PCAL /Divers
Bas-Rhin
Erstein 12256 101 9249 575 1847 484
Haguenau 14040 1102 8959 299 3401 227
Saverne 20695 8815 307 11516 (progr.) 554
Strasbourg I 20589 6189 8382 1177 4839
Strasbourg II 13643 6192 494 6575
Strasbourg-Campagne 24425 11730 3958 6708 + divers 2029
Wissembourg 12386 116 6843 4243 99 1061
Haut-Rhin
Colmar 22093 11156 8869 1626
Guebwiller 14188 7505 6372 288
Mulhouse 24521 12367 10436 1717
Mulhouse-campagne 21464 11807 8131 1384
Ribeauvillé 11716 4032 Burrus, élu 7593.

Ce qui nous donne la répartition en sièges suivante :

Bas-Rhin

1928              1932              Différence

Haut-Rhin

1928            1932             Différence

Démocrates 1 1 = 0 1 +1
APNA 2 1 -1 1 0 -1
UPR 3 4 +1 5 5 =
SFIO 1 1 = 1 0 -1
PCAL 1 1 =
Progressistes 1 1 =
Indépendant 0 1 +1

En définitive sont élus dans le Bas-Rhin trois UPR, à Erstein (Seltz), Haguenau (Walter) et Wissembourg (Elsaesser qui bat l’APNA Weydmann), un socialiste à Strasbourg I (Georges Weill), un démocrate à Strasbourg campagne (Frey), un progressiste autonomisant à Saverne (Dahlet) et un communiste autonomiste à Strasbourg II (Mourer). Dans le Haut-Rhin, l’UPR conserve ses cinq sièges, alors que le candidat APNA Grumbach est défait à Mulhouse par le candidat démocrate Wallach. Le grand vainqueur de ces élections est l’UPR, qui confirme sa prédominance dans les deux départements : elle conserve ses cinq sièges dans le Haut-Rhin, et en gagne un dans le Bas-Rhin. L’APNA, dont la volonté était de promouvoir une politique catholique-nationale et de faire contrepoids à l’UPR, n’est pas arrivée à ses fins. Avec moins de 12 % des voix dans le Bas-Rhin, elle ne fait reculer l’UPR que de 3,4% des suffrages. Elle n’arrive pas à s’imposer contre les « poids lourds » de l’UPR ; au final, seul Oberkirch est élu. L’APNA peine à ainsi percer dans de nombreuses circonscriptions, l’exemple le plus intéressant pour notre étude étant celui de Haguenau.

Justement, dans le fief de l’aile autonomisante de l’UPR, ville de Gromer et Keppi, où se présente Walter, comment ces élections se sont elles déroulées ?


[1] E.K. du 29 avril 1932.

[2] E.B. du 30 avril 1932.

[3] Voir DREYFUS, op. cit., p. 181.

Camille Dahlet (1)

Dahlet Camille (Saverne 1883 – Brumath 1963).

Camille DAHLET est né le 21 juillet 1883 à Saverne dans une famille qui semble  très francophile puisque son père a présidé la section de Saverne du Souvenir Français, structure chargée de l’entretien des tombes des soldats français.

A l’école Camille DAHLET cotoya René SCHICKELE,Figure emblématique d’une “alsacianité de l’esprit”,  avec qui il restera lié d’une grande amitié puisque ce dernier en fera d’ailleurs le personnage d’un de ses romans sous le nom de François KERN.
Étudiant en pharmacie à Strasbourg, il s’inscrit dans une association d’étudiants alsaciens-lorrains francophiles, et animera la revue Hazweiess (H2S), fondée en 1893 pour les étudiants en pharmacie,  dans laquelle il découvrit sans doute son intérêt et son talent pour le journalisme.

C’est de cette époque que datent également ses convictions européennes et sa passion pour la culture alsacienne. Il fera aussi partie de ces Alsaciens qui fêteront régulièrement, et souvent au grand jour, le Quatorze Juillet, ce qui lui valut bien entendu  des ennuis avec les autorités prussiennes, très promptes à réagir à ce genre de provocations.

Vie politique
C’est en 1919 qu’il apparaît véritablement sur la scène politique. Il se signale alors par des articles très critiques vis-à-vis de l’Administration française dans le «Strassburger Echo» d’abord, puis dans « La République », organes du parti radical socialiste dont il sera un temps rédacteur en chef.
Malgré et peut-être à cause de son profond attachement pour la France, il sera ainsi le premier à protester contre les injustices, à dénoncer les scandales et les “erreurs” du pouvoir central français dans la Province. Il aura toujours à cet instant à coeur de défendre le point de vue et les intérêts alsaciens et la participation des Alsaciens à la gestion de leurs affaires.
Il s’élèvera avec véhémence et conviction, dans des articles restés célèbres, contre l’éviction des fonctionnaires alsaciens, contre les commissions de triage, contre les spoliations, bref  contre ce que l’on qualifiait de “colonisation” de l’Alsace à l’époque de la part des “planqués” venus de “l’intérieur” (qui bénéficiait d’une prime).

L’autonomisme

Camille Dahlet  sera le premier parler de « Heimatrechte », et il deviendra une des figures de proue du mouvement autonomiste dans la région. En cette même année de 1919, on le retrouve membre du parti radical dont il animera l’aile régionaliste. Nos travaux permettent, en pointillés, de montrer son influence sur la mouvance autonomiste dans la période.

Volksfront (12) les préparatifs aux élections législatives

Les élections législatives

Malgré ces succès, l’abbé Gromer écrira le 4 janvier à Mgr Fahrner : « l’atmosphère est lourde et sombre. M. Walter et moi-même avons de plus en plus de mal à convaincre » du bien-fondé de la politique du Volksfront[1]. De fait, peu après les élections cantonales, plusieurs voix se font à nouveau entendre pour demander un rapprochement, voire une réunification de l’UPR et de l’APNA. De plus, rappelons que l’agitation autonomiste se développe à l’Université lors de la rentrée universitaire, par le biais de la Jungmannschaft, qui dans un tract déclare qu’ « il faut que l’allemand qui est notre langue […] reste notre langue»[2].

A la mi-novembre, Monseigneur Ruch lance un appel pressant à l’Union des catholiques[3]. De plus, dans les « Zeitfragen », Didio estime en novembre que des relations « supportables entre les deux partis doivent être instaurées ». L’obstacle majeur à ce rapprochement est bien entendu le Volksfront. C’est pour cette raison que certains vont être tenté de minimiser les accords passés avec les autonomistes, en insistant sur leur caractère local, et sur la volonté, toujours locale, de faire barrage à l’élection « d’anticléricaux ». De la même manière, Médart Brogly insiste sur le fait que s’il y a eu alliance, c’est qu’autonomistes et communistes ont été les seuls à accepter la constitution d’une liste à la proportionnelle, proposition pourtant faite à tous les partis[4].

D’autre part, lors du Congrès départemental des démocrates, l’UPR est à plusieurs reprises pris à parti en raison de ses liens avec certains milieux autonomistes. Le parti catholique réplique par le biais de l’Elsässer, le 15 décembre, en déclarant « qu’il n’y a pas de Volksfront, mais seulement une communauté de travail à la mairie de Strasbourg et au conseil général pour discuter de questions purement économiques ». Les partis autonomistes se sentent bien évidemment floués et critiquent vertement cette position en mettant ironiquement en avant que « la différenciation entre Volksfront et communauté de travail est quelque peu théorique »[5]. Il y a donc, c’est un fait nouveau, une certaine modération de la part de l’UPR, qui cherche à minimiser le rôle du Volksfront et ses liens avec la Landespartei et la Fortschrittspartei.  .

L’année 1932 s’ouvre néanmoins avec l’amnistie accordée aux Alsaciens accusés d’autonomisme. Cette amnistie, justifiée par l’acquittement des accusés de Colmar par la cour d’assises de Besançon, avait été réclamée en maintes occasions depuis 1927 par les milieux autonomistes et par l’UPR[6]. Une telle décision aurait pu apaiser les esprits et était sans doute faite en ce sens. Mais pour beaucoup, dont l’abbé Gromer, elle venait bien tard et de plus, l’Elsässer Kurier a tôt fait de souligner le caractère limitatif de l’amnistie, notamment à propos des fonctionnaires dont la réintégration dans l’administration n’était pas de plein droit. De même le journal insiste sur le fait que les fonctionnaires signataires du Heimatbund ne sont pas encore réintégrés[7]. Les milieux autonomistes restent donc bien réticents à tout tentative d’apaisement.

Cette réticence des autonomistes et d’une certaine partie de l’UPR ne facilite pas les discussions avec l’APNA qui refusent de reconsidérer ses positions tant que son adversaire n’aura pas abandonné le Volksfront. Le gérant de l’APNA du Bas-Rhin, Schmidt-le-Roi, déclare au congrès du 10 janvier 1932 « qu’il ne peut être question d’une collaboration entre l’APNA et l’UPR aussi longtemps que l’UPR n’abandonnera pas sa communauté de travail avec les communistes et les autonomistes et ne se placera pas, sans aucune équivoque, sur le terrain national »[8]. Ce congrès adopte également une résolution adressée à tous les prêtres d’Alsace, dans laquelle il rejette la responsabilité de la scission et déclare que le meilleur moyen pour assurer la paix entre les catholiques est que les curés laissent à leurs paroissiens toute liberté de choix entre les deux partis et qu’ils les laissent lire la presse de leur choix (Le Bote étant toujours fortement critiqué par nombre de curés). Les partisans du Volksfront répliquent rapidement. Michel Walter, qui rappelons-le se présente aux législatives et ne veut pas réitérer son erreur de 1929, se fait le porte-parole de l’aile gauche de l’UPR en affirmant au Conseil municipal de Strasbourg qu’il restera le partisan de la « communauté de travail », aussi longtemps que « les circonstances et la défense de la Heimat l’exigeront »[9], mais il s’attache toutefois à nuancer ses propos et déclare que pour lui il n’y a pas d’alliance entre partis, mais juste une « communauté de travail » de caractère purement local au Conseil municipal de Strasbourg et au Conseil Général du Bas-Rhin.

L’abbé Gromer, quant à lui, répètera que « le Volksfront est la seule solution pour préserver les droits de la Heimat » lors d’une réunion de janvier 1932 à la Halle aux houblons de Haguenau. Haegy fait, lui, valoir dans Die Heimat les avantages du Volksfront à Colmar et Strasbourg (il parle avant tout de certaines subventions accordées à des œuvres chrétiennes) et il estime que « sa destruction compromettrait au plus haut degré les intérêts du peuple alsacien et provoquerait l’exultation de la loge franc-maçonne »[10]. Finalement, dans un communiqué du 11 janvier 1932, le Comité directeur de l’UPR note que « la communauté de travail entre les représentants de l’UPR et représentants des autres partis, au Conseil municipal de Strasbourg et au Conseil général du Bas-Rhin, ne signifie pas qu’il y a alliance entre partis, ne restreint en rien notre liberté d’action, et n’a nullement porté atteinte aux principes fondamentaux du parti »[11]. Et même si cette résolution a donné lieu à de vifs échanges au sein du comité directeur, Meck et Brogly y étant par exemple hostiles, elle montre bien qu’il n’est pas question, pour l’instant, de modifier la ligne politique du parti. L’E.K. ira plus loin le lendemain en écrivant que le Volksfront « est indispensable pour lutter contre l’ennemi commun, c’est-à-dire les partis du Cartel des gauches » et qu’il a permis « de pratiquer une politique de tolérance religieuse et de progrès social, favorable aux intérêts de la population alsacienne ». .

Dès lors, puisqu’ aucun des deux partis ne veut de réunification, on cherche tout de même à trouver un terrain d’entente avec l’APNA et négociations vont s’engager par le biais du Comte d’Andlau, sénateur UPR et proche de l’APNA. Ces négociations ont pour but de répartir les candidatures entre l’UPR, l’APNA et les démocrates, afin de faire échec aux candidats du Cartel. Elles échouent dans le Haut-Rhin pour des questions de personnes, la section APNA du département étant par ailleurs notoirement hostile à tout rapprochement avec l’UPR, qui est rappelons-le dirigé par Rossé, très autonomisant, et préfère favoriser l’option d’alliance avec les autres partis nationaux (socialistes, radicaux et démocrates)[12]. Dans le Bas-Rhin, un accord est de prime abord trouvé, avant que l’Assemblée générale de l’APNA du Bas-Rhin ne le rejette, le 21 mars, entraînant ainsi le parti dans une petite crise[13].

Par cette décision, l’APNA marque son désir de ne pas renier ses principes fondamentaux[14]. De plus, on constate que les deux partis ne s’opposent pas que sur le problème national. Car l’UPR veut favoriser une politique chrétienne mais aussi sociale. Une alliance avec les radicaux ou les socialistes n’est pas possible car, sur le plan religieux, tout les sépare. Mais une alliance avec l’APNA et les démocrates est tout aussi difficile pour des raisons sociales et économiques. Par ailleurs, il y a également des questions de personnes : l’APNA souhaite le départ de Rossé, Gromer et Walter de la vie politique alsacienne, les jugeant trop lié à la politique du Volksfront, trop autonomisant. A parti du 21 mars 1932, les choses sont donc claires : UPR et APNA feront campagne séparément.

Lors de la réunion des Comités départementaux, l’UPR du Bas-Rhin va réélire Michel Walter à sa tête, montrant ainsi son approbation envers la politique du Volksfront. Il y eu quelques passes d’armes, notamment à propos de Strasbourg, où Walter et Gromer ont plaidé pour le soutien aux candidats du Volksfront et ce dès le premier tour, alors que Didio proposait le soutien au démocrate Frey à Strasbourg-campagne. Mais priorité est donnée à la lutte contre les socialistes et les radicaux. La résolution adoptée donne le ton, en déclarant qu’il faut chercher à battre « les anticléricaux, les réactionnaires dans le domaine social et les chauvins ». Elle souligne également que « le parti ne se compromet en rien s’il fait une partie du chemin avec des partis qui, même si c’est sous une forme différente et avec des priorités différentes, poursuivent les mêmes buts et sont partisans de la tolérance religieuse, du progrès social, de l’entente entre les peuples et de la défense énergique des droits et revendications du peuple alsacien »[15]. Pour l’Elsässer, la responsabilité de l’échec des négociations revient entièrement à l’APNA[16]. Le comité départemental du Haut-Rhin, quant à lui, prend la décision de ne présenter de candidats que dans les circonscriptions ou elle détient un mandat.


[1] 6504/5c

[2] DREYFUS, op. cit., p. 174.

[3] Die Heimat, décembre 1931, p. 356.

[4] E.B. du 2 décembre 1931.

[5] Neue Welt, 16 décembre 1931.

[6] De même lors de nombreuses sessions du Conseil général, ainsi celle d’octobre 1929 par exemple, qui émet le vœu de voir le gouvernement retirer les sanctions. L’abbé Gromer en est le rapporteur. cf annexes.

[7] E.K. du 31 décembre 1931.

[8] E.B. du 11 janvier 1932, p.1.

[9] Die Heimat de janvier 1932, p.2-3.

[10] Idem.

[11] Idem, p. 8-12.

[12] BAECHLER, op. cit., p. 453.

[13] E.B. du 22 mars 1932. Dans une résolution, « les délégués constatent avec regret : 1. que ces signatures ont été données sans consultation préalable des organes compétents du Parti ; 2. que les conditions exigées pour une conciliation avec l’UPR établies lors de l’assemblée des délégués au Baeckehiesel à Strasbourg ne sont pas réalisées ». A la suite de cette décision, Schmidt –le-Roi démissionne de la gérance et Oberkirch de la présidence de l’APNA : ils étaient à l’origine de l’accord.

[14] Voir le programme de l’APNA.

[15] Elsässer du 18 mars 1932.

[16] Elsässer du 29 mars 1932.

Les vidéos des manifs suite à la visite de Mme Pécresse à Strasbourg

Vidéo des DNA:

Avec l’intervention de M.Alain Beretz président de l’UDS,, contrarié par la tournure des évènements.

Autres vidéos


Manifestation et débordements devant le palais universitaire de Strasbourg: “Pécresse, la recherche régresse”

2000 manifestants (enseignants-chercheurs, personnel de l’université, étudiants…) étaient présents devant la palais universitaire pour protester contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs.

Les manifestants, en majorité des étudiants et des enseignants-chercheurs donc, se sont rassemblés devant le Palais universitaire où se trouvait la ministre  en scandant des slogans tels que «Pécresse, la recherche régresse», «Pécresse fac off», «Pécresse démission»…

Sur les marches du Palais universitaires, alors que les manifestants essayaient de rentrer, les  quelques policiers en civil ont rapidement été débordés. Des échanges de coups se sont produits avant qu’un peloton de CRS n’intervienne et ne donne la charge utilisant   gaz lacrymogènes  et  matraques pour disperser les manifestants du parvis du palais u. Des jets de chaussures (la chaussure devient un vrai symbole…) et d’oeufs se sont produits contre les vitres du Palais universitaire à ce moment là…

Selon les DNA “A 11h40, le président de l’Université de Strasbourg, qui doit être inaugurée par le ministre ce matin, a été alerté des incidents et s’est précipité à l’entrée du Palais universitaire pour constater les faits. Il a essayé de calmer les esprits et est intervenu auprès des forces de police pour demander des explications.”

La tension semble rester forte, devant l’afflux de policiers. Vu que les forces de l’ordre ont failli être débordée par les manifestants (alors que le succès de la manifestation était prévisible…), le préfet va peut être connaître le même sort que son collègue de Saint-lo…

Le mouvement s’amplifie à l’université de Strasbourg avant la visite de la ministre

Un peu plus de 400 étudiants se sont rassemblés, cet après-midi au Palais universitaire de Strasbourg, pour préparer la journée de manifestation du 5 février, ceci dans le but d’éviter tout débordement.  En effet, ce jeudi, comme nous l’avions annoncé, la ministre Valérie Pécresse doit se rendre à Strasbourg pour participer au lancement officiel de l’Université de Strasbourg.

Il a été décidé qu’une manifestation serait organisée devant le palais universitaire. Les personnels de l’Université de Strasbourg (UdS) et les étudiants se rassembleront donc à 8h dans le quartier de l’Esplanade sur le parvis de la faculté de droit pour se rendre ensuite devant le Palais universitaire pour “accueillir” la ministre.

A l’intérieur, lors de la cérémonie d’inauguration qui doit débuter à 11h, après une animation qui démarre elle à 10h, une délégation d’enseignants-chercheurs de l’appel de Strasbourg souhaite remettre une pétition de 2.000 signatures à Valérie Pécresse. Pétition qui marque le désaccord contre la masterisation du CAPES et contre le décret réformant les statuts des enseignants chercheurs.

Le Programme de la journée est disponible sur: http://www.unistra.fr/evenements-lancement.pdf/

Dans le même temps, le mouvement de grève continuait à s’étendre. L’UFR d’art a ainsi voté la grève, comme les enseignants de droit, de mathématiques, de lettres, d’informatique, de langues étrangères appliquées et de géographie… ceux d’Histoire ont déjà en grande partie rejoint la contestation.

Deux assemblées générales étudiantes se tiennent ce mercredi ; à 13h, au Patio à l’ancienne université Marc-Bloch, à l’invitation de l’UNEF ; une deuxième assemblée générale se tient mercredi également à 15h, au Palais Universitaire. Ces deux assemblées générales organisées un même jour témoignent des inévitables divisions au sein du mouvement étudiant.

A l’Université et à Strasbourg, beaucoup de monde s’interroge sur la venue du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, jeudi, à la cérémonie d’inauguration de l’Université de Strasbourg. De fait, alors qu’elle est en concurrence avec M. Karoutchi dans les primaires UMP pour les régionales en Île-de-France, une visite ratée à Strasbourg fragiliserait sans doute sa campagne… ( ?)

Dans les services du ministère, à Paris, on indique aujourd’hui en fin d’après-midi que ce voyage aura bien lieu et figurait au programme du ministre, mais la visite ne figure toujours pas dans son agenda en ligne…

Enseignants-chercheurs : la grève commence… lundi

Article du Monde:

Le décret qui réforme le statut des enseignants-chercheurs devait être adressé par le gouvernement au Conseil d’Etat, vendredi 30 janvier. Cet envoi intervient alors que la mobilisation de la communauté universitaire contre ce texte, mais aussi contre les suppressions de postes et la mise en place de nouveaux masters enseignants, pourrait monter d’un cran la semaine prochaine. La coordination nationale des universités a lancé un mot d’ordre de grève générale et reconductible à compter de lundi 2 février.

Sur quoi le décret porte-t-il ?

Ce décret s’inscrit dans une réforme globale de l’université, dont l’un des objectifs est de mieux encadrer les étudiants.

Dans sa première mouture, le texte prévoyait de donner aux présidents d’université la possibilité de “moduler” le “temps de service” des personnels entre enseignement, recherche et tâches administratives.

En outre, il indique que les maîtres de conférence et les professeurs d’université seront évalués régulièrement, tous les quatre ans.

Quels sont les “amendements” apportés par le gouvernement ?

Tout au long de cette semaine, la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse a eu des rencontres avec les représentants des universitaires, notamment les juristes, particulièrement opposés à la réforme. “Je ferai tout ce qu’il est possible pour lever les interrogations et apaiser les doutes”, a-t-elle affirmé, mercredi 28 janvier lors de ses voeux.

Dans le texte adressé au Conseil d’Etat, le gouvernement, afin de chercher à rassurer la communauté universitaire, apporte une précision sur la modulation du service entre enseignement et recherche : un professeur bien évalué ne pourra pas se voir attribuer un service d’enseignement supérieur au service de référence de 128 heures de cours magistraux ou de 192 heures de travaux dirigés annuels.”

Article d’Educ pro .Fr

Grève dans les universités : jusqu’où iront les enseignants-chercheurs ?

Le 2 février 2009, combien d’enseignants-chercheurs seront en grève après la manifestation nationale du 29 janvier 2009 où 20 000 d’entre eux (selon le décompte du Snesup) ont défilé ? Quelles sont les chances que le mouvement demandant le retrait de la réforme du décret de 1984 prenne ? Comment le « geste » de Valérie Pécresse qui a envoyé le 30 janvier au soir une lettre aux enseignants-chercheurs et le texte du décret modifié sera-t-il pris ?

Semaine d’examens pour certaines universités, début théorique du deuxième semestre pour d’autres… L’entrée dans la grève des enseignants-chercheurs avec le slogan « Le 2 février, l’université s’arrête » comme l’a intitulée la coordination nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche – rejointe par les syndicats comme le Snesup et AutonomeSup – dépendra aussi du contexte local. A Paris 10 par exemple, le début de semestre commençant le 9 janvier, la question de débuter la grève une semaine plus tard se pose.

Rétention, motions…

Toujours est-il que depuis longtemps la communauté universitaire n’avait pas connu un tel mouvement, initié par une grève administrative (rétention de notes…) et une palanquée de motions. Selon le Snesup, 15 conseils d’administration d’universités ont voté des motions contre le décret modifié (Le Mans, Toulouse 3, Paris 3, Paris 4, Caen , Le Havre, Nantes, Angers..). Plus de 70 motions de conseils d’administration dénonceraient la réforme de la formation des enseignants. Devant cette opposition très marquée, quelle attitude adopteront les présidents d’université si la grève de leurs enseignants-chercheurs est massive ? La CPU a, elle, diffusé un nouveau texte de soutien à la réforme du décret. Mais certains présidents se montrent solidaires du mouvement.

L’AG de la coordination nationale focalise l’attention

Beaucoup comptent sur l’assemblée générale de la coordination nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche du 2 février à midi à La Sorbonne pour donner le la une fois les troupes de grévistes estimées dans les établissements. Le Snesup a convoqué un bureau national le 3 février 2009 pour savoir quelle suite donner au mouvement. Elargir les mots d’ordre ? « La mobilisation est très forte dans l’enseignement supérieur et la recherche. Il y a une très vive hostilité de la communauté universitaire vis-à-vis de Sarkozy. Et une très grande unité de revendications que ce soit sur les emplois, le statut et mastérisation », indique Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup pour qui la lettre de la ministre est une provocation. “Sur le fond, le décret reste en l’état”.

Les étudiants dans la danse ?

Plusieurs inconnues devraient être levées en début de semaine et donneront les clés pour savoir si le mouvement peut se poursuivre. Les juristes, en tête de la mobilisation, de façon tout à fait exceptionnelle, sauront-ils rallier sur leurs revendications toutes les disciplines de l’université ? « Les juristes ont pris le mord aux dents mais on est attentif pour qu’ils ne négocient pas dans leur coin après leur rendez-vous avec Valérie Pécresse. Nous, on ne veut pas de modulation de services comme eux », s’inquiète Michèle Cohen-Halimi, enseignante-chercheuse à Paris 10 et élue du Snesup au CA.

Autre interrogation récurrente dans les assemblées générales : les étudiants vont-ils être solidaires du mouvement des enseignants-chercheurs ? Malgré la rétention des notes pratiquée à grande échelle et alors que les enseignants-chercheurs n’avaient pas massivement soutenus leur mouvement contre le CPE ? « Nous allons proposer aux enseignants-chercheurs une date d’action générale, dans les semaines qui viennent », annonce Jean-Baptiste Prevost, président de l’Unef, qui souhaite amplifier la mobilisation. Des revendications plus larges pourraient donner des arguments supplémentaires aux organisations pour convaincre les étudiants de rentrer dans le mouvement. « Les étudiants ont largement de quoi se mobiliser sur la mastérisation, l’allocation des moyens , la professionnalisation… Il ne faut pas se priver de leur soutien», estimait une militante du syndicat lors de l’AG de l’UFR LLphi à Nanterre le 30 janvier 2009. Le Snesup déclare ne pas appeler explicitement les étudiants à soutenir le mouvement. A suivre.”

Cf: http://www.educpros.fr/

Ce qui est certain, c’est que, pour exemple, même la faculté de Strasbourg et l’UHA, pourtant traditionnellement  conservatrices, sont très  largement entrées dans le mouvement.

Ajoutons à cela que la ministre Valérie Pécresse devrait se trouver à Strasbourg lors du lancement  de l’Université de Strasbourg (Cf les pubs “elle est Unique”…).  Cela risque de donner lieu à quelques mouvements d’humeur.

Le Volksfront (8) Echecs et oppositions au Heimatfront

Les oppositions au Heimatfront

La politique du Volksfront a suscité dès le départ un nombre important d’oppositions, notamment dans l’UPR : une large fraction du parti est en effet favorable à une politique plus modérée et à un rapprochement avec l’APNA et les démocrates. De nombreux conflits vont éclater jusqu’au élections de 1931 et 1932, et l’attitude de l’évêque de Strasbourg, ainsi que plusieurs échecs électoraux, vont mettre le Volksfront à rude épreuve.

a)    Les premiers échecs

Le problème autonomiste se pose en premier lieu en août 1929, car on reproche à M. Rossé d’être allé représenter les catholiques alsaciens au Katholikentag de Fribourg-en-Brisgau. Au cours de ce Congrès, Rossé tient un discours très provocateur : « L’Histoire a de novueau placé l’Alsace dans la fédération étatique française, et nous remplissons loyalement nos devoirs en tant que citoyens français, en premier lieu parce que nous sommes catholiques et obéissons à la parole du Seigneur : rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César [1]». Pour le Journal d’Alsace-Lorraine les « autonomistes ont cherché une fois de plus à Fribourg, le concours d’une sorte d’internationale noire qui doit les aider à renforcer l’influence cléricale en Alsace et à réaliser leur rêve [...] la création d’une sorte d’Etat tampon clérical entre Vosges et Rhin ».  Cette participation de Rossé à ce Congrès souleva des objections jusque dans l’UPR.

De même, l’élection sénatoriale d’octobre 1929, qui a lieu à la suite du décès du sénateur Heimer le 3 août 1929, est le premier échec grave de l’UPR depuis la scission. Il est question dans un premier temps de la candidature de Médart Brogly, mais c’est l’abbé Haegy qui est désigné lors de la réunion du Comité départemental de l’UPR du 8 septembre. Peu après, le Comité électoral de l’UPR amorce sa campagne électorale en faisant parvenir à tous les curés du Haut-Rhin une circulaire qui explique la signification d’une telle candidature[2] : « L’abbé Haegy joue depuis de longues années un rôle de premier plan dans la vie publique de notre Heimat. Son élection aura une signification considérable pour nos intérêts catholiques et alsaciens, bien au-delà de notre pays. [...] Nous vous prions, Monsieur le curé, d’user de vos bonnes relations avec M. le maire et les conseillers municipaux de votre localité afin que, dans sa séance du dimanche 15 septembre, votre conseil municipal ne désigne que des délégués sénatoriaux dont on peut attendre avec certitude qu’ils voteront le 20 octobre prochain, pour notre candidat, M. l’abbé Haegy[3] ».

En réponse à la candidature de Haegy, l’APNA décide de présenter le député Pfleger, soutenu par l’Elsässer Bote et La France de l’Est. L’abbé Haegy n’est pas le candidat de l’évêque, bien que celui-ci n’ait pas usé de son droit de veto.La campagne fut très vive et la presse y joua un grand rôle, mais c’est l’APNA qui se fera la plus virulente par le biais de  l’Elsässer Bote. Cette campagne est d’une importance morale très grande, car s’opposent, un an après la scission, les catholiques autonomistes aux catholiques nationaux. Sur le plan de la politique religieuse, les deux adversaires ont exactement la même position. Pfleger souligne par ailleurs qu’il défendra aussi bien  que GHaegy les droits et libertés religieuses, et ceci « non pas avec les communistes, contre l’autorité de l’évêque, comme [Haegy] le fait, mais avec l’évêque les autorités spirituelles et les autres français. » l’E.K du 11 octobre montre bien quelle est son attitude en prenant pour devise Immer gut Elsässisch.

Le 20 octobre, pourtant, il faut trois tours pour que Pfleger, pourtant en seconde position lors des précédents tours du scrutin, soit élu, grâce au report des voix socialistes sur son nom.Ce qui permet à l’UPR, de dénoncer la collusion entre l’APNA et les anticléricaux[4].

Ces élections montre une évolution nouvelle dans la vie politique de l’Alsace : en effet, l’APNA semble peu à peu équilibrer l’influence de l’UPR. Cette défaite est un coup dur pour l’UPR, mais n’est pas significative de l’état de l’opinion alsacienne, puisqu’il s’agit d’un vote de notables. Une plus grande importance est apportée aux élections de Ribeauvillé et Rouffach, que l’UPR va perdre également assez largement cette fois.

Il semble dès lors que l’autonomisme est en perte de vitesse en cette fin de 1929. Les élections de Ribeauvillé le démontrent bien puisque l’on note un recul des tendances autonomistes car l’UPR ne groupe, lors de cette élection, qu’un cinquième des électeurs inscrits… Mais plus encore, la politique du Volksfront, et la « division politique des catholiques[5] » ont attiré sur l’UPR le mécontentement de l’évêché, et il convient à présent de détailler l’attitude de Mgr Ruch.

L’évêque a condamné très tôt la politique de « front unique » et l’alliance avec les communistes. Il regrette beaucoup la scission et il songe un moment à interdire à tous les prêtres des son diocèse des activités de presse. C’est pourquoi en décembre 1928, il invite l’abbé Schies à se démettre de la direction de l’Elsässer[6] et il envisage la même mesure pour l’abbé Haegy ; son souci principal étant de ne pas rajouter à la scission politique une scission à l’intérieur de son clergé. Les milieux ecclésiastiques favorables à une politique plus active de défense des Heimatrechte réagissent par la voix de l’abbé Zemb, curé de Lichtenberg,  inspiré par Gromer[7]. Il fait circuler une lettre invitant le clergé à manifester son soutien aux curés autonomistes (dont Haegy).

De fait, Mgr Ruch est très nettement favorable à l’APNA et condamne à plusieurs reprises très fortement l’UPR et les différentes alliances que le parti a pu faire avec les communistes. Son soutien est marqué également par ses prises de positions en faveur des journaux « nationaux » de l’APNA, tel que l’Elsässer Bote ou le Messager d’Alsace, puisqu’en novembre 1930, l’évêque précise dans le Bulletin ecclésiastique qu »un catholique peut, sans commettre aucun péché, lire, porter, recommander, propager l’Elsässer Bote ou le Messager d’Alsace » et il ira même plus loin puisqu’il déclarera qu’ « un catholique peut, sans commettre aucun péché, être membre du parti catholique appelé APNA[8] ». Il s’agit ici de répondre aux attaques dont les deux journaux font l’objet de la part de nombreux curés qui en interdisent la lecture à leurs paroissiens, mais qui formulent également de violentes critiques contre l’APNA (du fait des différentes alliances conclues avec les socialistes). A contrario, l’évêque adressera une lettre confidentielle aux membres du conseil d’administration de l’Elsässer, par laquelle il « inflige un blâme au journal quotidien pour les fautes graves qu’il ne cesse de commettre contre la vérité, la justice, la charité. Ce n’est plus une feuille catholique ni chrétienne, ce n’est pas même une feuille d’honnêtes gens, mais un pamphlet de professionnels du mensonge et de la haine[9] ». Le secrétaire de l’évêque M. Douvier, prévient également que la  sanction sera rendue publique si l’Elsässer ne change pas d’attitude. L’Abbé Gromer annotera ce document, et écrira plus tard aux administrateurs du journal qu’il en est, plusieurs jours après, toujours « vert de rage ».

Il n’est pas étonnant de fait de voir que l’attitude de Mgr Ruch est fortement critiquée par une large partie de son clergé, puisqu’elle rompt avec la tradition de non-intervention dans les questions politiques. Des plaintes sont relayées jusqu’à Rome : en janvier 1929 alors que Walter et E. Muller se trouvent dans la ville pontificale, ainsi qu’en décembre puisque Schies et le chanoine Riehl remettent à des membres de la Curie un mémorandum qui critique les positions prises par l’évêque contre l’UPR[10]. Ils y déclarent qu’ils sont persuadés que protester d’un patriotisme ardent comme le préconise l’Evêque ne suffira pas à préserve l’Alsace de l’introduction des lois laïques : « nous sommes convaincus que la tactique que l’Evêque voudrait nous imposer nous mènerait à la défaite [...]. Nous sommes convaincus que notre peuple ne choisira que des représentants qui lui donnent pleinement satisfaction au point de vue de ses intérêts politiques. Si donc nous abandonnions à d’autres la défense de ces intérêts politiques, le peuple s’adresserait à d’autres, et c’en serait fait d’une majorité qui donnerait la première place aux intérêts religieux [...]. La défense politique et la défense religieuse sont si intimement liées, qu’on ne fera pas triompher l’une sans l’autre[11] [...]. Il est à craindre que dès maintenant les membres du clergé, les catholiques les plus fervents, ne voulant pas entrer en conflit ouvert avec la tactique politique de l’Evêque, ne se retirent complètement de la direction du parti. C’est dire que cette direction reviendrait à ceux qui seraient les moins disposés à se laisser conduire avant tout par le souci de l’intérêt religieux ».


[1] DREYFUS, op. cit. p. 154.

[2] DREYFUS, op. cit., p. 155

[3] STRUSS, op. cit., Anhang, p.44 ; le texte est en allemand, mais il est traduit dans Als.fse, 6 octobre 1929.

[4] E.K. du 21.10.1929.

[5] BAECHLER, op. cit., p. 439.

[6] 6519/50  Correspondance entre Julien Schies et Gromer. Le 15 décembre 1928, Schies fait allusion à une lettre de l’évêque qui lui interdit de poursuivre ses activités.

[7] 6519/62  Correspondance de l’abbé Joseph Zemb à Gromer. 1929-1935. En janvier, Gromer lui donne quelques conseils sur ce qu’il faut mettre en avant pour contrer l’évêque.

[8] BES du 15/11/1930.

[9] 6521/7  Blâme infligé par Mgr Ruch à l’Alsacien. 8.11.1930. Copie. Annoté rageusement par Gromer en plusieurs endroits.

[10] Cf. BAECHLER, op. cit., p. 441. « Le clergé, la population catholique d’Alsace, sont complètement désorientés par cette attitude contradictoire d’un chef ecclésiastique qui prétend ne point faire incursion dans un domaine qui lui est, de son propre avis, singulièrement étranger. Au point de vue religieux l’autorité épiscopale se trouve fortement ébranlée, la foi de nos plus fervents catholique est désemparée. Nous allons à une catastrophe. »

[11] L’abbé Gromer ne disait-il pas la même chose, presque mots pour mots, dans l’Opinion ?

Le Volksfront (4) Scission de l’UPR

Dans le Bas-Rhin, ces élections sont un relatif échec pour l’UPR, puisque le parti perd deux sièges au profit de Hauss et Reisacher, dans les cantons de Seltz et de Barr, mais dans le Haut-Rhin le parti gagne à sa cause trois nouveaux sièges[1]. Ces élections cantonales inquiètent la presse nationale, ainsi le journal La Victoire[2] titre « L’Alsace s’éloigne » et souligne la force de l’UPR, même sans l’apport des démocrates et s’inquiète de l’orientation du parti : « L’UPR est désormais réorganisée sur une base nettement régionaliste-autonomiste et ne comporte plus qu’un proportion extrêmement faible d’éléments gouvernementaux ». Pour le journal, l’idée française vient de subir un nouveau recul, auquel s’ajoute « le grand recul antérieur [...] auquel personne ne semble plus songer » et en appelle à la venue en Alsace d’un homme « investi d’un mandat de longue durée, et ayant, de Strasbourg, autorité directe sur les divers services des ministères parisiens chargés des affaires de l’Alsace ».

Car, en effet, ce qui ressort de cette élection, c’est le profond fossé qui s’est creusé entre l’aile droite et l’aile gauche du parti. Elles se sont à peu près partout affrontées avec virulence, et l’affrontement ne cesse guère une fois les élections passées. En effet, lors de la session des conseils généraux, les conseillers UPR de l’aile gauche se joignent aux autonomistes pour proposer aux deux assemblées de formuler des vœux de nature politique et très revendicatifs : annulation des sanctions, amnistie totale pour les condamnés de Colmar, et réformes administratives régionales[3]. Si dans le Haut-Rhin, un compromis fut trouvé, dans le Bas-Rhin, les deux ailes s’opposent sur tout : aussi bien sur la question préalable posée par le préfet, que sur l’élection des membres de la commission. En effet, sur ce dernier point l’aile gauche proposait que les membres soient élus en fonction de la représentation proportionnelle, ce que l’aile droite refuse puisque cela assurerait une représentation aux autonomistes. Cette session sera ainsi le moment où toutes les rancoeurs se cristallisent, la situation « apparaît mûre pour la scission »[4].

Ainsi, à partir de l’assemblée générale de l’UPR du 11 juillet 1928[5], le parti se réoriente dans le sens d’une politique plus strictement alsacienne ; l’aile gauche domine véritablement, à partir de ce moment. Les manifestations de front commun qui ont lieu les mois suivants vont accentuer l’écart qui se creuse avec la tendance « nationaliste » du parti, et qui débouche sur un affrontement brutal lors des cantonales de 1928. De fait, il est impossible à l’aile droite d’accepter l’emprise de l’aile autonomiste sur la direction du parti. Michel Walter, depuis les élections législatives, ne joue plus le rôle de médiateur qui était le sien durant plusieurs années ; il est à présent clairement du côté des régionalistes. Leur emprise se remarque à nouveau  rapidement, quand il s’agit de trouver un successeur au Sénat à Lazare Weiller, décédé en août. Le comte d’Andlau sera ainsi choisi car il a souscrit à toutes les exigences de l’aile gauche : Keppi, Gromer et Walter lui ont fait signer une déclaration extrêmement proche des positions autonomistes.[6]

La scission deviendra officielle le 3 novembre 1928, lors d’une réunion du comité directeur au cours de laquelle les membres de l’aile droite[7] vont demander « l’éviction des membres qui ont manqué gravement à la discipline du parti », à savoir ceux qui ont soutenu des candidats différents de ceux qui avaient été choisi par les sections locales. Sont donc ici visés essentiellement Rossé et Walter. Mais la résolution va plus loin et demande que le parti « repousse toute entente et alliance avec les partis autonomistes et communistes » et dresse « un désaveu public de leurs principes contraires à notre programme ». Il s’agit bel et bien ici d’un véritable ultimatum que l’aile droite adresse à la majorité régionaliste. L’argument du non respect des consignes des sections locales ne tient pas vraiment la route : Gromer n’était-il pas investi par la section locale ? Pourquoi dès lors Kleinclaus s’est il présenté contre lui ? De même, des accords ont certes été trouvés avec les autonomistes, mais avec les communistes ? Les arguments manquent de poids. De fait, il s’agit plus ici de tenter un dernier coup de force : il leur faut à tout prix rétablir l’équilibre entre les deux tendances, par exemple en insistant sur l’incompatibilité entre UPR et communistes, ce qui permet à l’aile droite de rappeler au bon souvenir des électeurs catholiques les recommandations de l’évêque de Strasbourg. Les deux ailes n’arriveront pas à trouver de compromis. La scission est effective.

Par après, le 11 novembre 1928, les leaders de l’aile droite[8] vont adresser une lettre circulaire à l’ensemble des délégués de l’UPR  « afin de leur expliquer leur attitude du 3 novembre », dans laquelle ils désirent « réorganiser le parti sur des bases nouvelles »[9]. Le 17décembre, le nom définitif d’Action Populaire Nationale d’Alsace (APNA) est donné au nouveau parti qui se veut l’héritier du programme de l’UPR de 1919[10].

M. Baechler se demande d’ailleurs dans quelle mesure cette scission n’a pas été voulue par le gouvernement, puisque ce dernier apporte au nouveau parti un soutien financier pour la création d’un nouveau quotidien, l’Elsässer Bote qui a pour but de concurrencer et de contrebalancer l’influence de l’Elsässer et de l’Elsässer Kurier, dirigés tous deux par les membres de l’aile gauche. « Pour le gouvernement, il s’agissait sans doute de crever l’abcès, d’affaiblir l’UPR et d’ouvrir la voie à un regroupement des forces conservatrices nationales en Alsace[11] ». Mais le nouveau parti reçoit également un soutien de poids : celui de Mgr Ruch, qui dans l’Elsässer Bote du 25 décembre 1928 apporte sa caution morale au journal et au nouveau parti. Le succès du quotidien sera par ailleurs de prime abord très important, puisque par exemple dans le Bas Rhin, son tirage dépassera celui de l’Elsässer.

Le programme de l’APNA est publié tardivement, le 19 septembre 1929 dans l’Elsässer Bote. Dès la première phrase, l’APNA se définit comme « un parti politique national qui veut servir la France. En le faisant, elle est en même temps assurée de servir au mieux le bien de l’Alsace ». Si elle préconise comme l’UPR un renforcement du pouvoir exécutif et un mode de scrutin à la proportionnelle intégrale, son programme est nettement en retrait par rapport à celui de l’UPR sur le plan régional. La reprise du programme de 1919 est nette sur les questions religieuses et scolaires.

Somme toute, c’est un programme bien timoré si on le compare à celui de l’UPR de 1928 : moins axé sur les classes populaires, l’APNA apparaît ainsi comme un parti conservateur qui représente surtout les notables, et cherche à mettre en avant des préoccupations nationales.

Durant plusieurs mois, l’UPR et l’APNA se livrent à une véritable lutte d’influence au niveau des différentes sections locales de l’UPR. L’APNA remporte un certain succès durant le premier mois, prouvant qu’elle était mieux préparée que sa rivale : les comités cantonaux de Seltz et Saverne déclarent ainsi adhérer au nouveau parti, et près de la moitié des délégués cantonaux de l’UPR le rejoignent également[12]. Mais, après un certain temps d’hésitation, le Comité directeur réagit enfin en multipliant les assemblées générales dans les cantons et les communes où l’APNA semble forte : l’abbé Gromer et Michel Walter vont ainsi être les orateurs lors de multiples réunions, qui auront pour effet de ramener la discipline dans le parti et de consacrer l’échec du nouveau parti : aucune section locale ou cantonale ne choisira, après ces discours, l’APNA.

A Haguenau, les conséquences de cette scission ne sont guère mesurables, mais le peu de remous qu’elle va créer est symptomatique du peu de perte d’adhérents que l’UPR va connaître. On peut dès lors dire que la section locale de Haguenau est bien tenue par Gromer et Keppi, et aucune personnalité importante de la ville n’a rejoint les rangs de l’APNA.

Ainsi, les erreurs successives du gouvernement français, le durcissement de son action face à l’autonomisme, qui se dévoile avec l’interdiction de la presse autonomiste, l’arrestation le procès puis la condamnation de quelques dirigeants autonomistes, sans pour autant apporter de preuve signifiante de leur culpabilité, tout cela provoque une grave crise dans l’opinion alsacienne, que les dirigeants autonomistes, tel Gromer, vont réussir à imposer la tactique du front alsacien. Michel Walter porte caution à ce programme, dans le seul but de s’assurer sa réélection à la chambre. Il semble dès lors aux dirigeants de l’UPR, comme l’abbé Haegy, que l’UPR se doit de se concentrer sur des thèmes plus fortement régionaliste, sous peine de se voir déborder par les autonomistes de la Landespartei. Dès lors il n’y a plus aucun obstacle à la prise en main du parti par l’aile régionaliste, et la scission devient inévitable. Curieusement, elle sera le fait de l’aile droite : celle-ci, assurée du soutien gouvernemental pour monter un groupe de presse, et confortée par l’adhésion d’une forte frange des cadres de l’UPR, va créer l’APNA, et essayer de faire entendre un programme politique catholique « national ».


[1] Ceux de Guebwiller, Huningue et Habsheim

[2] La Victoire du 3 novembre 1928.

[3] Cf les Procès verbaux des Conseils généraux, session d’octobre 1928

[4] Baechler Christian, op. cit., p. 413

[5] Unterländer n°223-264/1929

[6] E.K du 3.10.1928

[7] M. Weydmann lit dès l’ouverture de la séance une résolution rédigée par les membres de l’aile droite : de Leusse, Oberkirch, Weydmann, Kleitz, l’abbé Hincky…

[8] Pfleger, Oberkirch, Weydmann

[9] AN F7 n°13390, rapport Bauer du 22.11.1928 avec copie de la circulaire en annexe.

[10] Cf Annexes

[11] BAECHLER, op. cit. p 415à 417.

[12] ADBR D 286, p.349, rapport Borromée du 21.11.1928 ; M. Baechler analyse très finement la situation p. 419 op. cit.

Le Volksfront (4) Elections cantonales de 1928

L’absence de l’aile droite à l’assemblée générale du 1er juillet 1928, puis son exclusion de la direction du parti en septembre, sont les signes avant-coureurs de la scission qui se concrétise lors des élections cantonales d’octobre. Monseigneur Ruch cherche pourtant à ce que le parti conserve son unité en affirmant la priorité des questions religieuses. Déjà en novembre 1926, il avait condamné la Zukunft et dénoncé « l’alliance contre nature des catholiques avec les  communistes et le parti du progrès ». Mais, le 2 septembre 1928, il va plus loin et fait lire dans toutes les paroisses une lettre pastorale sur « l’amour du prochain », dans laquelle il s’élève contre la tentatives des « sectaires » pour faire croire que les catholiques alsaciens n’aiment pas la France et rappelle aussi qu’aucun catholique ne peut donner sa voix aux ennemis de l’Eglise. Il rappelle également à l’ordre les prêtres, dont le devoir est de favoriser l’unité des catholiques et désavoue l’alliance entre l’autonomisme et la défense de l’Eglise qui « prive l’Alsace catholique d’alliances possibles et utiles » et risque de « coaliser contre elle le plus grand nombre des Français. »

Les élections cantonales sont les premières élections d’envergure après le procès de Colmar. Elles vont donner une cinglante réponse à l’appel de l’évêque et à la politique gouvernementale.

L’Unterländer insiste dès le lancement de la campagne sur l’importance politique de ces élections et déclare que c’est un acte de « patriotisme régional » que d’envoyer à Strasbourg des hommes qui défendront les Heimatrechte[1]. Le journal insiste de même sur le fait que vu l’importance du budget du Conseil général, il ne faut pas le remettre entre les mains de n’importe qui (entendons autres que celles de l’UPR).

Les autonomistes présentent ainsi 20 candidats sur les 32 mandats, et clament qu’il faut faire de ces élections des élections de protestation. La situation pour l’UPR est très confuse. Pour la première fois depuis 1919, elle part seule dans cette bataille électorale. De plus, l’aile gauche du parti soutient des candidats autonomistes dans plusieurs cantons : Gromer et Keppi soutiendront un candidat UPR dissident à Soultz au premier tour, puis un autonomiste au second tour, alors que la section locale avait apporté son soutien au candidat démocrate sortant.

Enfin, la confusion atteint son comble avec la désignation des candidats. Ainsi dans le Bas-Rhin, certains actes d’indiscipline présupposent déjà la scission future : à Bischwiller, on oppose à Michel Walter un catholique national sous l’étiquette démocrate, à Barr deux candidats membres de l’UPR s’opposent, et à Haguenau, Kleinclaus, membre du comité directeur du parti, s’oppose à l’abbé Gromer, lui-même également membre du comité…

Pourtant à Haguenau, c’est bien Gromer qui fut investit de la candidature, lors d’une réunion des délégués de canton de l’UPR[2]. Il mène, accompagné souvent de Michel Walter[3], une campagne assez calme qui consiste en des réunions de quartier ou de village, au cours desquelles il expose le travail qu’il a accompli pendant les neuf années de son mandat précédent[4] ; tout en prenant bien garde à ne pas trop aborder les sujets politiques. Il est d’ailleurs assez curieux qu’il n’aborde quasiment jamais la politique du Volksfront qui lui est si chère. En réalité, il semblerait qu’il ait tenté d’empêcher la candidature de Kleinclaus par ses discours peu virulents.

Cette candidature « surprise » d’un autre membre de l’UPR est tenue secrète pendant un certain temps : l’Unterländer par exemple n’en fera mention qu’à la veille du premier tour, et encore sans aucune mention de son appartenance politique. Le journal, bien tenu par des rédacteurs favorables à la politique prônée par l’abbé Gromer, a ainsi cherché à rendre cette candidature aussi secrète que possible. En retour, l’abbé Gromer aura droit à bien des invectives de la part de son adversaire, notamment lors des réunions que ce dernier organisa[5].

Les résultats seront sans appel[6] :

Inscrits Votes exprimés Votes valables Gromer Kleinklaus
Total 6923 4129 4030 3041 989

Gromer est ainsi élu avec plus de 75% des voix pour l’ensemble du canton et plus de 70% pour la ville de Haguenau (avec des pointes de plus de 80% à Marienthal, Hardhouse Wintershouse…). Il réalise ainsi le meilleur score de toute l’Alsace.

Faut il y voir un plébiscite en faveur de sa politique et de ses visées régionalistes ? Ou un hommage rendu à l’abbé pour son travail acharné pour le canton ? De fait, il jouissait d’une bien plus grande notoriété que Kleinclaus, et il est certain que sa position de candidat sortant a été un avantage. Mais cette candidature de Kleinclaus permet de constater toutefois que la population du canton de Haguenau a fait à cet instant le choix de renouveler sa confiance en un homme toujours très présent et qui n’a eu de cesse de promouvoir une politique régionaliste. Les catholiques ont ainsi voté en masse pour lui, alors même qu’un autre candidat de l’UPR se présentait, et prônait une ligne plus « nationale ». Haguenau reste ainsi bel et bien une ville marquée par les idées régionalistes.


[1] Unterländer n° 235-236/1928

[2] Unterländer n° 229/ 1928

[3] 6519/59  Correspondance politique entre Michel Walter et Gromer. 1926-1934

[4] Unterländer n° 234 / 1928

[5] 6520     Dossier de Gromer sur les élections à Haguenau : tracts, coupures de presse, notes personnelles… 1902-1953.

[6] Unterländern° 241/ 1928 voir également en Annexe