Haguenau, 1932

A Haguenau, la section cantonale de l’UPR a été réorganisée à la fin de l’année 1929[1]. A partir de cet instant, il apparaît que les réunions se font de plus en plus fréquentes, preuve d’un regain d’activité. Gromer et Walter y font ainsi de fréquentes allocutions et se font régulièrement renouveler la confiance, lors de votes sur diverses résolutions prises[2]. Ils travaillent donc très souvent de concert ; Walter prie en effet très souvent Gromer de préparer avec lui les réunions puis de l’accompagner.

Ainsi, le 20 mars 1932, lors de la réunion des délégués de la circonscription, l’abbé Gromer propose Michel Walter comme candidat de l’UPR, et celui-ci est désigné à l’unanimité[3]. On voit bien la différence avec les précédentes élections législatives, où Gromer et Walter s’opposaient ! Walter a pourtant tenu en grande partie ses promesses, et il a à plusieurs reprises soutenu le Volksfront ; dès lors, du fait de cet accord, aucun candidat autonomiste ne se présente dans la circonscription.

La campagne est très intense : de nombreuses réunions sont organisées dans tous les villages de la circonscription, et l’abbé Gromer sera en maintes occasions aux côtés du candidat. Celui-ci y développe plus particulièrement le thème de la défense religieuse et reproche notamment à l’APNA de faire passer l’intérêt national avant l’intérêt religieux : si la critique est connue, elle fait très forte impression dans les petits villages. Il détaille également quels sont les moyens mis en pratique par l’UPR pour défendre la politique du Volksfront ainsi que ses propositions pour sortir le canton des divers problèmes économiques[4], les environs de Haguenau étant particulièrement touchés par la crise du bois et du houblon.

Il y développe également les thèmes de la lutte contre les partis de gauche en leur reprochant, bien entendu, leur anticléricalisme, mais il prend bien soin de développer sa volonté de défendre les revendications sociales des ouvriers.

Michel Walter a cinq concurrents. La candidature de Léon Ginter, déjà candidat aux municipales, sous l’étiquette APNA-démocrates, n’est pas surprenante. L’UPR lui reproche cependant d’avoir joué un rôle important lors de la dissolution de 1928, puisqu’il l’appelait de ses vœux, et le présente à ce titre comme un adversaire de la défense des droits religieux[5]. Les autres candidatures sont celles de Möhn pour le parti communiste, de Hincker pour les socialistes, tous deux déjà présents lors des élections précédentes, de Doriath pour le parti communiste alsacien et enfin Wurch comme candidat indépendant. Il est à noter que l’Elz fait campagne pour Doriath, ce qui soulève le mécontentement de la section UPR de Haguenau, et l’abbé Gromer ne manquera pas de souligner sa désapprobation. Mais cette candidature de Doriath ne peut en aucun cas être comparée à celle de Hauss : le candidat communiste n’a que très peu de soutien dans la ville et il n’est pas aussi connu.

A l’issue du premier tour, Walter possède une solide avance, avec environ 46% des voix. Ginter arrive en seconde position avec près de 20%, ce qui prouve que l’APNA n’est pas en reste dans cette circonscription pourtant bien tenue par l’UPR, même si elle n’est pas en mesure d’inquiéter Walter. Les autres candidats ont en deçà des 15% (SFIO : 13.6%, PC : 12.3%, PCAL : 4.9%, Indépendants : 2.9%)

Aucun candidat ne se désiste pour le second tour, et c’est donc fort logiquement que Walter est élu, avec d’ailleurs 700 voix de plus qu’en 1928. Aussi, malgré une abstention en hausse (2500 votants en moins), Walter, entre les deux tours, améliore son score de 1200 voix, tandis que celui de l’APNA s’effondre. On peut dès lors se demander si Walter n’a pas bénéficié du report des voix de l’APNA, sans avoir pourtant passé d’accord. Il est par ailleurs très intéressant de constater que la présence d’un concurrent catholique national a moins de conséquence que celle d’un concurrent autonomiste d’importance, bénéficiant de soutiens. En 1928, Walter n’avait obtenu que 40 % des suffrages au premier tour et 58 au second, alors qu’en 1932, il obtient respectivement 46 et 63%. Le choix de s’entendre avec les personnalités autonomisantes de la ville, comme Gromer, porte donc ces fruits ; les partis autonomistes n’ont, dans la ville, aucune influence  sans l’aide de ce dernier et de Keppi.

Au total, grâce à sa meilleure implantation, l’UPR a réussi à contenir les assauts des catholiques nationaux. Cependant, il s’affirme de plus en plus comme un parti essentiellement rural. Dans les régions urbaines et industrielles autour de Mulhouse ou Strasbourg, l’UPR n’a qu’une influence très faible. Les bons résultats de l’UPR se rencontrent dans les régions rurales traditionnelles, où une population croyante suit le clergé, et dans les villes faiblement  industrialisées. L’APNA, quant à elle, n’a pas réussi à développer son influence. Les succès qu’elle remporte sont surtout « liés au poids personnel de ses candidats et à leur influence »[6]. Par ailleurs, à la lecture de ces résultats, on se rend compte que l’autonomisme est un phénomène essentiellement bas-rhinois. Dans ce département, les autonomistes font campagne à « visage découvert », et ils présentent cinq candidats sur les neuf circonscriptions: à Saverne (Dahlet), Sélestat (Hauss), Strasbourg-campagne (Roos), Strasbourg I (Schall) et Wissembourg (Heil). Et les résultats montrent qu’ils sont relativement bien implantés dans les arrondissements de Sélestat, Wissembourg et Strasbourg-campagne. Pour M. Dreyfus, l’autonomisme apparaît comme très lié à la pratique de la langue allemande, puisqu’il constate que c’est dans les régions où l’on parle le moins français que les autonomistes ont réalisé leurs meilleurs scores[7]. Mais il constate également que l’influence des autonomistes a été encore plus forte dans les cantons protestants, et ceci très certainement en raison du « poids culturel que représente l’allemand dans ces régions luthériennes ».

Ces élections nous montrent par ailleurs que les Alsaciens ne sont pas prêts, en 1932, à accepter le laïcisme : en effet, les partis anticléricaux ont été mis en échec un peu partout. De plus, en votant majoritairement pour l’UPR, l’Alsace a prouvé son attachement à son statut particulier sur les plans religieux, administratif et linguistique. Mais ce succès du parti catholique met également en lumière le désir de la population de rester dans le cadre de la France. L’autonomisme, le séparatisme, essuient des revers cinglants: le fait que ni Roos, ni Hauss ne soient arrivés à se faire élire marque l’échec de leur politique.


[1] Unterländer, n°223-246-253-271/ 1929

[2] Unterländer n° 223-264/ 1929.

[3] Idem n°68/1932

[4] Idem n° 96-101/ 1932

[5] Idem n°92-95/ 1932

[6] DREYFUS, op. cit., p. 186.

[7] Idem, p. 193.

Les élections législatives de 1932 en Alsace: entre confrontation et confusion

  1. Les résultats des élections

La campagne de l’UPR se fait essentiellement sur le thème de la défense des intérêts du peuple alsacien face à la crise économique et de la défense de la paix[1]. L’APNA, quant à elle, a beau jeu d’insister sur le danger du mouvement hitlérien et, rappelant les tensions qui ont lieu à l’Université par exemple, met en avant la nécessité de clarifier la situation politique en Alsace, en condamnant l’autonomisme et les alliances passées par l’UPR avec autonomistes et communistes[2].  Il convient à présent de revenir sur les résultats du 1er mai.

Ils sont donnés par le tableau suivant[3] :

Circonscription Votants Dém. APNA UPR Radic. SFIO PCF. Auton. PCal
Bas-Rhin
Erstein 16124 3663 7660 2067 1382 1352
Haguenau 16570 3246 7711 2253 2057 811
Molsheim 15351 1770 10861 (élu) 1390 1330
Saverne 21569 7500 679 991 8117 (Progr.) 554
Sélestat 14756 7564 (élu) 545 918 5109 620
Strasbourg I 18877 4296 1307 820 5876 1035 2784 2759
Strasbourg II 12525 1729 3942 710 5522
Strasbourg-Campagne 23110 8033 2652 2790 3540 5379
Wissembourg 11732 2919 4397 2091 224 1712
Haut-Rhin
Altkirch 12772 3970 7579 (élu) 1221
Colmar 21029 2518 8894 3069 3632 1850 750
Guebwiller 17249 3786 5417 4628 745
Mulhouse 23444 7037 4754 442 8159 2937
Mulhouse-campagne 21049 2487 9582 6045 2290
Ribeauvillé 15537 4680 2892 2501 2483 172
Thann 17255 1611 8622 (élu) 2932 1317

Soit les pourcentages suivants : (en % par rapport aux exprimés)

Bas-Rhin

1928              1932              Différence

Haut-Rhin

1928            1932             Différence

Démocrates 16.1 13.4 - 2.7 13.5 10.0 -3.5
APNA 11.8 +11.8 10.2 +10.2
UPR 25.0 21.6 -3.4 40.4 39.4 -1
Radicaux 3.9 1.7 -2.2 3.7 2.9 -0.8
SFIO 18.9 14.9 -4 18.9 24.1 +5.2
PCF 20.1 8.2 -11.9 13.3 7..8 -5.5
PCAL 8.3 +8.3 0.6 +0.6
Autonomistes 7.5 10.1 +2.6 7.5 -7.5
Progressistes 4.0 5.5 +1.5
Divers 4.5 4.4 +0.1 3.3 4.8 +1.5

Ainsi, au premier tour, il n’y a que quatre élus : Meck à Molsheim, Oberkirch qui bat facilement l’autonomiste Hauss à Sélestat, et dans le Haut-Rhin, les deux UPR autonomisants, Stürmel (Altkirch) et Brom à Thann. L’UPR maintient ses positions, malgré la scission de 1928, puisque le parti obtient 21.6% des suffrages exprimés dans le Bas-Rhin, et 39.4% dans le Haut-Rhin, soit une baisse très faible par rapport à 1928. Ce premier tour est toutefois un échec pour l’APNA, qui ne dépasse pas les 12 % dans le Bas-Rhin. On ne peut manquer de remarquer, toutefois, que la part des voix nationales (APNA, Démocrates, radicaux, SFIO) progresse dans les deux départements, plus sensiblement dans le Haut-Rhin (+ 11.1%). La gauche connaît ceci dit un recul sévère, tandis que les autonomistes maintiennent bien leurs positions.

La préparation du second tour s’engage sur ces éléments et des représentants de l’UPR, de l’APNA et des démocrates se rencontrent le 4 mai à Strasbourg, pour définir une politique commune dans le Bas-Rhin, dans le but de s’opposer au Cartel. Plusieurs décisions seront prises : à Strasbourg I, le candidat UPR est retiré au profit des démocrates, alors que l’autonomiste Schall est maintenu pour le second tour. De la même manière, on soutiendra Wolff contre Dahlet à Saverne et l’UPR soutiendra également Frey qui se présente contre Roos. On ne peut manquer de constater que les liens avec le Volksfront se relâche quelque peu. Cependant, à Saverne, malgré l’accord, l’UPR soutient Dahlet jusqu’à la veille du scrutin et ne transmet le mot d’ordre de voter pour le démocrate Wolff qu’au tout dernier moment ; à Haguenau, aussi, l’APNA maintient sa candidature contre Walter, nous y reviendrons. La situation reste donc relativement confuse. Dans le Haut-Rhin, enfin, on voit apparaître une candidature nouvelle à Ribeauvillé, fruit de l’alliance entre l’UPR et l’APNA, qui désirent contrecarrer la candidature de l’industriel Burrus.

Le second tour délivre les résultats suivants :

Circonscription Votants Dém. APNA UPR Radic. SFIO PCF. Auton. PCAL /Divers
Bas-Rhin
Erstein 12256 101 9249 575 1847 484
Haguenau 14040 1102 8959 299 3401 227
Saverne 20695 8815 307 11516 (progr.) 554
Strasbourg I 20589 6189 8382 1177 4839
Strasbourg II 13643 6192 494 6575
Strasbourg-Campagne 24425 11730 3958 6708 + divers 2029
Wissembourg 12386 116 6843 4243 99 1061
Haut-Rhin
Colmar 22093 11156 8869 1626
Guebwiller 14188 7505 6372 288
Mulhouse 24521 12367 10436 1717
Mulhouse-campagne 21464 11807 8131 1384
Ribeauvillé 11716 4032 Burrus, élu 7593.

Ce qui nous donne la répartition en sièges suivante :

Bas-Rhin

1928              1932              Différence

Haut-Rhin

1928            1932             Différence

Démocrates 1 1 = 0 1 +1
APNA 2 1 -1 1 0 -1
UPR 3 4 +1 5 5 =
SFIO 1 1 = 1 0 -1
PCAL 1 1 =
Progressistes 1 1 =
Indépendant 0 1 +1

En définitive sont élus dans le Bas-Rhin trois UPR, à Erstein (Seltz), Haguenau (Walter) et Wissembourg (Elsaesser qui bat l’APNA Weydmann), un socialiste à Strasbourg I (Georges Weill), un démocrate à Strasbourg campagne (Frey), un progressiste autonomisant à Saverne (Dahlet) et un communiste autonomiste à Strasbourg II (Mourer). Dans le Haut-Rhin, l’UPR conserve ses cinq sièges, alors que le candidat APNA Grumbach est défait à Mulhouse par le candidat démocrate Wallach. Le grand vainqueur de ces élections est l’UPR, qui confirme sa prédominance dans les deux départements : elle conserve ses cinq sièges dans le Haut-Rhin, et en gagne un dans le Bas-Rhin. L’APNA, dont la volonté était de promouvoir une politique catholique-nationale et de faire contrepoids à l’UPR, n’est pas arrivée à ses fins. Avec moins de 12 % des voix dans le Bas-Rhin, elle ne fait reculer l’UPR que de 3,4% des suffrages. Elle n’arrive pas à s’imposer contre les « poids lourds » de l’UPR ; au final, seul Oberkirch est élu. L’APNA peine à ainsi percer dans de nombreuses circonscriptions, l’exemple le plus intéressant pour notre étude étant celui de Haguenau.

Justement, dans le fief de l’aile autonomisante de l’UPR, ville de Gromer et Keppi, où se présente Walter, comment ces élections se sont elles déroulées ?


[1] E.K. du 29 avril 1932.

[2] E.B. du 30 avril 1932.

[3] Voir DREYFUS, op. cit., p. 181.

Le parlement européen restera-t-il à Strasbourg?

Long débat, qui rebondit assez souvent: le parlement européen doit-il rester à Strasbourg?Il faut dire que tout ceci est complexe: le siège officiel est à Strasbourg  et sert aux réunions plénières ; ses commissions, ainsi que certaines séances plénières additionnelles se tiennent à l’Espace Léopold à Bruxelles; son secrétariat général est installé à Luxembourg. Le plus gros du travail communautaire se fait à Bruxelles, et une fois par mois, pour trois jour et demi, les députés vont à Strasbourg.

Le parlement à Strasbourg après avoir été le symbole de la réconciliation, devient peu à peu symbole du gaspillage…: le coût élevé qui résulte de cette localisation (plus de 200 millions d’euros: frais de transport des députés, dossiers, collaborateurs…) pour seulement quelques journées de présence, est-ce la peine?

Article de la Tribune, qui a relancé la discution en France (effet boule de neige, tous les journaux en ont parlé aujourd’hui):

A l’approche des élections européennes du 7 juin, la “guerre du siège” du parlement européen a repris de plus belle. Vieux serpent des mers communautaires, l’abandon de Strasbourg a une nouvelle fois refait surface, alimentant pétitions et crispations. Le mois dernier, les eurodéputés ont adopté un rapport prenant acte du fait que “la pétition sur le siège unique [...] n’a pas encore été entièrement traitée”. Cette pétition pro-Bruxelles sur Internet a obtenu plus de 1,2 million de signatures, contre à peine 4.500 pour une autre pro-Strasbourg. Les députés se sont entendus pour que la question soit abordée “en priorité lors de la prochaine législature”. Il y a deux semaines, le Bundestag allemand a débattu des résolutions visant à supprimer le siège strasbourgeois.

Le symbole du gaspillage

“Hier, Strasbourg était le symbole de la réconciliation franco-allemande. Aujourd’hui, c’est plutôt le symbole du gaspillage, explique l’eurodéputé libéral Alexander Alvaro. Mais demain, si la France faisait une concession, cela deviendrait le symbole du rapprochement entre l’Europe et le peuple.” Ce parlementaire allemand est à la tête d’un groupe d’eurodéputés militant pour un siège unique bruxellois. Fin 2008, il a soumis une déclaration écrite en faveur de Bruxelles à la signature de tous ses collègues. Le texte n’a obtenu le soutien que de 36% de l’hémicycle, alors qu’il faut la majorité pour que l’institution s’en saisisse. Parmi ses plus fidèles appuis : les Néerlandais, les Irlandais, les Britanniques, les Belges ainsi que les députés des pays scandinaves et baltes.

La meilleure défense restant l’attaque, les maires de Strasbourg et de Kehl ont adressé conjointement à la chancelière, Angela Merkel, une lettre expliquant que la présence à Strasbourg du “pouvoir législatif européen à temps plein marquerait la volonté de fonder une Union européenne originale, moderne et polycentrique”.

Isolés au sein de l’Union européenne, les Français se sont longtemps arc-boutés sur les textes officiels qui garantissent la pérennité du statut européen de la capitale alsacienne. Mais ils sont les seuls à appeler le parlement européen “parlement de Strasbourg”. Et leur posture est de moins en moins tenable, étant donné les inconvénients en termes de coûts et d’efficacité qu’engendre une institution européenne écartelée entre deux capitales : même parmi les eurodéputés français les plus réfractaires à toute remise en cause du siège strasbourgeois, certains se disent dorénavant prêts à discuter.

“On pourrait accepter d’en débattre, mais pas avant les européennes”, confie l’un d’eux. L’émergence d’une possible contrepartie de taille pourrait faire bouger les lignes. “Strasbourg pourrait devenir à terme la capitale de l’Europe de la défense”, murmure-t-on en coulisse.

C’est la première fois qu’est présentée une alternative à la hauteur du symbole et du prestige du parlement européen, ainsi que du volume d’affaires qu’il génère à Strasbourg. Aucune des compensations évoquées jusqu’ici, comme le siège de l’Institut technologique européen, une grande université européenne ou, il y a quelques semaines encore, l’idée d’un musée de l’Europe, n’avait semblé faire le poids.

Un flux d’affaires stable

Aux yeux des eurodéputés français, lâcher du lest publiquement sur Strasbourg a longtemps été considéré comme un “suicide politique”.

Mais la perspective d’un troc pour accueillir le siège de l’Europe de la défense change la donne. L’installation d’un véritable quartier général européen offrirait à la ville de Strasbourg un flux d’affaires plus stable que les courtes sessions mensuelles du Parlement. Sans compter que ce “QG” donnerait une impulsion déterminante à la concrétisation de l’Europe de la défense, un projet cher à la France.”

La présence du Parlement à Strasbourg reste vitale économiquement pour la ville, représentant près de 10% de ces revenus. Mais de nombreuses objections ont vu le jour dernièrement: ainsi les Verts avec Daniel-cohn-Bendit, ou encore Michel Rocard, qui pestait contre les strasbourgeois qui n’auraient pas saisi les perches tendues par les administrations européennes. A Strasbourg, on contre-attaque, par le biais du président de la Communauté urbaine, Jacques Bigot, en proposant que Strasbourg devienne le seul siège du parlement…

Il reste toutefois plus probable qu’avec la prochaine présidence européenne de la Suède, dont Cecilia Malmström, ministre des affaires européennes, est à l’instigation de la fameuse pétition dont l’article de la Tribune parle, le vent souffle en faveur de Bruxelles…

Sommet de l’OTAN à Strasbourg: pas de contestation, s’il vous plaît… Décrochez les No to NATO

Lors de la manifestation de jeudi, et de plus en plus dans les rues de Strasbourg, de petits stands des anti-otan mettent en vente des drapeaux “arc-en-ciel” destinés à marquer l’opposition à la tenue du sommet de l’OTAN dans la ville. Ils connaissent d’ailleurs un certain succès.

Ces drapeaux commençaient d’ailleurs à fleurir dans certains coins de la ville, à tel point que la police, selon le Nouvel observateur(en ligne), est intervenue.

“La police a demandé à plusieurs Strasbourgeois de retirer de leurs fenêtres ou balcons le drapeau de la paix aux couleurs arc-en-ciel avec la mention “No to Nato” (Non à l’Otan), à quelques jours du sommet de l’Otan qui se tiendra les 3 et 4 avril prochain, a-t-on appris samedi 21 mars.
“Des policiers sont venus en début de semaine chez moi, en expliquant qu’ils avaient reçu l’ordre de demander aux gens d’enlever ces drapeaux”, a expliqué Christian Grosse, membre du secrétariat de la Fédération du parti communiste du Bas-Rhin. “C’est mon fils qui les a reçus. Ils lui ont dit : ’soit vous le retirez, soit on le retire’”, a-t-il poursuivi, précisant que le jeune homme avait alors obtempéré. “Mais j’ai raccroché le drapeau dès le lendemain”.

Christian Grosse n’est pas un cas isolé: “Nous avons eu connaissance de plusieurs autres personnes qui ont reçu la visite de la police à cause de leur drapeau”, a-t-il souligné. La préfecture se refusait samedi à tout commentaire à ce propos. La coordination anti-Otan de Strasbourg a distribué quelque 400 drapeaux arc-en-ciel semblables à ceux qui avaient fleuri en Europe à l’occasion de la guerre en Irak en 2003, portant les mentions “Pace” (Paix) et “No to Nato”.
“A l’époque de l’Irak, il n’y avait eu aucun problème avec ces drapeaux”, relève Christian Grosse. Mais ces nouvelles mesures s’inscrivent “dans un contexte plus général où les autorités cherchent à mettre des bâtons dans les roues des organisateurs du “contre-sommet” de l’Otan”, a-t-il estimé.

Dans une lettre au préfet, au directeur adjoint de la police nationale ainsi qu’au maire de la ville de Strasbourg Roland Ries (PS) et à son premier adjoint, le PCF a demandé à ce que ces intimidations cessent, a précisé Christian Grosse qui y voit “un problème de démocratie”.

Ben oui, il fallait s’y attendre: qui dit OTAN dit contestation. Maintenant, il y a des choses rigolotes qui se préparent: à certaines heures, les gens du centre (zone rouge) ne pourront pas sortir : comment faire si l’on a un chien qui veut sa promenade? Réponse simple: appelez la police, qui se fera un plaisir de promener votre toutou… Pendant que vous resterez à l’intérieur. :D

C’est quand même dommage, tout cela… Des policiers tous les 5 mètres, et pas une seule occasion pour les habitants de s’intégrer à ce sommet.

Strasbourg, siège du sommet de l’OTAN

Et bien voilà, à l’heure ou la France rentre à nouveau dans l’OTAN, où le pauvre De gaulle se retourne dans sa tombe, Strasbourg accueille les 3 et 4 avril prochain, le  24ème Sommet de l’OTAN.

Soit pas moins de vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement dont le président américain Barack Obama, des délégations comptant jusqu’à un millier de personnes (pour les Américains !!!) et 4.000 journalistes. Le tout avec 40.000 Strasbourgeois badgés, 50.000 barrières et  plus 30.000 manifestants anti-Otan qui sont attendus.

Le centre de Strasbourg, avec la Cathédrale, le Palais des Rohan et le palais de la musique et des congrès … seront fermés pendant plusieurs semaines. En Gros, la dernière semaine, se sera “centre-ville mort” avec seulement riverains et diplomates (et policiers et agents secrets si, si là on peut le dire sans passer pour un comique) qui circuleront. Cela va être un gros ramdam, sachant qu’en plus les anti-OTAN appellent à manifester au même moment.

Mais Strasbourg “capitale du monde” pendant quelques jours? Ville fermée en tout cas!On va quand même essayer de prendre quelques photos…

Les vidéos des manifs suite à la visite de Mme Pécresse à Strasbourg

Vidéo des DNA:

Avec l’intervention de M.Alain Beretz président de l’UDS,, contrarié par la tournure des évènements.

Autres vidéos


Manifestation et débordements devant le palais universitaire de Strasbourg: “Pécresse, la recherche régresse”

2000 manifestants (enseignants-chercheurs, personnel de l’université, étudiants…) étaient présents devant la palais universitaire pour protester contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs.

Les manifestants, en majorité des étudiants et des enseignants-chercheurs donc, se sont rassemblés devant le Palais universitaire où se trouvait la ministre  en scandant des slogans tels que «Pécresse, la recherche régresse», «Pécresse fac off», «Pécresse démission»…

Sur les marches du Palais universitaires, alors que les manifestants essayaient de rentrer, les  quelques policiers en civil ont rapidement été débordés. Des échanges de coups se sont produits avant qu’un peloton de CRS n’intervienne et ne donne la charge utilisant   gaz lacrymogènes  et  matraques pour disperser les manifestants du parvis du palais u. Des jets de chaussures (la chaussure devient un vrai symbole…) et d’oeufs se sont produits contre les vitres du Palais universitaire à ce moment là…

Selon les DNA “A 11h40, le président de l’Université de Strasbourg, qui doit être inaugurée par le ministre ce matin, a été alerté des incidents et s’est précipité à l’entrée du Palais universitaire pour constater les faits. Il a essayé de calmer les esprits et est intervenu auprès des forces de police pour demander des explications.”

La tension semble rester forte, devant l’afflux de policiers. Vu que les forces de l’ordre ont failli être débordée par les manifestants (alors que le succès de la manifestation était prévisible…), le préfet va peut être connaître le même sort que son collègue de Saint-lo…

M. Sarkozy et la Recherche: petite vidéo… rigolote… alarmante?

Oui, … sans commentaire…

Et la tribune parue dans le journal “Le monde” le 30 janvier par MARIE PASCALE D., Chercheuse au CNRS

“J‘ai étudié pendant 10 ans et trouvé un métier que j’aime. Je suis chercheuse en génétique moléculaire, une profession que j’exerce depuis 20 ans. Je connais mon métier, je maîtrise les technologies afférentes, réponds à des appels d’offre, gère mes budgets, forme des étudiants, je donne des conférences, j’apprends tous les jours.

Mon organisme employeur (CNRS) le sait, j’ai été embauchée pour ça. Je consacre un temps important à ce travail, nos enfants respectent ce choix. Mon métier est fait de curiosité intellectuelle, de connaissance, de liberté et de passion, d’habileté manuelle et de créativité. Ces mots sont essentiels pour moi. Tous les jours, je manipule des concepts et les transforme en expériences. Je lis, je réfléchis et écris.

C’est un métier difficile, compétitif, particulièrement pour les femmes, fait de petites joies ou de grandes découvertes, mais aussi d’échecs et de remises en question incessants.
Mon parcours est similaire à celui de beaucoup d’autres. Nous sommes 50 à 100000 chercheurs et enseignants du supérieur diplômés d’un doctorat en France qui travaillons pour des organismes publics (Universités incluses). Les 12 000 chercheurs du CNRS font essentiellement de la recherche fondamentale, couvrant l’essentiel des domaines de la connaissance humaine.

En tant que chef d’équipe, je décide du choix des sujets et de l’orientation des recherches dans mon laboratoire. Mon but est d’élargir le champ des connaissances  dans mon domaine de spécialisation. Je le fais en fonction de ce que je sais, et des travaux publiés par d’autres. Je le fais aussi en concertation avec les étudiants ou chercheurs qui viennent renforcer ma puissance de travail. Et je réoriente continuellement mes projets selon les résultats que nous obtenons.

Les crédits pour financer ces recherches sont obtenus en répondant à des appels d’offre, ce dont je m’occupe en mettant en valeur dans mon activité ce qui présente la meilleure adéquation avec les thèmes mis à concours. La sélection de mes projets souligne leur intérêt, leur valeur, mais aussi leur faisabilité et la reconnaissance de mon aptitude à les encadrer. Sans contrats, un labo ne peut fonctionner, les crédits octroyés par le CNRS ou l’Université, via le Ministère de la Recherche, l’Etat donc, sont trop misérables ; la biologie moléculaire est une science onéreuse (moins que la physique cependant).

Notre activité professionnelle est continuellement évaluée au travers de rapports d’activités adressés régulièrement à nos employeurs ou aux organismes contractualisateurs, au travers aussi des diverses formes de communication que nous devons emprunter, articles scientifiques, conférences, participation à des colloques, discussions avec des collègues. Réciproquement, je suis régulièrement amenée à évaluer les travaux de mes collègues, lorsque je siège dans des commissions, participe à des jurys, quand j’expertise des projets, ou que l’on me demande de juger des articles, soumis à publication internationale, dont la proximité avec mes centres d’intérêt me donne le droit de les accepter/refuser selon leur qualité.

Bien que chargée de nombreuses responsabilités au niveau organisation, administration, encadrement, enseignement, direction de l’équipe, j’ai réussi à continuer de « maniper », comme nous disons. Tous les jours, j’extrais des ADN, les analyse, les ré-introduis en bactéries, ou autres organismes, sélectionne les organismes ainsi modifiés, étudie les modifications que confère cette transformation. Ce travail est précédé d’études bibliographiques, de recherches dans des bases de données pour identifier les gènes ou fonctions qui nous intéressent. Et puis quand un résultat intéressant sort, on l’étaye, le confirme, le contrôle, le vérifie, et si c’est solide, on rédige un article (en anglais bien sûr, langue que tout chercheur se doit de pratiquer couramment à l’écrit comme à l’oral). Je documente, analyse les données et les mets en forme. pour le soumettre à publication dans une revue dont l’audience internationale reflète la qualité de ce qu’on a trouvé.

L’accomplissement de chaque étape de ce travail me procure un profond sentiment de satisfaction. Je connais beaucoup de chercheurs, de simples collègues à amis, nous partageons à peu près cette vision de notre profession, ces convictions. C’est notre vie.

Alors quand j’entends ça :

« Mauvais, non performants, archaïques, idéologues, partisans, conservateurs, aveugles, refusant de voir la réalité, immobilistes, ayant  des mentalités à changer, installés dans le confort de l’autoévaluation et travaillant  dans des structures obsolètes, archaïques
et rigides.”
Voici les termes que Nicolas Sarkozy a utilisés dans son discours du 22 janvier 2009, pour dire ce qu’il pense de nous et de nos institutions. Et il a ajouté :
« N’y a-t-il pas urgence à en finir avec une organisation désastreuse. Les organismes de recherche doivent opérer leur transformation en agence de moyens »

J’ai très très mal.”

Mme Pécresse à Strasbourg “Je ne me défilerai pas”

Interview réalisée par les Dernières Nouvelles d’Alsace, disponible demain http://www.dna.fr/

Voici l’article: “Dans une interview accordée aux DNA et qui sera publiée dans nos éditions du jeudi 5 février, Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche déclare : “Dans tous les cas de figures, il faut dialoguer et j’y suis prête. Si des représentants de la communauté universitaire veulent me parler franchement, eh bien tant mieux. Je ne me défilerai pas”.

Mme Pécresse doit inaugurer demain matin la toute jeune Université de Strasbourg, née de la fusion de trois universités, lors d’une cérémonie officielle, et lancer, en Alsace, “l’opération campus”.

Dans son entretien accordé à notre éditorialiste Olivier Picard, elle évoque le malentendu qui est à l’origine du mécontentement des enseignants-chercheurs et explique les raisons de sa fermeté dans le dossier du décret portant sur leur statut.”

C’est en effet officiel, et (enfin) inscrit à son agenda:

11h00 Inauguration de l’Université de Strasbourg, et participation à une table ronde avec des étudiants de l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) –Université de Strasbourg
19h05 Invitée du « Grand Journal » sur Canal +

Une journée bien remplie en tout cas… Peut être que Yann Barthès parlera des étudiants de Strasbourg…

Car, ce qui est sûr, c’est que demain, à l’occasion de l’inauguration de l’Université De Strasbourg par Mme la Ministre, une manifestation aura lieu, réunissant personnel de l’université et étudiant. Un rassemblement s’élaborera à partir de 8 heures devant la fac de droit pour se diriger à 9h30  vers le Palais Universitaire où aura lieu à 11h le lancement officiel de l’UDS.

Le mouvement s’amplifie à l’université de Strasbourg avant la visite de la ministre

Un peu plus de 400 étudiants se sont rassemblés, cet après-midi au Palais universitaire de Strasbourg, pour préparer la journée de manifestation du 5 février, ceci dans le but d’éviter tout débordement.  En effet, ce jeudi, comme nous l’avions annoncé, la ministre Valérie Pécresse doit se rendre à Strasbourg pour participer au lancement officiel de l’Université de Strasbourg.

Il a été décidé qu’une manifestation serait organisée devant le palais universitaire. Les personnels de l’Université de Strasbourg (UdS) et les étudiants se rassembleront donc à 8h dans le quartier de l’Esplanade sur le parvis de la faculté de droit pour se rendre ensuite devant le Palais universitaire pour “accueillir” la ministre.

A l’intérieur, lors de la cérémonie d’inauguration qui doit débuter à 11h, après une animation qui démarre elle à 10h, une délégation d’enseignants-chercheurs de l’appel de Strasbourg souhaite remettre une pétition de 2.000 signatures à Valérie Pécresse. Pétition qui marque le désaccord contre la masterisation du CAPES et contre le décret réformant les statuts des enseignants chercheurs.

Le Programme de la journée est disponible sur: http://www.unistra.fr/evenements-lancement.pdf/

Dans le même temps, le mouvement de grève continuait à s’étendre. L’UFR d’art a ainsi voté la grève, comme les enseignants de droit, de mathématiques, de lettres, d’informatique, de langues étrangères appliquées et de géographie… ceux d’Histoire ont déjà en grande partie rejoint la contestation.

Deux assemblées générales étudiantes se tiennent ce mercredi ; à 13h, au Patio à l’ancienne université Marc-Bloch, à l’invitation de l’UNEF ; une deuxième assemblée générale se tient mercredi également à 15h, au Palais Universitaire. Ces deux assemblées générales organisées un même jour témoignent des inévitables divisions au sein du mouvement étudiant.

A l’Université et à Strasbourg, beaucoup de monde s’interroge sur la venue du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, jeudi, à la cérémonie d’inauguration de l’Université de Strasbourg. De fait, alors qu’elle est en concurrence avec M. Karoutchi dans les primaires UMP pour les régionales en Île-de-France, une visite ratée à Strasbourg fragiliserait sans doute sa campagne… ( ?)

Dans les services du ministère, à Paris, on indique aujourd’hui en fin d’après-midi que ce voyage aura bien lieu et figurait au programme du ministre, mais la visite ne figure toujours pas dans son agenda en ligne…