Volksfront (12) les préparatifs aux élections législatives

Les élections législatives

Malgré ces succès, l’abbé Gromer écrira le 4 janvier à Mgr Fahrner : « l’atmosphère est lourde et sombre. M. Walter et moi-même avons de plus en plus de mal à convaincre » du bien-fondé de la politique du Volksfront[1]. De fait, peu après les élections cantonales, plusieurs voix se font à nouveau entendre pour demander un rapprochement, voire une réunification de l’UPR et de l’APNA. De plus, rappelons que l’agitation autonomiste se développe à l’Université lors de la rentrée universitaire, par le biais de la Jungmannschaft, qui dans un tract déclare qu’ « il faut que l’allemand qui est notre langue […] reste notre langue»[2].

A la mi-novembre, Monseigneur Ruch lance un appel pressant à l’Union des catholiques[3]. De plus, dans les « Zeitfragen », Didio estime en novembre que des relations « supportables entre les deux partis doivent être instaurées ». L’obstacle majeur à ce rapprochement est bien entendu le Volksfront. C’est pour cette raison que certains vont être tenté de minimiser les accords passés avec les autonomistes, en insistant sur leur caractère local, et sur la volonté, toujours locale, de faire barrage à l’élection « d’anticléricaux ». De la même manière, Médart Brogly insiste sur le fait que s’il y a eu alliance, c’est qu’autonomistes et communistes ont été les seuls à accepter la constitution d’une liste à la proportionnelle, proposition pourtant faite à tous les partis[4].

D’autre part, lors du Congrès départemental des démocrates, l’UPR est à plusieurs reprises pris à parti en raison de ses liens avec certains milieux autonomistes. Le parti catholique réplique par le biais de l’Elsässer, le 15 décembre, en déclarant « qu’il n’y a pas de Volksfront, mais seulement une communauté de travail à la mairie de Strasbourg et au conseil général pour discuter de questions purement économiques ». Les partis autonomistes se sentent bien évidemment floués et critiquent vertement cette position en mettant ironiquement en avant que « la différenciation entre Volksfront et communauté de travail est quelque peu théorique »[5]. Il y a donc, c’est un fait nouveau, une certaine modération de la part de l’UPR, qui cherche à minimiser le rôle du Volksfront et ses liens avec la Landespartei et la Fortschrittspartei.  .

L’année 1932 s’ouvre néanmoins avec l’amnistie accordée aux Alsaciens accusés d’autonomisme. Cette amnistie, justifiée par l’acquittement des accusés de Colmar par la cour d’assises de Besançon, avait été réclamée en maintes occasions depuis 1927 par les milieux autonomistes et par l’UPR[6]. Une telle décision aurait pu apaiser les esprits et était sans doute faite en ce sens. Mais pour beaucoup, dont l’abbé Gromer, elle venait bien tard et de plus, l’Elsässer Kurier a tôt fait de souligner le caractère limitatif de l’amnistie, notamment à propos des fonctionnaires dont la réintégration dans l’administration n’était pas de plein droit. De même le journal insiste sur le fait que les fonctionnaires signataires du Heimatbund ne sont pas encore réintégrés[7]. Les milieux autonomistes restent donc bien réticents à tout tentative d’apaisement.

Cette réticence des autonomistes et d’une certaine partie de l’UPR ne facilite pas les discussions avec l’APNA qui refusent de reconsidérer ses positions tant que son adversaire n’aura pas abandonné le Volksfront. Le gérant de l’APNA du Bas-Rhin, Schmidt-le-Roi, déclare au congrès du 10 janvier 1932 « qu’il ne peut être question d’une collaboration entre l’APNA et l’UPR aussi longtemps que l’UPR n’abandonnera pas sa communauté de travail avec les communistes et les autonomistes et ne se placera pas, sans aucune équivoque, sur le terrain national »[8]. Ce congrès adopte également une résolution adressée à tous les prêtres d’Alsace, dans laquelle il rejette la responsabilité de la scission et déclare que le meilleur moyen pour assurer la paix entre les catholiques est que les curés laissent à leurs paroissiens toute liberté de choix entre les deux partis et qu’ils les laissent lire la presse de leur choix (Le Bote étant toujours fortement critiqué par nombre de curés). Les partisans du Volksfront répliquent rapidement. Michel Walter, qui rappelons-le se présente aux législatives et ne veut pas réitérer son erreur de 1929, se fait le porte-parole de l’aile gauche de l’UPR en affirmant au Conseil municipal de Strasbourg qu’il restera le partisan de la « communauté de travail », aussi longtemps que « les circonstances et la défense de la Heimat l’exigeront »[9], mais il s’attache toutefois à nuancer ses propos et déclare que pour lui il n’y a pas d’alliance entre partis, mais juste une « communauté de travail » de caractère purement local au Conseil municipal de Strasbourg et au Conseil Général du Bas-Rhin.

L’abbé Gromer, quant à lui, répètera que « le Volksfront est la seule solution pour préserver les droits de la Heimat » lors d’une réunion de janvier 1932 à la Halle aux houblons de Haguenau. Haegy fait, lui, valoir dans Die Heimat les avantages du Volksfront à Colmar et Strasbourg (il parle avant tout de certaines subventions accordées à des œuvres chrétiennes) et il estime que « sa destruction compromettrait au plus haut degré les intérêts du peuple alsacien et provoquerait l’exultation de la loge franc-maçonne »[10]. Finalement, dans un communiqué du 11 janvier 1932, le Comité directeur de l’UPR note que « la communauté de travail entre les représentants de l’UPR et représentants des autres partis, au Conseil municipal de Strasbourg et au Conseil général du Bas-Rhin, ne signifie pas qu’il y a alliance entre partis, ne restreint en rien notre liberté d’action, et n’a nullement porté atteinte aux principes fondamentaux du parti »[11]. Et même si cette résolution a donné lieu à de vifs échanges au sein du comité directeur, Meck et Brogly y étant par exemple hostiles, elle montre bien qu’il n’est pas question, pour l’instant, de modifier la ligne politique du parti. L’E.K. ira plus loin le lendemain en écrivant que le Volksfront « est indispensable pour lutter contre l’ennemi commun, c’est-à-dire les partis du Cartel des gauches » et qu’il a permis « de pratiquer une politique de tolérance religieuse et de progrès social, favorable aux intérêts de la population alsacienne ». .

Dès lors, puisqu’ aucun des deux partis ne veut de réunification, on cherche tout de même à trouver un terrain d’entente avec l’APNA et négociations vont s’engager par le biais du Comte d’Andlau, sénateur UPR et proche de l’APNA. Ces négociations ont pour but de répartir les candidatures entre l’UPR, l’APNA et les démocrates, afin de faire échec aux candidats du Cartel. Elles échouent dans le Haut-Rhin pour des questions de personnes, la section APNA du département étant par ailleurs notoirement hostile à tout rapprochement avec l’UPR, qui est rappelons-le dirigé par Rossé, très autonomisant, et préfère favoriser l’option d’alliance avec les autres partis nationaux (socialistes, radicaux et démocrates)[12]. Dans le Bas-Rhin, un accord est de prime abord trouvé, avant que l’Assemblée générale de l’APNA du Bas-Rhin ne le rejette, le 21 mars, entraînant ainsi le parti dans une petite crise[13].

Par cette décision, l’APNA marque son désir de ne pas renier ses principes fondamentaux[14]. De plus, on constate que les deux partis ne s’opposent pas que sur le problème national. Car l’UPR veut favoriser une politique chrétienne mais aussi sociale. Une alliance avec les radicaux ou les socialistes n’est pas possible car, sur le plan religieux, tout les sépare. Mais une alliance avec l’APNA et les démocrates est tout aussi difficile pour des raisons sociales et économiques. Par ailleurs, il y a également des questions de personnes : l’APNA souhaite le départ de Rossé, Gromer et Walter de la vie politique alsacienne, les jugeant trop lié à la politique du Volksfront, trop autonomisant. A parti du 21 mars 1932, les choses sont donc claires : UPR et APNA feront campagne séparément.

Lors de la réunion des Comités départementaux, l’UPR du Bas-Rhin va réélire Michel Walter à sa tête, montrant ainsi son approbation envers la politique du Volksfront. Il y eu quelques passes d’armes, notamment à propos de Strasbourg, où Walter et Gromer ont plaidé pour le soutien aux candidats du Volksfront et ce dès le premier tour, alors que Didio proposait le soutien au démocrate Frey à Strasbourg-campagne. Mais priorité est donnée à la lutte contre les socialistes et les radicaux. La résolution adoptée donne le ton, en déclarant qu’il faut chercher à battre « les anticléricaux, les réactionnaires dans le domaine social et les chauvins ». Elle souligne également que « le parti ne se compromet en rien s’il fait une partie du chemin avec des partis qui, même si c’est sous une forme différente et avec des priorités différentes, poursuivent les mêmes buts et sont partisans de la tolérance religieuse, du progrès social, de l’entente entre les peuples et de la défense énergique des droits et revendications du peuple alsacien »[15]. Pour l’Elsässer, la responsabilité de l’échec des négociations revient entièrement à l’APNA[16]. Le comité départemental du Haut-Rhin, quant à lui, prend la décision de ne présenter de candidats que dans les circonscriptions ou elle détient un mandat.


[1] 6504/5c

[2] DREYFUS, op. cit., p. 174.

[3] Die Heimat, décembre 1931, p. 356.

[4] E.B. du 2 décembre 1931.

[5] Neue Welt, 16 décembre 1931.

[6] De même lors de nombreuses sessions du Conseil général, ainsi celle d’octobre 1929 par exemple, qui émet le vœu de voir le gouvernement retirer les sanctions. L’abbé Gromer en est le rapporteur. cf annexes.

[7] E.K. du 31 décembre 1931.

[8] E.B. du 11 janvier 1932, p.1.

[9] Die Heimat de janvier 1932, p.2-3.

[10] Idem.

[11] Idem, p. 8-12.

[12] BAECHLER, op. cit., p. 453.

[13] E.B. du 22 mars 1932. Dans une résolution, « les délégués constatent avec regret : 1. que ces signatures ont été données sans consultation préalable des organes compétents du Parti ; 2. que les conditions exigées pour une conciliation avec l’UPR établies lors de l’assemblée des délégués au Baeckehiesel à Strasbourg ne sont pas réalisées ». A la suite de cette décision, Schmidt –le-Roi démissionne de la gérance et Oberkirch de la présidence de l’APNA : ils étaient à l’origine de l’accord.

[14] Voir le programme de l’APNA.

[15] Elsässer du 18 mars 1932.

[16] Elsässer du 29 mars 1932.

Les vidéos des manifs suite à la visite de Mme Pécresse à Strasbourg

Vidéo des DNA:

Avec l’intervention de M.Alain Beretz président de l’UDS,, contrarié par la tournure des évènements.

Autres vidéos


Manifestation et débordements devant le palais universitaire de Strasbourg: “Pécresse, la recherche régresse”

2000 manifestants (enseignants-chercheurs, personnel de l’université, étudiants…) étaient présents devant la palais universitaire pour protester contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs.

Les manifestants, en majorité des étudiants et des enseignants-chercheurs donc, se sont rassemblés devant le Palais universitaire où se trouvait la ministre  en scandant des slogans tels que «Pécresse, la recherche régresse», «Pécresse fac off», «Pécresse démission»…

Sur les marches du Palais universitaires, alors que les manifestants essayaient de rentrer, les  quelques policiers en civil ont rapidement été débordés. Des échanges de coups se sont produits avant qu’un peloton de CRS n’intervienne et ne donne la charge utilisant   gaz lacrymogènes  et  matraques pour disperser les manifestants du parvis du palais u. Des jets de chaussures (la chaussure devient un vrai symbole…) et d’oeufs se sont produits contre les vitres du Palais universitaire à ce moment là…

Selon les DNA “A 11h40, le président de l’Université de Strasbourg, qui doit être inaugurée par le ministre ce matin, a été alerté des incidents et s’est précipité à l’entrée du Palais universitaire pour constater les faits. Il a essayé de calmer les esprits et est intervenu auprès des forces de police pour demander des explications.”

La tension semble rester forte, devant l’afflux de policiers. Vu que les forces de l’ordre ont failli être débordée par les manifestants (alors que le succès de la manifestation était prévisible…), le préfet va peut être connaître le même sort que son collègue de Saint-lo…

Mme Pécresse à Strasbourg “Je ne me défilerai pas”

Interview réalisée par les Dernières Nouvelles d’Alsace, disponible demain http://www.dna.fr/

Voici l’article: “Dans une interview accordée aux DNA et qui sera publiée dans nos éditions du jeudi 5 février, Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche déclare : “Dans tous les cas de figures, il faut dialoguer et j’y suis prête. Si des représentants de la communauté universitaire veulent me parler franchement, eh bien tant mieux. Je ne me défilerai pas”.

Mme Pécresse doit inaugurer demain matin la toute jeune Université de Strasbourg, née de la fusion de trois universités, lors d’une cérémonie officielle, et lancer, en Alsace, “l’opération campus”.

Dans son entretien accordé à notre éditorialiste Olivier Picard, elle évoque le malentendu qui est à l’origine du mécontentement des enseignants-chercheurs et explique les raisons de sa fermeté dans le dossier du décret portant sur leur statut.”

C’est en effet officiel, et (enfin) inscrit à son agenda:

11h00 Inauguration de l’Université de Strasbourg, et participation à une table ronde avec des étudiants de l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) –Université de Strasbourg
19h05 Invitée du « Grand Journal » sur Canal +

Une journée bien remplie en tout cas… Peut être que Yann Barthès parlera des étudiants de Strasbourg…

Car, ce qui est sûr, c’est que demain, à l’occasion de l’inauguration de l’Université De Strasbourg par Mme la Ministre, une manifestation aura lieu, réunissant personnel de l’université et étudiant. Un rassemblement s’élaborera à partir de 8 heures devant la fac de droit pour se diriger à 9h30  vers le Palais Universitaire où aura lieu à 11h le lancement officiel de l’UDS.

La grève des enseignants chercheurs se profile… L’Université française bientôt bloquée?

Article du nouvel Obs en ligne:

“La Coordination nationale des universités a annoncé jeudi 22 janvier appeler à une grève “illimitée” dans les universités à partir du 2 février si le gouvernement n’a pas retiré d’ici-là le projet modifiant le statut des enseignants-chercheurs et la réforme de la formation. “Si le ministère ne retire pas, sans préalable, le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs (et) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré, l’Université française se mettra en grève totale, reconductible ou illimitée le 2 février”, selon la motion adoptée à l’unanimité moins trois voix contre.

“Politique d’affaiblissement structurel”

En “condamnant” la “politique d’affaiblissement structurel” du supérieur et de la recherche et “la précarisation des personnels de toutes catégories”, cette Coordination “exige” aussi “le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient toutes les mobilisations en cours”.
Elle s’est réunie jeudi en assemblée générale à l’université Paris-I. Selon les organisateurs, étaient présents des membres de 46 des 85 universités françaises, des représentants de plusieurs sociétés savantes, d’associations comme Qualité de la science française (QSF), Sauvons la Recherche (SLR) ou Sauvons l’Université (SLU) et des chercheurs précaires.
Des représentants de plusieurs syndicats étaient également présents.

Transfert de gestion aux universités

Le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, préparé par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, doit concrétiser le transfert de la gestion de leurs carrières aux universités.
Lors de l’assemblée générale, ses opposants ont dénoncé les risques que leur soient imposées davantage d’heures d’enseignement et les possibilités d’arbitraire de la part des présidents d’universités.
Ils veulent en outre que le Conseil national des universités (CNU) conserve son rôle actuel dans la gestion des carrières, et jugent de façon générale que leur statut risque de perdre son caractère national.

D’autres grève à venir

L’universitaire en veut pour preuve que cette opposition va des syndicats de gauche Snesup-FSU ou Sud-Education, traditionnellement revendicatifs, au syndicat AutonomeSup, classé à droite, ou au collectif Défense de l’université, créé à l’université Paris-II, faculté traditionnellement de droite.
AutonomeSup comme le Snesup ont d’ailleurs aussi appelé à une grève lundi 26 janvier, tandis que les enseignants-chercheurs devraient participer en nombre à la grève organisée jeudi 29 janvier, journée d’actions interprofessionnelle.”

Voici la motion:

“La coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégués provenant de quarante six universités. Elle a voté les motions suivantes :


Motion n°1 :

La coordination nationale réunissant ce jeudi 22 janvier 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppression d’emplois, exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient les mobilisations en cours.

Elle déclare que si le ministère ne retire pas, sans préalable :

1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs

2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré

l’université française se mettra en grève totale, reconductible et illimitée : le 2 février 2009 l’université s’arrête.

Unanimité moins 3 voix contre


Motion n°2 :

La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements.

Rappel : Coordination Nationale des Universités (22/01/09) – Première réunion du jeudi 22 janvier à 11h à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. La Coordination Nationale des Universités est réunie à l’initiative de la coordination de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne qui rassemble des non syndiqués et des représentants de l’UNSA, CGT, FSU, FO, UNEF, FSE et SUD.

Les représentants nationaux de la plupart des syndicats sont présents.

UNIVERSITÉS (47)

Université d’Aix I Université de Bordeaux 3 Université de Bourgogne Université de Clermont Ferrand II Université de Caen Université d’Evry Université de Franche-comté Université du Havre Université de Lille 1 Université de Lille 2 Université de Lyon 1 Université de Lyon 2 Université de Lyon 3 Université Paris 1 Université Paris 3 Université Paris 4 Université Paris 5 Université Paris 6 Université Paris 7 Université Paris 8 Université Paris 10 Université Paris 11 Université Paris 12 Université Paris 13 Université de Paris Ouest Nanterre Université du Maine (le Mans) Université de Marne-la-Vallée Paris-Est Université Montpellier 3 Université de Nantes Université d’Orléans Université de Picardie Université de Poitiers Université de Provence Université de Toulouse 1 Université de Toulouse 2 Université de Toulouse 3 Université de Tours Université de Rennes 1 Université de Rennes 2 Université de Reims Université de Rouen Université de Saint-Étienne Université de Strasbourg Université Technologique de Compiègne Université Versailles St Quentin EHESS Ecole Normale Supérieure

ASSOCIATIONS (7)

Collectif pour la Défense de l’Université Qualité de la Science Française (QSF) PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement Supérieur, la Recherche et Ailleurs) Défense de l’université (majoritairement juristes) SAGES (PRAG, professeurs ENSAM et PRCE) Sauvons l’Université (SLU) Sauvons la Recherche (SLR)

SOCIETES SAVANTES (3)

Société Française de Littérature Générale et Comparée (SFLGC) Sociétés Française des Seiziémistes (SFDES) Société Française d’Etude du XVIIIe

Des membres du CNU participent à la Coordination Nationale des Universités”

cf http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article1458

M. Darcos “s’enflamme” contre l’absentéisme à l’école (et autres billevesées)

Lecture raisonnée d’une interview réalisée par le Journal Le Figaro.

LE FIGARO. – L’absentéisme est devenu un problème majeur pour l’école, au point que vous l’avez inscrit au rang de vos priorités. Que comptez-vous faire ?
Xavier DARCOS. – Je veux faire de l’absentéisme une grande cause de l’Éducation nationale. De plus en plus d’élèves sont absents de manière régulière. Or, tout est lié. L’absentéisme mène au décrochage, qui conduit à l’échec scolaire, lequel mine l’insertion professionnelle et sociale des jeunes. Et c’est lorsqu’un jeune n’est plus encadré, qu’il n’a plus de projet, qu’il peut être conduit à tous les échecs. L’absentéisme est un fléau, et les solutions actuelles pour y remédier ne fonctionnent pas. Certains établissements préviennent les pa­rents rapidement via des SMS ou des appels téléphoniques, mais cela ne suffit pas. Que fait-on lorsque les familles ne veulent pas se déplacer ou ne répondent pas aux appels de l’école ? L’école doit alors aller à leur rencontre. Avec Fadela Amara, qui fait un travail admirable auprès de ces jeunes, nous avons décidé de recruter 5 000 «médiateurs de la réussite scolaire», qui feront l’interface entre l’école et les parents.

Qui seront ces médiateurs ?
Ce seront des personnes qui connaissent les quartiers, les fa­milles, mais qui relèveront de l’Éducation nationale. Il s’agit d’emplois aidés dans le cadre du plan de relance. Ont été ciblés 215 quartiers en difficulté dans lesquels le médiateur aura aussi une fonction d’insertion. C’est important, car, géographiquement, les écoles, collèges et lycées de l’éducation prioritaire sont plus touchés que les autres. Ils seront opérationnels dès le mois de mars pour remplir leur mission.

Les collèges/ lycées fonctionnent grosso modo avec les personnels suivants: il y a l’administration (principal/ proviseur et adjoints, CPE, intendante etc…) les professeurs, les agents (femmes de ménage, agents d’entretien etc…) et les “Assistants d’éducation”. Ex “surveillants”, ex “pions”…

C’est sur ces derniers qu’il convient de s’arrêter un moment. Car c’est à eux, avec le CPE, que revient, tous les jours, de relever l’absence d’un élève , d’appeler à la maison etc… Or ce plan, si j’ai bien compris, permet de compléter ce travail, en embauchant des personnels, relevant de l’éducation nationale, qui vont aller “chercher” l’absentéiste, motiver les parents etc…

Il y a plusieurs choses gênantes : en premier lieu, depuis quelques années, il y a de moins en moins de personnel affecté à la surveillance des élèves et au contrôle des absences.  Des diminutions drastiques ont eu lieu, et il est cocasse aujourd’hui de constater que l’on revient dessus,  en multipliant les créations de “nouveaux jobs” (Assistants pédagogiques, qui vont remplir la mission que devraient de fait remplir les assistants d’éducation, mais que, faute de personnels, il ne peuvent pas assurer; ces nouveaux “médiateurs” etc… au fait, n’existe-t-il pas des assistants sociaux qui peuvent également répondre à ces stratégies de prise de contact avec les parents? Et des tuteurs? )

Aujourd’hui, dans un collège normal (hors ZEP) de 800 élèves il y a 4 voire 5 Assistants d’éducation et un CPE (ajoutons toutefois à ce chiffre quelques stagiaires ou emplois aidés parfois, et tout nouveau tout chaud les assistants pédagogiques; mais leur fonction n’est pas axée sur le contrôle de l’absentéisme ni sur la surveillance) . Il en faudrait bien plus pour assurer un service optimal. Un “AE” de plus par collège permet justement d’assurer un peu plus ce que le ministre “souhaite”: aller au contact des parents et faire régresser l’absentéisme.

De fait, ce plan ne propose rien de neuf, les structures sont déjà en place, sous d’autres noms.  Par contre, cela fait toujours bien de faire croire que l’on aide tout le monde, en créant un nouveau poste, un nouveau relais dans l’EN. Ces médiateurs semblent bien s’installer en parallèle d’éléments existants déjà, remplissant dans les textes les même fonctions, mais qui sont en réalité trop peu nombreux pour assurer leur mission. Dans les écoles, c’est encore pire!

Vous avez réformé la formation des enseignants en supprimant une année de stage rémunérée. La qualité de leur formation ne risque-t-elle pas d’y perdre ?
Personne ne conteste l’objectif de cette réforme, qui est de recruter des enseignants disposant d’un niveau de qualification plus élevé. Ils auront tous désormais un master (bac + 5), au lieu d’un bac + 3 ou + 4, qui leur permettra d’entrer plus facilement sur le marché du travail s’ils ne sont pas reçus aux concours d’enseignants. Les futurs enseignants seront aussi mieux préparés à leur métier puisqu’ils auront la possibilité d‘accomplir des stages de mise en pratique professionnelle dans les établissements scolaires, avant même de passer le concours. Enfin, cette réforme s’accompagne d’une véritable revalorisation des débuts de carrière. Les enseignants débutants reçoivent déjà, depuis cette rentrée une prime d’entrée dans la carrière de 1 500 euros, mais nous irons plus loin.

C’est d’une cocasserie… Aujourd’hui le système est le suivant: une fois la licence obtenue (BAC + 3) on peut passer le CAPES. Dans les fait, bien souvent, on réalisait son mémoire avant (BAC+ 4). Puis on passait le concours, avec une année de stage (donc… on obtenait son diplome 5 ou 6 ans après le BAC…). Tout cela si tout se passe bien… (pas d’échec etc…). L’année de préparation au concours est la plus ardue des années d’université. Celle où l’on fait le plus de recherches, où on dort le moins. :) ..(surtout après les dernières diminutions de postes…). Donc je pense que l’on peut largement la prendre en compte malgré un échec…  La masterisation a changé un certain nombre de choses,  sauf à retarder la date d’obtention finale du concours, qui est selon mon critère de compte, BAC + 7.  mais les éléments restent les mêmes. Il est faux de croire que les enseignants de demain seront forcément mieux formés, voire mieux préparés. La Réforme ne change rien dans les faits.

Mais là où tout cela vire au burlesque, c’est que la réforme du master, menée il y a trois ans, est salement touchée. En faisant des études d’histoire, qui va,  après la licence,  faire un master de recherche quand on sait que l’immense majorité des étudiants de la matière se proposent de devenir professeur???

Non, une fois la licence en poche, l’étudiant se tournera vers le “master enseignement”. La recherche risque clairement d’en pâtir puisqu’il y aura une nette diminution du nombre de mémoire de recherche. Donc… Moins de profs d’université à employer et moins de connaissances pour nous!

Ensuite, les stages dans un établissement ont toujours existé durant l’année de préparation… Je suis étonné que le ministre ne le sache pas…

L’année de stage m’apparaît comme étant d’une grande importance, et je n’en ai pas compris la suppression. Pendant une année, le professeur-stagiaire était inséré dans deux établissements (collège et lycée),  encadré par un professeur-tuteur et noté par un inspecteur. Il apprend le métier, en voit les difficultés etc… Aujourd’hui, on ne sait pas trop à quoi vont correspondre ces stages mis en place en cours d’année (!!!) pour quelques semaines voire mois (ce qui ne correspond à rien…). Le but étant sûrement de faire des économies sur le court terme, mais à long terme, je me demande si la formation d’enseignant ne va pas en pâtir gravement.


Coup de gueule du jour: petits réglements de compte douteux à l’Elysée…

Article du Nouvel obs:

“Dans Le Point de cette semaine, Denis Demonpion conclut une longue enquête, intitulée “L’extravagante Mme Dati”, sur ces deux paragraphes : “Elle confie volontiers qu’après son accouchement une nouvelle vie s’offrira à elle. Elle afficherait, dit-elle, le père de son enfant avec qui elle pourrait partir vivre à l’étranger. (…) Des âmes charitables affirment qu’à l’heure de la curée, Rachida Dati, qui connaît les histoires de famille du département des Hauts-de-Seine pour s’être occupée pendant quelque temps, en 2005, du secteur sensible des marchés publics, saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur”.

Sarkozy furieux

Rachida Dati a effectivement été directrice générale adjointe en charge des marchés publics, des affaires juridiques et des affaires foncières et immobilières au conseil général des Hauts-de-Seine, de 2004 à 2005, à l’époque où Nicolas Sarkozy en était président, et elle travaille aux côtés de celui-ci depuis 2002.
Quant à savoir qui est ce père qui vivrait à l’étranger et quels sont les secrets qui pourraient embarrasser le chef de l’Etat, Le Point n’en dit pas plus.
Joint par nouvelobs.com, Denis Demonpion ne “retire pas une ligne” à ses écrits et ajoute : “Rachida Dati n’a pas démenti et ne démentira pas”.
Nouvelobs.com a tenté, en vain jusqu’ici, de joindre le porte-parole du ministère de la Justice.
Enfin, selon plusieurs sources, Nicolas Sarkozy serait furieux de la “chute” (la fin ndlr) de l’article.”

Mais mince alors… Voilà donc que l’on apprend que la ministre de la justice saurait des choses répréhensibles, qui pourrait coûter cher au… Président de la République?

Bon avouons-le, tout le monde s’en doutait un peu, mais… Une ministre de la justice qui ne cache pas qu’elle peut exercer des pressions car elle connait des délits qu’elle ne révèlera que si elle est “coulée” politiquement? Un article d’un grand journal qui normalise presque cela?

Mince, quelqu’un pour dire que c’est inadmissible? Pauvre justice…

Publié dans: on 11 décembre 2008 at 22:03 Commentaires (5)
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Le retour de la propagande sur le service public français…?

Il y a tout d’abord eu la proposition d’Alain Minc, l’économiste burlesque et gaffeur (incompétent?), qui s’est dernièrement essayé à l’histoire (une indigeste Histoire de France qui n’apporte rien à rien), qui proposa un jour de financer la télévision publique, non plus par les publicités, mais par un apport de l’Etat. De là découle le fait que ce serait le conseil des ministres, donc le président de la République, qui désignerait le président de France Télévision.

Alors, quand certaines voix se sont élevées pour dénoncer un retour en arrière et la création d’une télévision pro-gouvernementale (c’est marrant d’ailleurs, il n’y a pas si longtemps on critiquait Poutine qui contrôlait les télévisions russes, et, dernièrement, il n’a pas manqué de faire savoir que pour lui, il n’y avait aucune différence avec ce qui se mettait en place en France) on nous a rétorqué que jamais de la vie, que France télévision resterait comme maintenant, avec des améliorations (notamment sur la Culture…)

Voilà aujourd’hui que dans un article du monde on peut lire qu’un “projet d’émission de communication gouvernementale” est en passe d’être mis en place.

“L’émission n’en est qu’à l’état de projet : “Je réfléchis à une émission de communication gouvernementale à la télévision, construite sur les questions des Français”, a déclaré Thierry Saussez. A côté de “la bouilloire médiatique” qui n’a “pas le temps d’ancrer un message (…) moi je suis là pour ancrer les messages, les réformes, les mesures dans la durée, c’est la différence entre le temps court de l’information, et le temps long de la communication”, a-t-il ajouté. Elle serait diffusée “dans l’idéal évidemment sur le service public”, a-t-il ajouté. “Si je le fais sur TF1, on va me dire ‘ben voilà, bien entendu, il est allé chez monsieur Bouygues.’”

Evoquant également l’idée d’un format court, il précise qu’il veut chercher “des solutions plus rapides et plus interactives pour répondre aux questions des Français”, des moyens “adaptés à la situation de crise” qui permettent de communiquer rapidement et pas “cinq mois après”, se défendant avec virulence de toute propagande : “La propagande c’est de la promesse générique, c’est dire ‘le président est le plus grand, le premier ministre est le meilleur’ (…) On ne touchera pas à ça” affirme Thierry Saussez.” (Le monde d’aujourd’hui)

Grosso modo, une heure d’émission pour dire que la réforme mise en place est très bonne, que tout va bien etc… Mais là ou franchement, on rigole doucement ou tremble, selon le cas c’est quand M. Saussez définit la propagande…: La propagande c’est de la promesse générique, c’est dire ‘le président est le plus grand, le premier ministre est le meilleur’ (…) On ne touchera pas à ça”

Là franchement, faudrait pas nous prendre pour des billes… La propagande, selon les définitions c’est: (faisons simple: Wiki): La propagande désigne l’ensemble des actions menées dans le cadre d’une stratégie de communication par un pouvoir politique ou militaire pour influencer la population dans sa perception des événements, des personnes ou des enjeux de façon à l’endoctriner ou l’embrigader. Ce phénomène, qui est souvent désigné par l’expression de « propagande politique » (« political propaganda » en anglais), peut se retrouver mis en œuvre par divers moyens tout au long de l’histoire dans les régimes politiques institutionnalisés. Mais la propagande ne commence à se penser comme ensemble de pratiques et techniques coordonnées qu’au XXe siècle. L’apparition des médias de masse, les guerres mondiales et la promotion de l’individu dans les systèmes politiques, ont été à ce titre déterminants. La description et l’étude des différents types de propagandes ont connu un grand développement à la même époque.

Pour Encarta: diffusion d’idées auprès d’un large public, destinée à lui faire adopter certaines opinions politiques et à influencer ses choix électoraux et son comportement social.

Clairement, donc, il s’agit d’une forme de propagande. Je me demande qui va réagir en premier… Mais franchement, sur une chaîne qui va à présent voir son pdg désigné par le président de la république, président qui va mettre en place une émission consacrée aux réformes de son gouvernement en faisant semblant de “laisser la place au français”, on est songeur… Tout cela va-t-il franchement passer comme une lettre à la poste?  Ne peut-on pas avoir des débats gouvernement/ opposition? Ou bien va-t-on allumer bientôt sa télé avec Hortefeux qui nous vante sa politique pendant une heure?

Mince, mais qu’est ce que ce pays devient?


Le vrai salaire d’un prof…

En 2007, L’un des gardiens de la pensée unique française, à savoir JF Copé alors ministre du budget, lançait gaillardement  qu’un Professeur Certifié en fin de carrière, « ça gagne à peu près 4100 euros par mois ».Plus récemment, on pouvait entendre d’autres personnalités de l’ump dire d’autres âneries du genre.

Bien entendu, les journalistes n’ont pas moufté. Les syndicats ont ensuite bien réagi, mais… le mal était en quelque sorte fait, hein… Pourtant, à un tel niveau de responsabilité, une telle erreur est grave.Mais certains restent fidèles au fameux: “plus c’est gros, mieux cela passe”

Voici la grille de salaire:

Certifiés :

Echelon 1 (indice 349) = salaire net 1361,82
2 (376) = 1476,18
3 (395) = 1541,31
4 (416) = 1623,26
5 (439) = 1713,01
6 (467) = 1822,27
7 (495) = 1931,53
8 (531) = 2072,00
9 (567) = 2212,48
10 (612) = 2388,07
11 (658 )  = 2567,56

Biadmissibles

Echelon 1 (indice 366) = salaire net 1428,16
2 (400) = 1560,83
3 (421) = 1642,77
4 (442) = 1724,72
5 (469) = 1830,07
6 (500) = 1951,04
7 (527) = 2056,39
8 (567) = 2212,48
9 (612) = 2388,07
10 (658 ) = 2567,56
11 (688 ) = 2684,62

Agrégés

Echelon 1 (indice 379) = salaire net 1478,88
2 (436) = 1701,31
3 (478 ) = 1865,19
4 (518 ) = 2021,27
5 (554) = 2161,4
6 (593) = 2313,92
7 (635) = 2477,82
8 (684) = 2669,01
9 (734) = 2864,12
10 (783) = 3055,32
11 (821) = 3203,60

Et il ne faut pas oublier qu’un prof, aujourd’hui, est bien souvent à Bac+ 5…

Publié dans: on 19 août 2008 at 18:40 Commentaires (12)
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