Jean Keppi (1888 Mulhouse – Dachstein1967)

Jean Keppi (1888 Mulhouse – Dachstein1967)

Est l’un des organisateurs du parti catholique. Né en 1888 à Mulhouse d’un père boulanger et restaurateur, il fait ses études primaires à Mulhouse, avant d’entrer à l’Ecole Normale d’instituteurs de Colmar carrière dont il se détourne pour aller continuer ses études au lycée moderne de Mulhouse. De 1908 à 1913 il va à Zurich et Strasbourg pour étudier le droit politique et le droit public. Il prend contact avec Carl Sonnenschein par le biais de l’Erwinia (corporation d’étudiants catholiques fondée à Strasbourg) ; il entretiendra une correspondance active avec celui-ci. Keppi va très vite s’enthousiasmer pour l’action sociale, et il organise en 1910 des cours de vacances pour ouvriers et employés, cours qui vont connaître un grand succès.

Par le biais de l‘Erwinia, il rencontre Charles Moschenross, Brauner, Kraehling, qui se retrouveront par la suite dans l’aile gauche de l’UPR.

C’est à cette période également que Keppi prend contact avec Martin Spahn, puisqu’il fait campagne pour celui-ci à Mulhouse. C’est, par ailleurs, par le biais de Spahn que Gromer et Keppi se rencontrent. En 1913, Keppi se fait remarquer par une brochure, Die Zeitungen Elsass-Lothringens. Eine statistische Studie, où il met en évidence l’infériorité numérique de la presse catholique face à la presse neutre ou adverse et insiste sur la nécessité de la développer dans le but de donner une assise solide au Centre. Par la suite, il sera chargé du secrétariat permanent du Centre. A partir d’avril 1913, il sera chargé de l’organisation du parti, aidé en cela par Michel Walter. Il se révèle être un chaud partisan du ralliement au Zentrum et d’une collaboration étroite avec le catholicisme social rhénan. C’est en cela qu’il est un véritable représentant de cette génération qui n’a pas connu la protestation et se sent alsacienne et allemande. Il est par après incorporé comme soldat en août 1914.

Après le retour à la France, il participe activement à la reconstitution du parti. Il devient secrétaire général de la nouvelle formation et va créer la Correspondance populaire. Au sein du parti, il se situe d’emblée à l’aile gauche, « populaire » et nettement régionaliste. Pourtant, le succès de l’aile droite à l’Assemblée générale du 4 août 1919 lui fait perdre sa place au comité directeur, et il doit démissionner du secrétariat général.

C’est en 1922 qu’il quitte Strasbourg pour Haguenau. Il va y occuper le poste de secrétaire général de la mairie jusqu’en 1936. Il retrouve l’abbé Gromer et son condisciple de l’Erwinia, Charles Moschenross. Le trio va dominer la vie politique de Haguenau jusqu’en 1935 et y constituer un des foyers les plus actifs de l’aile gauche de l’UPR. C’est de ce groupe que part l’idée du Heimatbund, et le manifeste sera imprimé à Haguenau. Secrétaire général de l’Heimatbund, Keppi est contraint de démissionner de l’UPR en février 1927. C’est le symbole de l’échec d’une politique qui visait à imposer une Volksfrontpolitik. Michel Walter est pour une bonne part dans cet échec. Il pourra cependant réintégrer le parti à la suite de la publication d’une lettre de Ricklin à Riehl, où Ricklin affirme que la mention « dans le cadre de la France » était pure précaution. Mais en 1928, le trio contraint Michel Walter à retourner sa veste, en lançant contre lui le candidat René Hauss, qui avait de forte chances de battre Walter. Keppi et Gromer peuvent à partir de cet instant mener la politique du Volksfront, avec l’appui de Walter.

Keppi est aussi un gestionnaire recherché, puisque nous avons vu qu’il s’occupait de la gestion de Haguenau et en 1930, l’UPR fait appel à lui pour remettre de l’ordre dans les finances du parti.

En 1936, pourtant, il doit quitter sa fonction à la mairie de Haguenau après l’échec de l’UPR aux municipales. Il devient alors 3eme vice-président du parti.

Pendant la guerre, il souscrivit au Manifeste des Trois-Épis et il exercera les fonctions de commissaire aux réfugiés. Dès 1942, il est en contact avec la résistance allemande à Hitler, et il prendra contact avec les conjurés de Gördeler. Ils élaborèrent avec son aide un plan d’action pour assurer la transition en Alsace, dans l’hypothèse d’un succès du complot contre Hitler. Après l’échec de l’attentat du 20 juillet 1944, un mandat d’arrêt fut lancé contre Keppi. Après la Libération, il comparaît comme prévenu libre au procès de Strasbourg en août 1947. Il est condamné à 15 ans d’indignité nationale, mais il est réhabilité pour résistance à l’occupant. A partir de 1946, il collabora régulièrement à l’Ami du Peuple.

Pour M. Baechler, « l’activité de Jean Keppi a été profondément marquée par l’influence du catholicisme politique et social de München-Gladbach. Il en garde le souci d’un parti populaire, d’une Volkspartei qui agit par et pour le peuple alsacien. Il est profondément démocrate et hostile à l’influence des notables, dont il estime qu’ils ont perdu leurs racines populaires»[1].


[1] BAECHLER, op. cit., p. 598 et suivantes.

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  1. Très instructif, il faudra veiller à continuer!


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